FIA World Endurance Championship

Philippe Sinault (Signatech-Alpine) : “J’ai vite senti que l’Endurance était en pleine mutation”

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« La victoire n’est jamais le résultat d’une démarche individuelle et anonyme, elle est toujours le fruit du travail acharné d’une équipe et d’une communication efficace ». La phrase prononcée par Philippe Sinault colle comme un gant à son équipe Signature, rebaptisée Signatech pour le programme Endurance. En 2014, pas moins de 16 pilotes participant aux 24 Heures du Mans sont passés par les rangs de l’écurie berrichonne. Après deux titres européens, Signatech-Alpine passe à l’échelon supérieur cette année en alignant l’Alpine A450b en FIA WEC avec un équipage à surveiller de près. Nelson Panciatici et Paul-Loup Chatin poursuivent l’aventure avec les « Bleus ». Fort d’un titre en VdeV Endurance Series et vainqueur de l’ultime manche de la saison 2014, Vincent Capillaire rejoint le duo pour un tour du monde. Le Prologue FIA WEC permet à Signatech-Alpine de se jauger face à une forte concurrence en LM P2. Philippe Sinault fait le point sur la campagne mondiale à venir…

Philime_Sinault La décision de passer en FIA WEC s’est prise dès la fin de saison 2014 ?

 « Sur ce que nous voulions faire, la réponse est oui. Cependant, tout ne se fait pas à coup de baguette magique. Il y avait l’arbitrage financier à prendre en compte. On ne pouvait prendre cette décision sans être certain de pouvoir bien figurer. Nous avons donc fait le tour de nos partenaires pour monter le projet. La décision s’est prise début janvier. Les partenaires étaient intéressés par le sujet Alpine. Le retour de la marque est un vrai projet. »

 On attendait la seconde Alpine en ELMS…

 « Plusieurs questions se sont posées : deux autos en FIA WEC, une en FIA WEC et une ELMS ou une seule. Avoir un châssis dans chaque championnat est compliqué à gérer en termes de logistique. De plus, il fallait engager l’auto dans un championnat complet pour pouvoir prétendre à avoir les deux Alpine au Mans. On respecte les règles du jeu. Rouler en FIA WEC demande déjà beaucoup de moyens. La vraie question qu’il a fallu se poser est de savoir si c’était le moment d’y aller alors que le modèle routier n’est pas encore sorti. Cependant, la marque est bien partie pour se relancer. Pour nous, il fallait s’assurer que le projet était bien rentable car ce n’est pas un simple one-shot marketing. »

img_8558Le choix de faire rouler le même châssis s’est vite imposé ?

 « On a un produit fiable et mature. On sait ce que vaut l’auto. Le châssis s’est imposé l’an dernier en FIA WEC et ELMS. C’est donc pour Signatech-Alpine le choix de la raison. C’était pour nous un risque de changer cette année. »

 La question d’une nouvelle LM P2 va tout de même se poser…

 « La tendance actuelle veut que ce soit notre dernière année avec l’Alpine A450b. Il va falloir prendre une décision pour le futur. Avec les nouvelles règles 2017, un spectre plus grand s’ouvre. On entend différentes choses avec un nombre de constructeurs bien déterminé. Alpine est un constructeur à part entière. C’est donc pour nous un nouveau sujet de réflexion. Ce changement pourrait nous ouvrir une nouvelle perspective. Pour ce qui est du moteur unique, je trouve cela un peu dommage. Une des qualités du Mans est justement la diversité. »

 Que dire de l’équipage 2015 de Signatech-Alpine ?

 « La règle du LM P2 fait que l’on doit se creuser la tête pour monter un équipage car il fait respecter la catégorisation des pilotes. Paul-Loup est passé Gold. Nous nous sommes retrouvés avec un Platinum et deux Gold, ce qui n’est pas autorisé. Oliver (Webb) est donc parti, ce que je regrette car il a beaucoup apporté à l’équipe. Le choix s’est vite porté sur Pierre (Ragues) mais lors de nos discussions, le team n’était pas assuré de rouler en FIA WEC. Vincent était lui aussi sur ma liste car il connaît le package. Nous avons un trio homogène et complémentaire. C’est la vraie force de l’équipe. Certes, nous ne sommes pas les favoris mais on ne va pas se priver d’aller chercher les victoires. La catégorie LM P2 franchit une nouvelle étape cette année. Il suffit de voir les noms des pilotes présents. »

img_7827 Signatech-Alpine est satisfait de son implication en Endurance ?

 « Il y a la Formule 1, l’Endurance et le rallye. Lorsque la F1 est inaccessible, que reste-t-il ? L’Endurance et Le Mans ont vite été la voie à suivre en complément de notre implication en monoplace. Nous avons franchi le pas en 2009. On sentait l’arrivée des nouvelles technologies. C’est une plate-forme extraordinaire pour s’exprimer. »

 Signature est tout de même à l’origine du retour de Nissan…

 « Fin 2010, il fallait trouver une solution pour renouer avec les positions de tête. Nous étions en LM P1 et il fallait attendre les problèmes des autres pour bien figurer. J’ai vite repéré que Nissan avait un bon moteur pour le LM P2. Je suis allé les démarcher en proposant de mettre un pilote issu de la GT Academy derrière le volant. On a pu voir que le concept n’était pas mauvais (rire) »

img_0039 L’Endurance a changé ses dernières années ?

 « Je suis venu en Endurance avec mes pilotes de Formule 3. Là où Henri Pescarolo et Audi ont choisi de faire confiance à des pilotes typés endurance, j’ai choisi une autre voie. J’ai vite senti que l’Endurance était en pleine mutation et que qu’elle devenait un sprint. »

 Un pilote Signature sort du lot ?

 « Loïc Duval ! Il devrait être actuellement en Formule 1 avec les meilleurs pilotes. Il a le potentiel, c’est indéniable. Nicolas Lapierre ou Laurens Vanthoor ont eux aussi de belles aptitudes. Je suis ravi de voir que Laurens va rouler en LM P2 cette année au Mans. J’ai toujours su qu’il était taillé pour l’Endurance. »

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