Depuis les débuts de la Corvette GT2, Olivier Beretta n’avait pas été très chanceux. A Mid-Ohio, l’entrée du safety car avait coûté un tour à la n°4. A Road America, sa C6.R alors pilotée par Oliver Gavin avait dû repasser par les stands suite à la casse d’un rétro par un proto. Mais alors que le nouveau bolide de GM décrochait sa première victoire, à Mosport, le Monégasque a retrouvé le podium. Voilà qui lui permet d’aborder avec ambition le Petit Le Mans qui se profile à l’horizon…
Olivier, quel regard portes-tu sur la manche de Mosport ?
« Nous avons fait une belle qualification, avec les troisième et quatrième chronos. Les BMW étaient très rapides et c’est d’ailleurs dommage qu’elles aient rencontré des problèmes en course. La bataille aurait pu être sympa. Elle l’a été, mais avec la Ferrari/Risi. Avec la Corvette n°4, Oliver (Gavin) et moi avons longtemps été en tête, jusqu’à ce que la Lola/Intersport me mette hors-trajectoire. Jon Field m’a dépassé dans un virage qui se prend en 5e et cela m’a déventé. Dans cette courbe, c’est déjà bien de ne pas être sorti de la piste car il y aurait pu y avoir des dégâts ! »
C’est le tournant de la course ?
« Oui parce qu’après un labourage dans le gazon, tu perds forcément du temps. Il faut revenir en piste, puis tu as besoin d’au moins deux tours pour nettoyer tes pneus. J’ai pu reprendre un peu de temps, mais je ne voulais surtout pas prendre le risque de casser la voiture trois semaines avant Petit Le Mans ! En plus, la C6.R n°3 était en tête… »
Cette fois, le safety car n’a pas perturbé les débats, l’ALMS ayant instauré une nouvelle règle. Qu’en penses-tu ?
« Il faudra attendre Petit Le Mans pour avoir une confirmation, mais c’est une bonne chose que l’ALMS se soit penchée sur la question. Un safety car peut ruiner une course, et ce, avant même la fin de la première heure si le leader du général est entre le 1er et le 2e d’une catégorie au moment du drapeau jaune. L’IMSA donne toujours la priorité à la sécurité, mais ensuite elle veut tenir du compte du classement des catégories, pas seulement du Scratch. On verra sur la durée si la nouvelle règle fonctionne. Mais il est vrai que c’est dommage qu’une neutralisation puisse déterminer le sort d’une course. Surtout dans des épreuves de longue durée, compte tenu des investissements fournis par les marques. »
Pour revenir à Mosport, heureux tout de même de retrouver le podium ?
« Oui, ça fait du bien ! Le plus important est qu’une Corvette figure sur la plus haute marche du podium. Cela permet à GM de répondre aux questions, d’autant que nous pouvions faire le doublé à la régulière. Désormais, nous avons une ambition : remporter une autre victoire d’ici la fin de saison, si possible Petit Le Mans. »
On connaît les qualités du Corvette Racing, mais les gens sont tout de même surpris de vous voir gagner dès votre troisième apparition !
« Les gens sont surpris parce que nous étions seuls en GT1 et qu’ils n’ont pas pu voir la compétence du team. C’est d’ailleurs pour cela que Corvette est venu en GT2 : pour avoir de la concurrence. C’est le cas dans cette catégorie magnifique. Nous, pilotes, étions confiants quant à la performance de la voiture. Disons à 90%. Depuis, nous sommes certains du potentiel de la nouvelle C6.R. »
Après trois meetings, quels enseignements tires-tu ?
« Nous avons visité trois circuits relativement différents. Désormais, nous avons donc une véritable vue d’ensemble, un aperçu à 360°. L’auto est compétitive, dans le serré comme dans le rapide. Elle n’a pas de défaut particulier. La base est excellente et la Corvette a de belles années devant elle. »
Comment allez–vous préparer Petit Le Mans ?
« Nous n’allons pas faire de tests : les deux C6.R vont être totalement refaites d’ici la prochaine manche. Quant aux ingénieurs, ils vont analyser les données tout en mettant à profit l’expérience que nous avons de cette épreuve. Nous nous attendons à une course exceptionnelle. »
Ce sera votre première véritable course d’endurance. Est-ce synonyme d’incertitude ?
« En sport automobile, tout peut arriver jusqu’au drapeau à damiers. Mais la nouvelle Corvette a été fiable lors des trois manches, et avant cela en essais, durant lesquels nous avons roulé avec des pièces usagées. Qui plus est, Corvette Racing a l’habitude de bien préparer ses autos et de ne pas partir dans l’inconnu sur ce point. Nous avons déjà fait des tests là-bas, plus l’expérience du GT1. Nous nous appuyons sur des fondations solides pour réaliser notre objectif : gagner ! »
Propos recueillis par Anthony Megevand


