Une bien triste nouvelle est tombée aujourd’hui : Gérard Ducarouge nous a quitté, après une longue maladie… C’est un des plus grands noms du sport automobile français qui disparaît.
Sans Gérard Ducarouge –et aussi Jean-Luc Lagardère évidemment-, il n’y aurait pas eu l’épopée Matra, avec les trois victoires successives aux 24 Heures du Mans –en 1972 pour Henri Pescarolo et Graham Hill (Matra Simca MS670), 1973 pour Henri Pescarolo et Gérad Larrousse (Matra Simca MS670B) et 1974 pour Henri Pescarolo et Gérard Larrousse à nouveau (Matra Simca MS670B). A ces trois succès, il convient d’ajouter deux titres de Champion du Monde des Constructeurs en 1973 et 1974, tous ces succès obtenus face à la dure concurrence de Ferrari, les duels Matra-Ferrari figurant parmi les plus belles pages de l’histoire des 24 Heures du Mans.
Avant cette épopée glorieuse au Mans, Gérard Ducarouge, issu du monde de l’aviation, avait rejoint Matra en 1966 pour les premières armes du constructeur français en Prototype. Il avait ensuite œuvré sur le programme F1 du Team Tyrrell, avec les MS10, les MS80 –Championne du Monde en 1969 avec Jackie Stewart- et enfin la MS120, avant que Matra s’attaque au Challenge des 24 Heures avec le succès que l’on sait.
Après le retrait de Matra, Ducarouge s’était tourné vers la Formule 1, tout d’abord chez Ligier, avec la première victoire de la Ligier JS5 de Jacques Laffitte au Grand Prix de Suède, avec un moteur V12 3 litres…Matra. Les Ligier JS11 et les Ligier JS17 remporteront par la suite plusieurs victoires, mais le titre échappera toujours au constructeur nivernais, avec pour meilleur résultat la deuxième place au classement constructeurs en 1980 et la quatrième place de Jacques Laffite au championnat pilotes en 1979. Gérard Ducarouge passera ensuite, après avoir quitté Ligier, chez Alfa Romeo puis chez Lotus où le premier succès en F1 de Ayrton Senna doit beaucoup à l’ingénieur français pour son travail sur la Lotus 97T.
Gérard Ducarouge revint ensuite dans l’Hexagone, travaillant dans l’écurie Larrousse en F1, puis revint chez Ligier avant de finir sa carrière sportive en revenant à ses premières amours chez Matra.
Endurance-Info adresse ses condoléances à sa famille et à ses proches.
Outre les souvenirs, il restera encore le plaisir de revoir de temps à autre et notamment lors de Le Mans Classic les fabuleuses Matra 660 et 670, avec le son non moins fabuleux du V12 Matra !
A lire ou relire le très bel article de Classic Courses consacré à Gérard Ducarouge ici



