American Le Mans Series

Nicolas Lapierre : « Petit Le Mans est une course à l’ancienne »

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Après sa belle victoire de Silverstone en compagnie de Olivier Panis, Nicolas Lapierre est à nouveau au volant de l’ORECA-Matmut AIM pour la course de Petit Le Mans. Tout en étant conscient de la difficulté de la tâche, le pilote français croit en ses chances de podium samedi prochain.

 

Nicolas, quel est ton sentiment sur le circuit ?

« C’est la première fois que je roule sur cette piste. Le circuit est extraordinaire, notamment le premier secteur avec des enchaînements rapides et un dénivelé important. De plus, Petit Le Mans est une course « à l’ancienne » avec la proximité du public, ce que nous avons perdu en Europe, mais aussi avec la convivialité entre les écuries et les pilotes : ici, nous mangeons tous ensemble, ce qui renforce les liens. »

 

Comment se sont passés les essais jusqu’à présent ?

« Nous avons peu roulé le weekend dernier à cause des conditions météo épouvantables. Nous avons effectué quelques tours sur une piste mouillée samedi et dimanche en fin d’après-midi sur une piste humide. Ce n’est donc pas facile pour nous car nous avons eu peu de temps de roulage. De plus, les conditions sont changeantes puisque le matin, les températures sont relativement fraîches alors que dans la journée, il fait chaud et humide, ce qui ne favorise pas la recherche des réglages pour la course. Enfin, nous sommes trois pilotes sur la voiture, ce qui réduit le temps que chaque pilote passe au volant. »

 

Le trafic est-il difficile à gérer sur cette piste ?

« Tu fais un tour en environ 1’10, donc tu rattrapes forcément souvent d’autres concurrents. Il est très difficile, voire impossible, de doubler dans toute la première partie du tracé, alors que le retour vers les stands ne pose aucun problème. En revanche, le dernier virage est un peu plus compliqué avec peu de visibilité. Tu sens que la voiture déleste, c’est très excitant. »

 

Quels sont les objectifs pour la course ?

« Nous n’avons pas vraiment d’objectif en terme de résultat. Nous sommes ici pour apprendre donc le plus important est de ne pas commettre d’erreur, notamment en ce qui concerne la stratégie. De toute façon, nous savons qu’en matière de performance, nous ne pouvons pas lutter avec les prototypes à moteur diesel, qui sont intouchables. L’Acura est plus à notre portée, mais nous manquons cruellement d’expérience aux USA et les caractéristiques de la voiture sont plus en adéquation avec le tracé du circuit. Celui-ci est tellement atypique que les réglages sont complètement différents de ceux que nous avons l’habitude d’utiliser sur les pistes européennes. Nous sommes les outsiders, mais si nous ne commettons pas de faute, nous pouvons viser un bon résultat. »

 

Comment as-tu ressenti la victoire de Silverstone ?

« Cela peut paraître paradoxal, mais nous avons à la fois plus de pression et ce fut un vrai soulagement. Nous attendions cette victoire depuis deux ans et nous l’avons obtenue alors qu’une seule voiture était engagée. C’est une très belle récompense pour nous pilotes, mais aussi et surtout pour tous les mécaniciens qui ont travaillé très dur pour aboutir à ce résultat. Tout le monde méritait cette victoire. Elle nous a apporté de la confiance car tu te dis, je sais que nous pouvons le faire. En même temps, nous avons plus de pression car après ce résultat, les gens vont attendre plus de notre part. »

 

C’est la première fois que tu fais équipe avec Romain Dumas ?

« Oui, tout à fait, mais il s’est très vite intégré. C’est un pilote à la fois sympa et professionnel. »

 

Après deux ans de cohabitation avec Olivier Panis, quelle est votre relation ?

« Nous avons une excellente complémentarité et surtout, il n’existe aucune concurrence entre nous. Nous ne sommes pas au même moment de notre carrière et j’apprends énormément. Il a côtoyé les plus grandes équipes de Formule 1, donc c’est une bonne référence. Nous nous entendons super bien et nous avons une relation très saine. »

 

Comment vois-tu ton avenir proche ?

« Personnellement j’aimerais continuer avec Oreca pour voir aboutir le projet, et même au-delà. Avec le nouveau règlement, nous devrions avoir une nouvelle auto en 2011 et si les équivalences sont correctement définies, nous pourrons nous battre pour la gagne, ce qui constitue un vrai challenge. »

 

Propos recueillis par Cécile Bonardel

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