C’est dans une chaleur accablante renforcée par un taux d’humidité très élevé que nous avons rencontré Lucas Luhr afin de lui poser quelques questions sur sa saison, mais aussi sur la nouvelle Audi R15 TDI apparue pour la première fois en course à Sebring. L’année n’a pas été de tout repos pour le pilote allemand malgré un programme de course pour le moins allégé.
Lucas, comment se sont passés les essais jusqu’à présent ?
« Au moins, dans la voiture, l’air est plus frais ! Plus sérieusement, je n’étais pas présent pour les essais du weekend dernier, donc je n’ai commencé à rouler qu’hier et… je suis sorti ! En fait, je n’ai pas eu de chance car comme il avait beaucoup plu, la terre était détrempée. J’ai senti que l’arrière se dérobait dans les Esses et j’ai essayé de la rattraper, mais les bas-côtés étaient très glissants. Fort heureusement, la voiture n’a pas trop souffert : elle a été abimée uniquement en passant dans l’herbe, mais nous avons décidé de ne pas poursuivre la séance. »
La voiture a été réparée pour la séance de ce matin…
« Effectivement et en plus, l’équilibre était meilleur. Hier, je n’étais pas satisfait de l’équilibre et nous avons travaillé sur ce point ce matin. Je pense que nous allons dans la bonne direction car le comportement s’est nettement amélioré. Je suis donc plus confiant pour la course. »
Justement, qu’attends-tu de la course ?
« Je pense que les deux Peugeot devraient être très fortes. C’est très difficile de savoir où nous sommes car nous n’avons pas couru depuis Le Mans. Les prévisions météo ne sont pas très bonnes pour samedi, mais les risques de pluie ne cessent de diminuer alors j’espère qu’il ne pleuvra pas. Dans le cas contraire, les conditions seront les mêmes pour tout le monde, donc à nous d’en tirer profit. »
Le manque de courses n’est-il pas trop difficile à gérer ?
« Ce n’est pas facile de se réhabituer à la voiture à chaque fois : le manque de courses nous handicape. Nous avons effectué des essais privés, mais rien ne remplace la course. J’essaie de maintenir ma condition physique, mais le manque de repère se fait sentir, d’autant plus que les 24 Heures du Mans se sont arrêtées prématurément. »
A propos du Mans, comment expliques-tu ta sortie de route (Lucas est sorti violemment de la piste et a dû abandonner, ndlr) ?
« J’ai senti que quelque chose cassait et je me suis retrouvé dans la barrière de pneus. Nous ne savons pas exactement ce qu’il s’est passé car la voiture était dans un tel état qu’il était quasiment impossible d’analyser les causes de l’accident. Nous avions eu des soucis mécaniques lors des séances d’essais du mercredi et du jeudi et n’avions pas pu déterminer correctement les réglages pour la course. Ce n’est jamais facile de prendre le départ dans ces conditions. »
Avez-vous un programme d’essais programmé au cours de l’hiver prochain ?
« Oui, nous allons tester, mais nous ne connaissons pas encore le programme sportif pour la saison prochaine. Nous avons pu constater que la seule course de Sebring ne permet pas de préparer correctement les 24 Heures du Mans. J’espère donc que nous aurons d’autres épreuves à notre agenda. Nous arrivions avec une toute nouvelle voiture au Mans et les essais ont été perturbés. Malgré les essais privés que nous avions réalisés en vue de la préparation, il ne nous était pas possible de nous situer par rapport à la concurrence. »
Concernant la R15, quelles sont, pour toi, les principales différences avec la R10 ?
« Quand tu la regardes, tu peux immédiatement voir la différence ! La R10 était un prototype que je qualifierais de « normal » dans la mesure où il ne se distinguait pas des autres . En revanche, la R15 est un prototype « moderne » avec un travail aéro très pointu. Le concept global de la R15 et de la R10 est radicalement différent, donc nous devons encore comprendre comment fonctionne la voiture. Avant de nous engager dans des essais de 24 heures, nous devons améliorer la performance pour nous rapprocher des Peugeot. Je ne suis pas décisionnaire, mais j’espère que notre programme sera plus étoffé l’an prochain pour que nous puissions progresser plus rapidement. »
Propos recueillis par Cécile Bonardel