Nous l’avions déjà annoncé précédemment dans nos colonnes, Luc Alphand Aventures a créé cet hiver un nouveau volet d’activités, Luc Alphand Historique, département s’occupant de l’entretien et de la restauration de véhicules d’époque. Nous avons été reçu vendredi au Technoparc afin d’avoir un aperçu de cette nouvelle activité. Romain Grabowski, le Responsable Commercial et Marketing, nous a gentiment fait faire le tour du propriétaire et a bien voulu répondre à quelques-unes de nos questions.
Tout d’abord Romain, puisque nous sommes en partie chez Luc Alphand, comment se porte-t-il?
“Mieux. Il se remet de son accident. Il ne faut pas oublier que son accident remonte à moins d’un an. ll a suivi le Dakar en Amérique du Sud et a été consultant aux Jeux Olympiques d’Hiver. Paradoxalement, c’est l’époque où il peut se reposer le plus, une fois son travail avec les medias fait. Il a moins de sollicitations qu’en France.”
Est-ce qu’il va pouvoir recourir cette année?
“Ce n’est pas encore tout à fait certain. Il lui sera sans doute très difficile de refaire du rallye-raid ou de pratiquer des sports extrêmes en raison de son dos, mais pour l’endurance, ce devrait être possible. Il va passer un check-up le 10 mai, et à ce moment-là, les médecins lui donneront le feu vert ou non. Il devrait donc si tout va bien être au départ des prochaines 24 Heures du Mans, il est d’ailleurs inscrit sur une des voitures..”
Côté pilotes pour Le Mans, justement, où en est-on?
“Si Luc est en état de piloter, il fera équipe avec Julien Jousse et Stephan Grégoire. Pour la seconde voiture, nous sommes en train de finaliser plusieurs dossiers. Le choix sera annoncé prochainement.”
Quel est le programme avant Le Mans?
“Comme prévu, nous ferons les 1000 km de Spa, avec en plus quelques séances d’essais avant les 24 Heures du Mans.”
Passons à Luc Alphand Historique. Comment l’idée de cette nouvelle activité a-t-elle germé?
“En fait, cela correspond à une demande. Le marché des voitures “historiques” est actuellement en expansion, et il a paru à Philippe Poincloux et à la structure de LAA de répondre à cette demande.”
Vous avez été présents peu parès la création de Luc Alphand Historique au Salon Rétromobile. Comment cela s’est-il passé?
“Très bien, c’tait une occasion de se faire connaître. Nous avions emmené quelques voitures, dont la Sauber-Ford vue au Mans en 1982, et qui est maintenant équipée d’un moteur BMW, celui de la M1. Nous avons eu un excellent accueil presse. Au niveau des retombées commerciales, cela a été moins sensible, mais c’était un excellent moyen de promotion.”
2010, c’est l’année de Le Mans Classic. J’imagine que vous allez être sollicités?
“Oui, bien sûr. Nous profiterons également de cette belle vitrine qu’est Le Mans Classic pour nous faire connaître encore plus.”
Est-ce que Luc Alphand Historique vous a amenés à faire des modifications dans votre atelier?
“Cela a été effectivement le cas. Ce fut un excellent moyen de reconsidérer la conception de nos locaux, en rationnalisant au maximum les espaces, avec le souci à l’arrivée de travailler dans des conditions optimales de netteté. Nous avons par exemple utilisé la hauteur de l’atelier pour aménager un espace rangement sous plafond.”
Cela va peut-être vous amener à étoffer votre personnel?
“A terme, c’est possible. Dans l’immédiat, nous sommes sept à travailler à temps plein, quatre mécaniciens et trois administratifs, auxquels il faut bien sûr ajouter quelques free-lance, l’effectif étant évidemment plus important en période de compétition, comme aux 24 Heures.”
Luc Alphand Historique se charge donc de l’entretien et de la réparation. Il y a même peut-être certaines pièces que vous êtes amenés à fabriquer, puisqu’on ne les trouve plus dans le commerce?
“Il y a en effet des pièces qui n’exisent plus sur certaines voitures. Dans ce cas, nous faisons nous-mêmes l’usinage. En historique, on rencontre tous les cas de figure, du simple entretien à une restauration complète comme vous pourrez le voir tout à l’heure avec une Alpine-Renault A110.”
Combien de voitures pouvez-vous accueillir?
“Nous sommes équipés pour pouvoir traiter six voitures en même temps.. Nous avons en plus de l’atelier, une salle de métrologie, une salle de peinture, une salle d’usinage et nous traitons tout ce qui est carrosserie en partenariat avec l’entreprise Automotive, elle aussi dans le Technoparc, qui a une grande expérience de la carrosserie.”
Romain nous a ensuite conduit dans l’atelier. A l’entrée de celui-ci, juste après la salle des (nombreux) trophées, un…scooter Peugeot de 1957, que Romain a lui-même remis en état! Dans l’atelier, une Corvette Stingray de 1972, rutilante dans une robe blanche et rouge, est en cours de préparation. Elle participera au Tour Auto 2010 dont le départ est fixé au 19 avril. Cette Corvette renferme un bloc Chevy 7,4 litres qui développe à peu près 500 chevaux. Pour avoir entendu la mise en marche du moteur dans l’atelier, ces chevaux ont l’air bien présents et en tous cas en excellente santé!
Dans le box voisin, une autre Corvette, plus récente celle-ci, une Z06, paraît beaucoup plus sage que la Stingray. De l’autre côté de l’atelier une autre Stingray, verte celle-ci, et une Jidé cohabitent avec la superbe Sauber SHS C6 à la livrée BASF pilotée au Mans en 1982 par Hans-Joachim Stück, Dieter Quester et Jean-Louis Schlesser.
Présents également dans l’atelier, entre autres un moteur Ford Cosworth DFV 3 litres, ainsi que le moteur et le train arrière complètement refaits de la fameuse Alpine A110 que Romain nous a ensuite amené voir chez Automotive. Cette Alpine-Renault de 1970 a déjà nécessité 300 heures de travail depuis le mois de janvier. Plus qu’une restauration, c’est en fait pratiquement une reconstruction dans cette voiture qui dormait dans une grange et qui est arrivée au Technoparc dans un état épouvantable : il a fallu faire des ailes, refaire le fond plat, tout consolide, poncer, reponcer et poncer encore…Un travail de titan! En comparant les photos avant et après, vous pourrez vous en rendre compte…Heureusement, le résultat est proche : même si cela n’est pas évident au vu des dernières photos, l’Alpine pourra rouler d’ici une quinzaine de jours. Elle aura une robe tricolore, les couleurs de l’usine à l’époque.
Remerciements chaleureux à Romain Grabowski pour son accueil et pour les photos de l’Alpine avant restauration.
Claude Foubert
L’Alpine avant sa restauration…
L’Alpine après sa restauration…