Première course en GT2 depuis pas mal d’années pour Jörg Müller qui a fait les beaux jours de la catégorie au début du siècle, notamment en remportant le titre « pilote » de l’American Le Mans Series en 2001 avec BMW Motorsport. Pilote officiel BMW depuis onze ans, Jörg sévit actuellement et principalement en WTCC, mais c’est avec plaisir qu’il retrouve l’endurance.
Jörg, est-ce la première fois que tu prends le volant de la BMW E92 M3 ?
« C’est ma première course avec la voiture, mais j’ai participé dès le départ à son développement depuis le milieu de l’année dernière, par conséquent, je la connais très bien. En fait, depuis onze ans que je suis sous contrat BMW, j’ai commencé par tester le LMP1, puis la première M3 GT2, puis la Formule 1, puis la voiture de tourisme et enfin, à nouveau, une GT2. Je suis devenu polyvalent ! »
Justement, tu as connu la première période GT2 de BMW, quelles sont les principales différences entre les deux voitures ?
« C’est très simple : plus de grip, plus de puissance et plus d’appui. La différence est énorme et tu peux le constater dans les temps réalisés : nous avons gagné plusieurs secondes. Les deux voitures ne sont pas comparables et l’évolution des GT a suivi celle des prototypes en termes de performance. La nouvelle M3 fait partie d’une nouvelle génération d’autos qui n’a plus rien à voir avec la précédente. »
La compétition dans la catégorie était-elle aussi relevée ?
« Je pense qu’elle est plus relevée aujourd’hui car plus de constructeurs sont impliqués. En 2001, tu n’avais que BMW et Porsche alors qu’ici, il faut ajouter Ferrari et surtout la Corvette, arrivée depuis peu, mais déjà très compétitive. D’ailleurs les temps sont très serrés entre les différentes voitures. Il est donc important pour la marque BMW d’être ici pour montrer ce qu’elle sait faire. »
La semaine prochaine, tu vas participer à une course de VLN ?
« Tout à fait, avec une voiture identique à celle-ci. Nous voulons évaluer la compétitivité de la voiture sur la piste du Nürburgring dans une ambiance complètement différente. Lors de la course suivante, ce sera le tour d’Andy (Priaulx) et Dirk (Müller). »
As-tu une préférence entre les courses de WTCC et les courses d’endurance ?
« Au niveau de la voiture, il est clair qu’une GT2 est beaucoup plus intéressante pour un pilote car elle est beaucoup plus puissante et a plus d’appui. Au niveau de la course, le format et les objectifs sont différents. En WTCC, les courses durent 20 minutes et la plupart du temps, elles se déroulent dans un peloton où il faut jouer des coudes pour défendre sa place. L’attaque est maximum du début à la fin de la course : tu dois toujours conduire à 100% et si tu veux gagner une place, tu dois souvent aller au-delà des 100%. En endurance, le rythme est… plus reposant ! Tu ne peux pas être à fond tout le temps car tu dois ménager tes pneus et ta voiture. De plus, les courses se déroulent rarement en peloton, tu es plus seul sur la piste. »
Piloter un prototype ne te manque pas ?
« Tout ce qui n’a pas de toit me manque ! Les prototypes sont beaucoup plus sympas à piloter avec des vitesses plus élevées. Quand tu as piloté un prototype ou une monoplace, tu ne peux que regretter de ne plus en piloter un. Je ne peux pas dire que les GT ne sont pas agréables, mais c’est vraiment différent et tu n’as pas du tout les mêmes sensations. Le Mans me manque aussi… Je ne connais pas encore le programme de BMW l’an prochain, mais j’aimerais tant revenir au Mans où j’ai connu à la fois des moments merveilleux et des moments très dur avec l’abandon en 1999 alors que nous menions la course de plusieurs tours. »
Qu’attends-tu de la course de Petit Le Mans ce weekend ?
« BMW m’a embauché pour ralentir un peu la voiture, alors… Plus sérieusement, j’espère que nous pourrons gagner. Nous avons la performance, mais il faudra gérer le trafic et se tenir à l’écart des soucis. Je pense sincèrement que nous avons nos chances. »
Les performances montrées par les BMW en qualifications (4ème et 5ème positions sur la grille) permettent de confirmer l’optimisme de Jörg, qui n’a pas perdu son sens de l’humour depuis toutes ces années !
Propos recueillis par Cécile Bonardel