Le Mans

Frédéric Sausset : “Disputer Le Mans en LM P2 donne un caractère encore plus exceptionnel à mon projet”

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Participer aux 24 Heures du Mans n’est pas donné à tout le monde. Participer aux 24 Heures du Mans au volant d’une LM P2 est encore moins donné à tout le monde. Participer aux 24 Heures du Mans sur une LM P2 alors qu’on est amputé des 4 membres relève du domaine de l’impossible, mais pas pour Frédéric Sausset. Passionné de sport automobile et plus particulièrement d’endurance depuis bien longtemps, ce chef d’entreprise du Loir-et-Cher a vu sa vie basculer à l’été 2012 durant ses vacances dans les Landes où une bactérie sur une plaie à un doigt a provoqué une septicémie avec un choc sceptique.

Opéré lourdement après deux mois passés dans le coma, Frédéric a été amputé des deux jambes, de son bras gauche et de sa main droite. A l’instar d’un Alessandro Zanardi, Frédéric Sausset peut dire qu’il sait ce que le mot Endurance veut dire au sens large du terme. Notre homme tiendra une conférence de presse fin mars sur le circuit Bugatti du Mans pour expliquer ce projet fou de prendre part aux 24 Heures du Mans dans une LM P2. Ce projet nous a intrigué au point d’appeler celui qui veut être au départ de la plus grande course du monde à l’horizon 2016.

1507481_1378198345769652_107713753_o Comment est venue cette idée pour le moins inédite de vouloir être au départ des 24 Heures du Mans dans une LM P2 en étant amputé des 4 membres ?

 « Déjà j’ai connu un long combat pour survivre et retrouver un maximum d’autonomie. Je me suis fixé un projet ambitieux où je veux prouver que je suis plus fort que la maladie. Jamais je n’aurai pu imaginer une telle chose en tant que valide. Je suis passionné de longue date de sport automobile et plus particulièrement des 24 Heures du Mans. Je me suis mis à écrire mon projet tout seul dans mon coin. J’en ai tout de même parlé à Christophe Tinseau, qui est l’un de mes amis. Il est nécessaire de le faire en prototype si j’en ai les capacités. Cela donne un caractère encore plus exceptionnel à mon projet que de le faire en GT. Par la suite, j’ai présenté le projet à Vincent Beaumesnil il y a 8 mois, qui a été séduit et touché. »

Sausset1 Cela demande un investissement humain incroyable…

 « Je dois prouver que j’en ai les capacités mais aussi les moyens financiers. Il faut imaginer un système qui me permette de retrouver les sensations de pilotage que je pouvais avoir auparavant. J’ai mis en chantier un système qui était quelque peu archaïque au début. Il a fallu trouver une auto pour le tester. Le choix s’est porté sur une Audi RS3 où j’ai effectué un test sur le Bugatti fin 2012. Les premiers résultats ont été prometteurs, ce qui m’a donné envie de poursuivre. Sur le Bugatti, j’ai tourné à trois secondes de Christophe Tinseau. »

 Le projet suscite de l’intérêt ?

 « Je mets en place une journée de lancement le 31 mars au Mans afin de présenter le projet aux médias et sponsors. Il y a de l’intérêt et j’ai un accord de principe avec un partenaire. Le projet intéresse du monde. Je suis en contact avec une équipe. C’est une magnifique vitrine pour le handicap. En parallèle, je travaille pour mettre en place une structure afin que les personnes à mobilité réduite puissent venir sur les circuits. J’ai aussi le soutien de Pierre Fillon, président de l’ACO. »

1003060_1390790487843771_2101354770_n Il est prévu de rouler sous peu en compétition ?

 « Je compte bien rouler en ELMS afin de me préparer au mieux mais certainement pas avant 2015. Il est important pou moi de trouver un partenaire pour adapter les commandes. Je me suis aussi rapproché de la FIA et des médecins car il faut également valider l’extraction de l’auto. J’ai trouvé un système assez simple que l’on va tester avant l’été. »

 Outre le fait d’être un engagement sportif, c’est aussi un signe positif vers les non-valides…

 « Tout avance dans le bon sens même si la médiatisation est nécessaire. J’ai bâti un budget prévisionnel. J’ai bien conscience que je n’ai pas de passé en compétition. C’est pourquoi j’ai voulu que Christophe Tinseau soit honnête avec moi et qu’il ne pas me laisser croire quelque chose d’inatteignable. Derrière ce projet, il y a aussi un vrai message fort car 5% des gens non-valides se battent. Je veux redonner de l’espoir et faire rêver les gens. Je souhaite me confronter aux valides et ne pas prendre le handicap comme quelque chose qui fait peur. »

Un seul mot : respect !

 

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