Asian Le Mans Series

C.Galopin (Sora/Pesca) : "Quand on n’avance pas, on recule…"

thumbnail
0 Flares Twitter 0 Facebook 0 0 Flares ×

Ce week-end est un peu spécial pour Pescarolo Sport, ou plutôt pour Sora Racing puisque c’est la bannière dont il s’agit en Asian Le Mans Series. Henri Pescarolo n’est pas du voyage, tout comme le pilote fétiche des Verts, Jean-Christophe Boullion. En l’absence de Henri, c’est vers Claude Galopin que nous nous sommes tournés. Directeur technique, il cumule avec la casquette de Team Manager à Okayama. L’occasion d’évoquer les premiers tests sur le tracé nippon et l’avenir de Pescarolo/Sora. Avenir mystérieux pour le moment…

 

Claude, comment ce sont passés les premiers essais ?

« Que ce soit la première séance ou la seconde, plutôt pas mal. En fait, dès les premiers tours, nous avons pu compter sur une voiture très efficace. La difficulté ici, c’est la dégradation des  pneus qui est relativement importante compte tenu des caractéristiques de la piste. Il y a aussi de nombreux virages serrés, ce qui n’est pas sans conséquence au niveau de la traction. »

 

La piste semble particulière puisqu’elle manque de grip tout en étant très agressive sur les pneus…

« C’est vrai que la piste a la réputation d’être très dure. En usure, ça devrait passer, le problème c’est la dégradation. En performance pure, il y a une chute particulièrement importante. Par ailleurs, il y a la température au sol qui entre en compte : 17° pour la première séance, contre 30° pour la seconde. Cela influe sensiblement sur la performance… »

 

J’imagine que l’objectif est toujours le même, gagner ?

« Oui bien sûr, même si ça ne sera pas forcément facile. Le paramètre « pneu » sera vraiment important. Ça risque d’être compliqué puisque la première course sera à 12h, la seconde à 9h. Il y aura donc une différence et une part d’inconnue. »

 

Est-ce qu’il y a une envie de revanche après les problèmes mécaniques du Nürburgring et de Silverstone ?

« Non, pas vraiment. Ce sont deux problèmes que l’on n’expliquent pas. On sait les localiser, mais on ne connaît pas le pourquoi, d’autant que leur kilométrage était limité. Ce que l’on sait, c’est qu’on pouvait faire podium au Nürburgring et gagner à Silverstone. Nous avions la meilleure auto là-bas. Et d’une manière générale, nous aurions pu décrocher le titre. »

 

Comment se passe ce week-end en l’absence de Henri Pescarolo ?

« Je suis seul à gérer à la fois la technique et la stratégie. Habituellement, Henri est là pour les briefings, la stratégie etc. D’un côté, cela fait trente ans que je suis en course auto, donc il n’y a plus grand chose qui me stresse. De l’autre, c’est toujours bien d’avoir l’avis d’Henri pour discuter des différentes options. On est toujours meilleur à deux que tout seul ! »

 

La voiture est engagée sous la bannière Sora Racing. Comment cela se traduit sur le terrain ?

« Nous n’avons pas emmené tout le monde. Nous avons trois japonais qui s’occuperont des arrêts au stand. Ils avaient l’habitude de travailler avec Benoît Tréluyer. Nous avons trois mécaniciens de moins et pas de team manager donc c’est un peu spécial. »

 

Qui est présent pour Sora ?

« Personne. Philippe Leblanc, qui est le gérant de Sora Racing, devait venir mais il n’a pu. »

 

Quel est le programme pour les prochaines semaines ?

« Du côté du proto, je n’ai aucune idée de ce qui va se passer. Nous allons travailler sur la voiture-école : la conception est finalisée et nous allons attaquer une grosse phase de montage. Nous devons assembler huit châssis, dont le premier doit prendre la piste d’ici quatre semaines. »

 

Et le bureau d’études ? Travaille-t-il sur 2010, 2011 ?

« Non, le bureau d’études travaille sur un projet de voiture électronique pour Sora Composites, voiture qui n’est pas destinée à la compétition. »

 

Quels seraient vos souhaits ?

« Mon souhait aurait été de commencer le développement 2010 il y a un mois ! Quand on avance pas, on recule… Oreca, Aston Martin et certainement d’autres ont déjà dû débuter le développement pour 2010 et le temps que l’on perd, on ne le rattrape jamais. »

 

Mais quel discours vous tient Sora ?

« Un jour, le discours c’est : pas de course du tout sauf si nous trouvons nous même le budget. Le lendemain, c’est : on va faire uniquement Le Mans. Ce n’est pas facile comme situation. A l’origine, notre travail à nous, ingénieurs, c’est de concevoir des autos fiables et performantes. »

 

Nous remercions Claude Galopin pour sa disponibilité et nous souhaitons que les prochaines semaines seront synonymes de bonnes nouvelles. La Pescarolo LMP1-2009 a d’ores et déjà démontré toutes ses qualités et il serait dommage qu’une telle voiture ne soit pas en piste en 2010…

 

Propos recueillis par Anthony Megevand

Publicité

0 Flares Twitter 0 Facebook 0 0 Flares ×

Publicité

Sur le même sujet