Nicolas Minassian joue gros ce week-end à Bahrain. Avec un petit avantage de 8 points sur le G-Drive Racing à deux manches de la fin du Championnat du Monde d’Endurance de la FIA, le Marseillais accompagné de Sergey Zlobin et Maurizio Mediani va tout faire pour se faire une place au soleil. L’objectif du trio de la ORECA 03R du SMP Racing #27 compte bien garder les commandes en repartant de Sakhir. Poleman ici-même l’année passée chez Pecom Racing, Minass’ voudrait bien décrocher la couronne mondiale avant de prendre part au développement de la BR01, la nouvelle LM P2 russe conçue par Paolo Catone, avec qui il a déjà travaillé chez Peugeot du temps de la 908 HDi FAP. Entretien avec pilote qui a toujours autant la gnak au volant d’une voiture de course…
« J’apprécie l’endroit et j’ai toujours aimé les circuits exotiques. L’ambiance ici est parfaite avec un accueil aux petits soins. En réalité, j’aime tous les circuits. Je prends beaucoup de plaisir à rouler dans ce championnat. L’intersaison estivale est un peu longue et je suis ravi de voir que cela va changer en 2015 avec la manche du Nürburgring en guise de manche de rentrée. »
Les 6 Heures de Bahrain vont être essentielles dans la course au titre ?
« L’équipe va travailler comme elle sait le fait depuis le début de saison. Chez SMP Racing, l’état d’esprit est bon. La pression est plus du côté du G-Drive Racing. En termes de performance, il nous en manque par rapport à la Ligier qui est une LM P2 de nouvelle génération. A la régulière, c’est compliqué de lutter. Nous jouons la carte endurance. C’est ce que l’on met en place depuis le début de saison. Il y a peu d’autos dans la catégorie, ce qui rend les choses compliquées pour qu’un concurrent se détache. Il n’y a personne au milieu pour prendre des points. Shanghai était un bon meeting pour la catégorie avec le renfort d’ESM. L’équipe américaine nous a donné du fil à retordre. On peut se poser la question de savoir si les équipes qui viennent en cours de saison doivent marquer des points ou pas. Cela peut avoir un effet pervers au niveau du championnat. Je trouve plus logique que ceux qui s’engagent à l’année prennent des points. »
Faire partie du programme de développement de la BR01 est un challenge intéressant ?
« Je me languis de débuter le projet BR01. SMP Racing fait les choses comme il le faut. Le team s’est rôdé en GT3 avant de gravir les échelons. La présence de Paolo Catone pour le projet LM P2 est un gage de qualité. Je suis à bloc dans le programme. Je retrouve ce que j’ai connu dans le passé avec Creation Autosportif puis avec Peugeot. Cependant, je m’attends à beaucoup de travail. Paolo fait un produit destiné aux clients. La BR01 sera une auto très robuste. Le groupe de travail est très compétent. Je m’attends à ce que la BR01 soit plutôt bien d’entrée de jeu. »
On sent une belle osmose chez SMP Racing…
« Il y a déjà un groupe GT qui fonctionne parfaitement. C’est devenu une routine. Les titres sont là pour le prouver. Les pilotes russes travaillent avec des coachs. Aussi bien Andrea Bertolini que Olivier Beretta les font progresser à pas de géants. Il faut donner du crédit aux pilotes russes qui ont découvert beaucoup de choses en très peu de temps. Ce qu’ils font est vraiment bien et la marge de progression est encore importante. Pour le programme LM P2, il y a une association avec l’équipe qui était déjà présente avec Pecom Racing. Tout se passe pour le mieux. Personne ne veut surpasser l’autre ou le critiquer. Tout est partagé afin que tout le monde progresse. »
Voir quelques autos en plus en LM P2 serait tout de même mieux…
« Certes, il n’y a que quatre autos alignées sur l’ensemble de la saison. Mais on a quatre superbes autos magnifiquement pilotées. Arriver à un nombre de concurrents comme en 2012 serait mieux, mais je suis confiant pour 2015. Si je devais émettre un souhait, ce serait d’avoir un peu plus de chevaux par rapport aux GTE. Il faut parfois se jeter pour trouver l’ouverture. »
Justement, à quand un retour en GT ?
« Je n’ai disputé que deux courses au volant d’une GT avec les 24 Heures de Spa sur une Ferrari 550 Maranello et les 12 Heures d’Abu Dhabi sur une Ferrari 458 Italia GT3. Je me fais plaisir dans n’importe quelle auto compétitive. Amato (Ferrari) sait où me joindre s’il reste une place cet hiver (rire). »
Y-a-t-il une nouvelle discipline qui te tenterait ?
« La NASCAR sur un ovale ! Il y a quelques années, j’étais en discussions avancées pour rouler en Truck Series. Si une opportunité se présente, pourquoi pas. J’aime les courses où il y a du show, comme Daytona, Sebring ou les courses australiennes. »
