Avec une seconde place lors des dernières 24 Heures de Spa sur une des trois Maserati MC12 Vitpahone Racing, Vincent Vosse est un homme ravi. En compagnie d’Alessandro Pier Guidi, Stéphane Lémeret et Carl Rosenblad, le Theutois a quelque peu conjuré le sort puisque lors des 24 Heures 2006, sa Maserati MC12 n’avait pas vu l’arrivée. Vincent revient avec nous sur sa course, mais aussi sur son sentiment de n’ouvrir la classique spadoise qu’aux GT2, GT3 et GT4 à compter de 2010. En tant que local de l’étape belge, qui peut mieux que lui peut avoir un avis éclairé ?
Laurent Mercier : Vincent, cette seconde place est synonyme de victoire pour toi ?
Vincent Vosse : « Je ne dirais pas cela. Nous sommes à notre place. Sans l’incident dans la stands, sans la petite sortie de Carl, nous aurions certainement été dans le même tour que la Corvette victorieuse. Mais bon, il faut savoir que dans les dernières heures, les pilotes de la « 4 » n’ont plus trop forcé compte tenu des écarts. C’était la voiture la plus rapide sur la durée et je ne pense pas que nous aurions pu la battre. Son équipage était plus homogène que le nôtre. Si la n°2 n’avait pas eu son problème, aurait-elle pu cravacher pour remporter la course ? Je ne sais pas… La seule qui aurait pu vaincre la C6.R PK Racing était la Maserati n°1 mais le sort en a décidé autrement. Je suis content de cette seconde place car nous avons joué notre rôle de troisième auto dans le team. De plus, il n’y a pas eu d’essais préparatifs et les essais se sont déroulés sur le mouillé. Mon premier tour sur le sec était en course. La seconde place était le meilleur résultat que nous puissions avoir ».
Selon toi, la MC12 a évolué depuis 2006 ?
« Pas réellement et je pense qu’elle a un déficit moteur. Cela n’a rien à voir avec l’auto car c’est plutôt du côté des brides qu’il faut regarder. La vitesse de pointe est inférieure et je peux assurer qu’il n’était pas évident de dépasser une bonne GT3 en ligne droite. Sur un circuit comme Spa, on voit que la C6 était nettement plus rapide. C’est une auto qui a un couple énorme et dans les dépassements, elle était plus à son avantage. Je sais qu’il est compliqué de trouver un bon compromis pour toute une saison entre les différentes autos. Par contre, j’ai trouvé le châssis meilleur ».
Dès l’année prochaine, les 24 Heures de Spa seront réservées aux GT2, GT3 et GT4. Est-ce une bonne idée selon toi ?
« Je vais être franc. Pour moi, l’idée est très mauvaise. J’estime qu’il faudrait ouvrir la course uniquement aux GT3 et GT4. Actuellement si tu veux gagner en GT2, il te faut soit une Porsche, soit une Ferrari. On parle de l’arrivée d’autres autos mais elles ne sont toujours pas là. Faire rouler une GT2 de pointe coûte excessivement cher. Cela coûte aussi cher qu’une GT1 puisque les GT1 actuelles sont déjà bien amorties avec le temps. On risque d’avoir deux ou trois équipes qui vont jouer la gagne car elles seront aidées par le constructeur en question. Qui va vouloir investir autant pour aller se battre contre eux ? Cette idée ne va pas descendre les coûts. De plus, il faut acquérir une auto dernière génération si l’on veut jouer la gagne sous peine d’être largué. Personne n’a plus les moyens de mettre 400 000 euros pour faire rouler une auto.
« Faire du GT3 la catégorie reine me semble une bonne idée. Il doit y avoir environ 170 GT3 qui roulent en Europe et le coût est divisé par deux niveau amortissement. Pourquoi ne pas remettre au goût du jour la Coupe du Roi avec un classement par pays de chaque championnat. Tout le monde aimerait participer. Je suis sûr que les organisateurs refuseraient du monde. On pourrait avoir recours aux qualifications pour faire une sélection. Depuis quelques années, les GT3 ont beaucoup évolué et elles sont devenues fiables. C’est ça aussi une course d’Endurance. Il faut modifier son pilotage, faire attention à l’auto et faire des relais différents au gré de la course. De nos jours, tous les tours sont des tours qualif. Il y a moins de place pour les gentlemen. Pas parce qu’ils n’ont pas leur place, mais parce qu’ils manquent d’entraînement. Il y aurait deux secondes d’écart entre les GT2 et GT3. Et alors, où est le problème ? Le spectateur ne s’en rendrait pas forcément compte en bord de piste.
« Les 24 Heures de Spa seraient l’épreuve de l’année de tous les championnats nationaux. Personnellement, je limiterais le nombre de pilotes à trois car je pense que l’on vit mieux une course d’endurance avec trois pilotes. Je pense que les GT4 ont aussi leur place dans cette course. Certaines d’entre elles sont méconnues du grand public telles la Donkervoort ou la KTM X-Bow. Elles apportent de la diversité ».
L’Aston Martin DBRS9 que tu pilotes en Belgian GT était engagée aux 24 Heures de Spa. Tu as été surpris de sa fiabilité ?
« Le Barwell Motorsport est une excellente équipe qui prépare parfaitement ses autos. Spa est un circuit qui convient bien à la DBRS9. Tous les pilotes ont fait du bon travail car durant toute la course, ils ont joué le podium. Je suis par contre un peu surpris de la performance de la Ford GT qui a gagné ».
Tu nous disais il y a quelques mois que tu travaillais sur un projet pour 2010. Ce projet est toujours d’actualité ?
« Oui je travaille toujours sur un beau projet pour l’année prochaine mais il est encore un peu tôt pour en parler. En attendant, si j’ai une nouvelle opportunité avec le Vitaphone Racing, je la saisirais sans la moindre hésitation… »
Propos recueillis par Laurent Mercier