Le Team Extrême Limite a conclu la saison 2014 de la VdeV Endurance Series de belle manière, la Tatuus PY012 de Leo Roussel, Jean-Claude Poirier et Benjamin Bailly ayant terminé à la deuxième place à Estoril derrière l’intouchable Norma M20 FC TFT de Vincent Capillaire et Alain Ferté.
Marc Graillot, le Directeur Sportif de l’équipe nantaise, est revenu sur la saison 2014 et a évoqué le future d’Extrême Limite pour Endurance-Info.
Marc, est-tu satisfait de cette saison 2014 ?
« Je suis à la fois satisfait et frustré. Satisfait, par ce quand on a démontré que lorsque c’était un pilote rapide qui était au volant de la Tatuus, on pouvait rivaliser sans problème avec tous les concurrents, frustré parce qu’en raison de la règlementation (temps de qualification établi sur la moyenne des chronos de deux pilotes, NDLR), nous étions condamnés à partir en milieu de grille seulement, Jean-Claude Poirier, le coéquipier de Leo Roussel, étant un pur gentleman driver qui ne peut rivaliser avec des jeunes pilotes ou des pilotes professionnels. C’est comme ça et on n’y peut rien, mais c’est quand même frustrant…. »
C’était quand même un peu mieux qu’auparavant, quand le temps du pilote « A » n’était pas pris en compte ?
« Oui, mais ce n’est quand même pas ça. Cette année, quand on a pu mettre deux pilotes rapides dans la voiture, Brendan Maisano à Motorland Aragon et Benjamin Bailly à Estoril, ce qui nous donnait deux jeunes pilotes rapides et un vrai gentleman driver, on a montré qu’on pouvait jouer pour la gagne. La règlementation actuelle n’est pas tout à fait satisfaisante, car si on a un gentleman driver à bord, ce qui est un peu l’esprit du Challenge, on est un peu perdant. »
Tu es donc content de la Tatuus PY012 ?
« Tout à fait. Les gens de Tatuus sont compétents, disponibles. On a eu deux ingénieurs du constructeurs qui nous ont suivis et aidés pendant la saison. L’auto répond bien aux réglages, elle est très performante et facile à conduire d’après les pilotes.
A Estoril, Benjamin Bailly, qui n’avait jamais couru en proto avant et donc jamais en endurance, n’a fait que cinq tours en qualifications. Et malgré ça, il n’a eu aucun problème d’adaptation, il s’est mis dans le rythme tout de suite et a fait tous ses relais en course sans problème, dans un très bon rythme –la voiture a fini deuxième-, malgré des conditions de piste pas toujours faciles et il a trouvé la Tatuus très agréable et facile à piloter. Pour nous, la Tatuus a été très satisfaisante. Ce qu’on a fait à Estoril, ça équivaut à une victoire.»
Vous n’avez pas eu beaucoup de casses mécaniques cette année ?
« Non, côté fiabilité, ça a été très bien aussi. On a juste eu un problème d’échappement à la suite d’un ressort qui avait cassé et ça a engendré des vibrations, sinon rien du tout au cours de l’année, et pourtant les courses sont longues. »
Extreme Limite va rester avec Tatuus l’année prochaine ?
« A priori oui, il n’y a pas de raison de changer d’autant que ça nous va bien. »
Une ou deux voitures ?
« Deux, on aimerait bien, mais évidemment ça va dépendre des pilotes et du budget, parce que ça a un coût. Donc, on va attendre un peu. La situation économique est difficile pour tout le monde. »
Et le LMP3, ça pourrait intéresser Extrême Limite ?
«Bien évidemment, on est intéressé par le LMP3. C’est quelque chose qu’on regarde attentivement. C’est vraiment une option. Tatuus est intéressé également par le LMP3. Donc, si on peut venir au LMP3, ça sera sûrement avec Tatuus s’ils en construisent une. Fabriquer des voitures, ils savent faire, ils ont la compétence nécessaire. S’ils font une LMP3, ce sera quelque chose de sérieux. Le LMP3 et l’ELMS, ça nous intéresse forcément. Comme tout le monde, on attend davantage de précisions sur la règlementation du LMP3. Evidemment, c’est aussi une question de finances. J’ai des rendez-vous la semaine prochaine, on ne peut pas s’engager à la légère. Nous sommes intéressés également par le LMP2, si l’occasion se présentait. L’avantage du LMP2, c’est qu’on peut aller au Mans où on a déjà couru et où on aimerait bien retourner, et ça peut intéresser des investisseurs. »
J’imagine que, si vous le pouvez, vous allez conserver Leo Roussel ?
« C’est sûr que si on peut, on le garde, avec tout ce qu’il a démontré cette année. Par contre, si il a une belle opportunité, on ne mettra pas un frein à sa carrière. Cette année, on a pu l’aider pour avoir un volant pour les 24 Heures du Mans, sur la Morgan-Nissan du Pegasus Racing. Il s’en est d’ailleurs fort bien sorti. Je connaissais bien la famille Schell et ils nous ont fait confiance. En plus, l’accident spectaculaire qu’il a eu l’a mis sur le devant de la scène médiatique, mais Leo a bien géré tout ça et fait une belle prestation. On a eu très peur sur le coup, mais il a fait preuve de beaucoup de maturité bien qu’il n’ait que dix-huit ans. »



