Après le côté « technique » avec Bruno Famin, nous avons souhaité profiter du Petit Le Mans pour aborder le « sportif » avec Olivier Quesnel. Avant de partir en briefing, le Directeur de Peugeot Sport nous a accordé quelques minutes. Histoire de parler d’évoquer la course de demain et le programme 2010.
Olivier Quesnel, vous aviez dit que Peugeot n’était pas favori à Petit Le Mans. Pourtant les deux 908 monopolisent la première ligne. Etes-vous surprises ?
« Non pas surpris car nous travaillons beaucoup. Nous avons bien bossé, mais nous n’avons pas le même nombre de victoires que Audi à Petit Le Mans. A la limite, je veux bien être favori des essais, mais pour la course nous sommes les challengers. Nous n’avons pas l’expérience d’Audi au niveau de la stratégie sur les courses américaines, où le spectacle est mis en avant. Tout reste à faire. Donc rien n’est fait ! »
A propos de course américaine, quel est votre avis sur cette philosophie ?
« Ce n’est pas la même culture. Ici, c’est le spectacle. En Europe, c’est la technologie et je ne vois pas de raison pour faire reculer un concurrent plus rapide grâce à sa technologie. Chaque système à ses limites, mais il est évident que notre culture se rapproche de l’Europe. Les safety car font partie des excès de la course à l’américain. D’ailleurs, si il y a la pluie demain, je m’attends à des choses surprenantes. »
Vous apprenez plus ici ? Ou vous apprenez différemment ?
« On apprend… Disons que c’est plus violent. La course est plus longue : 10 heures, ce qui est selon moi la limite inférieure pour une course d’endurance. Le circuit est également très technique, à l’ancienne. Au niveau concurrent, tout le monde est là à part Aston Martin et Pescarolo. Mais il y a Acura… »
Petit Le Mans est votre première course préparation pour Le Mans 2010. La prochaine sera à Sebring ?
« On peut le penser… »
Quel sera le programme ?
« Tout d’abord, nous attendons le règlement 2011. Une fois que nous l’aurons, nous l’analyserons avec précision. Si il nous semble acceptable, on proposera les budgets et en cas de feu vert de la direction, on aura du travail sur la nouvelle voiture. Dans ces conditions, notre présence en 2010 ne peut passer que par Le Mans. »
Et aux 24 Heures du Mans, vous jouerez la continuité avec un engagement identique : 3 908 officielles et 1 privée ?
« Ce qu’on a fait nous a réussit. Il n’y a pas de raison de changer. Ce pourrait donc être trois voitures officielles, plus une louée par un privé, pas confiée. Pescarolo est prioritaire, mais j’ai besoin d’aller vite et cinq teams sont demandeurs… »
Au niveau des équipages, les neuf pilotes ont donné satisfaction. La donne sera également identique ? Avec les deux pilotes « médiatiques » que sont Bourdais et Loeb ?
« Avec la réduction des performances et des voitures de plus en plus fiables, ce sera un sprint de 24 heures. Il faudra dessiner les équipages en rapport avec cela : il y a neuf pilotes potentiels, il y en a d’autres et on fera le choix qui nous semble le meilleur. Celui qui doit nous permettre d’accomplir l’objectif que la direction va probablement me fixer : c’est à dire gagner de nouveau Le Mans.
« Pour Sébastien Loeb, je lui avais promis de faire des essais. Sa présence au Mans n’est pas d’actualité. Il a dit lui même qu’il ne voulait pas être un boulet. C’est vrai qu’il n’y a pas de rallye en même temps que les 24 Heures du Mans. Mais on parle aussi de Loeb comme pilote en F1, et je ne l’ai pas vu en F1. Une chose est sure, si il fait Le Mans, ce ne sera pas ailleurs que chez Peugeot. »
Propos recueillis par Anthony Megevand