Le Mans

Jack Leconte : Les vérités du boss de Larbre Compétition, part1.

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Présent depuis plus de quinze ans dans les paddocks des courses d’endurance, Jack Leconte a acquis, avec Larbre Compétition, un palmarès dont il peut se targuer. Depuis le passage au troisième millénaire, l’écurie du Vigeant a conquis les titres 2001, 2002 et 2005 en FIA-GT, en ayant fait un passage en N-GT, en 2000 avec également le titre à la clé. Le FFSA-GT a aussi subi la loi de l’équipe française avec le couronnement en 2003 et en 2008. Enfin, last but not least, les Le Mans Series ont été le terrain de chasse de l’écurie avec les titres en 2004 et 2006. Absent de Spa, le team était de retour à Portimao, où Jack Leconte a oublié de pratiquer la langue de bois…

 

Jack, de retour en Le Mans Series ?

« Tout d’abord, je suis très surpris qu’on parle de retour parce que l’organisateur de la série et l’ACO connaissent mon programme depuis le mois de janvier, mais ils ne m’ont pas entendu. Ils peuvent avoir des considérations que je ne comprends pas du tout. J’ai indiqué qu’on faisait la série Le Mans sauf Spa parce qu’il n’y a aucune discussion entre les organisateurs au niveau des clashs de dates sous prétexte que c’est très dur de faire un calendrier. On se retrouve dans la même situation que l’an passé lorsque l’organisateur avait changé trois dates pour convenir à Audi qui participait au championnat et il a eu raison de le faire. Mais pour moi, c’est une perte de chiffre d’affaires. Ma deuxième voiture n’a pas été acceptée au Mans l’an dernier alors que j’avais constitué un équipage avec des pros contre Aston et Corvette. J’ai expliqué tout ça aux organisateurs, mais ils ne m’ont pas écouté et j’en tire mes conclusions. »

 

Comment as-tu vécu la non-sélection du Mans cette année ?

« Une déception tout d’abord pour le passionné que je suis et pour mes 17 ans de présence : j’étais le plus ancien concurrent. Et quand Larbre Compétition se présente au Mans, ce n’est pas pour faire de la figuration. On a joué la pole à coups de millièmes de seconde en 2007 et 2008 et on me remercie l’année suivante pour mettre des concurrents seulement capables de faire un tour sur les cinq premières minutes de course. On était sur le podium il y a deux ans, alors que la voiture qui est montée sur la troisième marche du podium 2009 a passé une partie de la course arrêtée sur la piste. D’un autre côté, je suis à la tête d’une entreprise française, l’organisateur est français et il me refuse une entrée dans une année de crise. Pn aurait besoin de s’aider un peu… C’est très ennuyeux car mon chiffre d’affaires a bien diminué cette année à cause de cela. »

 

La participation en Asian Le Mans Series est-elle toujours d’actualité ?

« Je suis sur la liste et j’ai payé les droits d’entrée. Au départ, l’organisateur nous avait promis de participer aux frais avant de limiter le poids du fret. Pendant ce temps, Stéphane Ratel essaie de donner un peu d’espoir aux équipes et, bien que les choses ne soient pas faciles, annonce une aide financière à chaque team, des billets d’avion gratuit, l’intégralité du fret gratuit…. En conséquence, quand les teams partent en Australie ou en Argentine, elles ne sentent pas trop la douleur. Nous avons fait les comptes et nous arrivons à 70 000 € de fret par course pour aller en Asie. Nous ne sommes pas payés pour courir et dépensons des millions pour faire des plateaux. Est-ce que Madonna paye pour chanter au Stade de France ? »

 

Est-ce pour cette raison que Larbre Compétition s’est tourné vers le FFSA-GT ?

« Je suis en FFSA-GT parce j’ai un partenaire qui s’est engagé au mois d’octobre dernier. Il n’y a rien de mieux pour une entreprise que de savoir qu’il y a une commande en cours, qu’on va préparer deux moteurs, faire réviser des pièces, réserver du personnel, la logistique, et qu’on va travailler de manière professionnelle. J’ai la chance d’avoir un partenariat avec Patrick Bornhauser et Demeco pour ce programme. S’il me dit en septembre, nous allons préparer une Simca 1000 ou une 4L et nous allons courir à Tombouctou, j’y vais ! L’intérêt sportif n’est pas négligeable car il y a de belles bagarres, même si j’ai connu des combats plus rudes. »

 

Comment vois-tu la suite de la saison ?

« J’aimerais en savoir plus sur l’Asian Le Mans Series pour pouvoir envisager la suite du programme, et la participation aux 1000 Km du Nürburgring par exemple. Tu comprends bien que quand je ne participe pas aux 24 Heures du Mans, je perds une partie de mes partenaires. Motul, qui est un partenaire depuis 17 ans, ne me donne pas le budget du Mans si je n’y vais pas. Je suis donc moins à l’aise pour les courses internationales. »

 

Mais les deux premiers de chaque catégorie des Le Mans Series ont un ticket pour Le Mans. Ne pas participer à la manche allemande, n’est ce pas renoncer à une invitation au Mans ?

« Si on court bien ce week-end (interview réalisée avant les 1000km de l’Algarve), on va regarder le nombre de points nécessaires pour conclure définitivement. Est-ce que les Russes (IPB Spartak, ndlr) vont être au Nürburgring, je ne sais pas. Je pensais que Larbre Compétition n’avait pas besoin d’une invitation d’office, mais l’ACO m’a démontré le contraire cette année. »

 

Propos recueillis par Cécile Bonardel

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