En s’imposant fin août à Mosport, le Fernandez Racing a succédé au Penske Racing au palmarès du classement LMP2 de l’American Le Mans Series. Adrian Fernandez et Luis Diaz ayant dominé les Lola-Mazda du Dyson Racing, le team mexicain a apporté à Acura son premier titre dans la série… avant de stopper, probablement, son activité. Entretien avec le patron-pilote, Adrian Fernandez.
Adrian, vous voilà assuré du titre LMP2. Quel est votre première sensation ?
« C’est toujours un sentiment agréable de remporter un titre. C’est le troisième de ma carrière, après la Formula Vee et la F3. C’est toujours difficile de gagner un championnat, encore plus lorsqu’il s’agit d’une série de haut niveau. Bien sûr, c’est un plaisir. Un double plaisir même puisque c’est un titre en tant que patron du team et pilote. »
Et décrocher alors qu’il reste encore deux courses…
« En effet. Cela permet d’aborder les deux dernières manches plus tranquillement. On ne va pas changer notre approche, mais cela évite d’avoir trop de pression sur les épaules. On peut profiter au maximum, prendre encore plus de plaisir. »
Quel regard portez-vous sur le déroulement de la saison ?
« En début de saison, nous affrontions des Lola-Mazda qui n’étaient qu’au début de leur développement. A l’inverse, nous pouvions compter sur une voiture éprouvée, puisque identique à celle de l’an dernier, fiable et toujours aussi performante. Le team a toujours bien préparé la voiture et Acura nous a toujours fourni un excellent soutien. Par la suite, les Lola-Mazda ont bénéficié de brides plus larges. C’est ce qui explique leur gain en performance. Mais même si nous n’étions parfois pas les plus rapides, nous avons pu gagné grâce au parfait travail de l’équipe. »
Désormais, l’objectif est de terminer en beauté ?
« Oui, nous allons essayé de gagner les deux dernières épreuves, notamment celle-ci. Petit Le Mans, c’est une course très difficile, peut être plus difficile que Sebring sur certains points. Le trafic est très compliqué à gérer. C’est assez étroit et vous ne pouvez pas vous permettre la moindre faute. Ce sera un facteur déterminant dans la lutte pour la victoire. »
Depuis quelques semaines, on entend parler de l’arrêt du Fernandez Racing…
« Si les choses ne changent pas, on stoppe. La crise économique a touché beaucoup de monde, y compris nous. Lowe’s nous a toujours apporté un grand soutien. Mais ils doivent penser à leurs intérêts, penser à se préserver. On a étudié différentes solutions – IRL, Grand-Am, ALMS – mais elles ont toutes conduit à un arrêt. »
Quel est votre avenir en tant que pilote ? Etes-vous intéressé pour rouler dans un autre team ?
« Je ne ferme pas la porte, même si je préférerais continuer avec mon propre team. Oui, c’est une possibilité. Mais cela ne peut se faire que si j’ai une proposition pour courir au top niveau. A titre d’exemple, j’avais bien aimé mon expérience au Mans et j’aimerais y rouler de nouveau en prototype. »
Et concernant le team ?
« La voiture, le camion et le matériel sont à vendre. Mais, nous sommes ouverts à tout : la vente, la location. Nous avons un excellent team en place : cela a pris près d’une décennie pour le construire et les membres voudraient continuer ensemble. Nous pouvons proposer de bons services. Après, si un nouveau partenaire veut nous rejoindre, je serai ravi que le Fernandez Racing court encore en 2010 ! Mais sauf revirement de situation, on arrête… »
Avez-vous déjà des teams intéressés ? Vous étiez en Europe il n’y a pas si longtemps…
« En fait, j’étais en Europe pour soutenir des jeunes pilotes à Monza. Mais oui, nous avons des clients potentiels pour la voiture, d’autant que Acura est prêt à apporter son soutien au niveau moteur. C’est davantage Tom Anderson qui s’occupe de ce dossier, mais je crois que cela concerne aussi l’Europe. Ce serait bien de voir une Acura sur le vieux continent… »
N’avez pas de regret de n’être pas venu au Mans avec l’Acura ?
« C’est ce qui était prévu au début. Le problème, c’est que nous sommes un team officiellement et que cela aurait été un peu bizarre de courir contre des équipes privées. C’est d’ailleurs pour cela que Acura a construit une LMP1. Après, il faut avoir la certitude d’être compétitifs et d’avoir le « Go » de la marque… »
Propos recueillis par Anthony Megevand