Avec 67 départs en FIA-GT, Tim Sugden fait partie des pilotes les plus réguliers de la série. Cette année, le Britannique est au volant de la Porsche 997 GT3-RSR du Trackspeed Racing en compagnie de David Ashburn, comme c’est d’aillleurs le cas sur toute la saison. Il a tout de même délaissé le baquet de la GT allemande aux 24 Heures du Mans pour rejoindre celui de la Ferrari F430 JMW Motorsport, avec une belle quatrième place aux côtés de Andrew Kirkaldy et Rob Bell. Durant les meetings Le Mans Series, Tim est présent dans le staff du JMW Motorsport comme team manager. A Spa, il est présent pour la seconde année consécutive au sein du Trackspeed Racing, la Porsche 997 GT3-RSR étant partagée par Sugden/Ortelli/Bergmeister/Ashburn. Tim revient avec nous sur ses essais, mais également sur sa passion des 24 Heures de Spa :
Erin Sweeney : Tim, comment se sont passés les premières séances d’essais ?
Tim Sugden : « Humide (rires). J’ai tout de même eu le temps de réaliser le 3ème chrono de la catégorie lors de la premières séance qualificative. L’auto est de mieux en mieux mais nous avons dû écourter la séance comme tous les concurrents ».
Aimes-tu piloter sous la pluie ?
« Oui, en général les pilotes aiment piloter sous la pluie. Durant la nuit, la vision est fortement réduite avec l’eau qui rebondit sur les feux et le pare-brise, ce qui fait que nous sommes dans une sorte de brouillard ».
« Oui et comme beaucoup de pilotes d’ailleurs ! Je le note sur mon calendrier chaque année. Il y a deux virages en particulier que j’apprécie tout particulièrement : Blanchimont car c’est vite et on veut forcément y aller à fond même si on est tout de même obligé de ralentir un peu et le fameux Raidillon de l’Eau Rouge”.
Quel est ton meilleur souvenir à Spa ?
« Cela fait maintenant pas mal de fois que je dispute cette course mais mon meilleur souvenir date de 2003. Après 8 heures de course, nous étions premiers au classement, mais nous avons eu un problème de la boîte de vitesses. Nous avons dû rendre les armes à la fin de la 14ème heure. Ce n’était peut-être pas l’année la plus réussie pour moi mais le sentiment d’avoir été premier m’est toujours resté en mémoire. Surtout que Stéphane Ortelli qui pilotait également une Porsche GT2 a remporté la course. Je pense donc que sans ce problème, nous aurions eu des chances de gagner ».
Cette année, tu es avec deux pilotes de renom. Tu les connaissais déjà ?
« Oui, Stéphane Ortelli et moi nous connaissons depuis pas mal d’années. Nous avons été équipiers lors des 24 Heures de Spa 2005. Jörg Bergmeister est aussi un pilote très performant et il connaît parfaitement l’auto pour rouler avec aux Etats-Unis en American Le Mans Series. Cependant, la course ne sera pas facile, tant le niveau de la catégorie est élevé. Il faudra être rapide durant 24 heures et ne commettre aucune faute ».
Y a t-il de grandes différences entre la Porsche de cette année et de celle que tu pilotais en 2008 ?
« Depuis l’année dernière, la Porsche a subi de nombreux changements, environ une soixantaine. Elle est plus performante et j’espère bien que cela nous permettra de battre les Ferrari ».
Quel regard portes-tu sur les deux nouveaux championnats 2010, qu’il soit mondial pour les GT1 ou européen pour les GT2 ?
« Personne ne sait ce que cela va donner l’année prochaine. Je pense qu’avoir un championnat mondial est une bonne idée mais ce ne sera pas facile de réunir tous les pays. J’ai participé à des courses en Asie ainsi qu’en Amérique où il y a une très bonne ambiance. Ce serait bien de réunir toutes ces séries. Il n’y a jamais vraiment eu une vraie définition des voitures GT1 et GT2. Chaque année les règlements changent. les GT2 sont entrain de devenir les GT1, et l’année prochaine la catégorie GT1 sera nouvelle. Il faut attendre encore un peu pour voir ce que cela va donner ».
Souhaites- tu rester en GT2 ou passer en GT1 ?
« J’ai déjà roulé en GT1, notamment sur une Lister Storm et certes cela ne me dérangerait pas d’y retourner. Mais là je suis bien en GT2 ».
Aimes- tu participer aux courses de 24 heures ou préfères- tu les courses moins longues ?
« De nos jours, les courses de 24 heures sont vues comme des sprints, donc le but c’est de pousser un maximum et d’être devant. C’est toujours un bon challenge de faire une course de 24 heures. C’est fatigant et ce n’est pas vraiment comparable à une manche sprint de deux heures par exemple. Je reste sur une 4ème place aux dernières 24 Heures du Mans et je compte bien faire mieux l’an prochain ».
Tu es également Team Manager pour JMW Motorsport en Le Mans Series. Ce n’est pas trop compliqué de concilier les deux ?
« J’ai toujours été attiré par les sports mécaniques et c’est assez facile de gérer les deux. Je suis le manager de plusieurs pilotes, comme Johnny Cocker qui court en Le Mans Séries et James Walker qui court en World Series By Renault car je forme aussi les jeunes pilotes. Mon rôle chez JMW est différent mais j’y prends beaucoup de plaisir ».
Lequel des deux préfères- tu ?
« Cela fait 20 ans que je pilote des voitures de haut niveau, et piloter a toujours été ma première passion ! »
Où te vois- tu dans quelques années ?
« Sur la plage ! (Rires). Je prévois de rester en GT2, de piloter le plus longtemps possible et puis je continuerai à former les jeunes pilotes. ».
Propos recueillis par Erin Sweeney.
