Après Long Beach et Utah, le De Ferran Motorsports s’est imposé pour la troisième fois en American Le Mans Series. Un hat-trick pour Gil de Ferran et Simon Pagenaud, qui après avoir décroché la pole, ont dû résister à l’autre Acura LMP1, celle du Highcroft Racing. David Brabham et Scott Sharp menaient jusqu’à treize minutes du drapeau à damiers, mais une crevaison en a décidé autrement. En LMP2, Dyson Racing a profité d’une hécatombe pour offrir à la Lola-Mazda son premier succès. Quand au GT2, Patrick Long et Jorg Bergmeister ont dominé Ferrari et BMW grâce à une meilleure stratégie.
Le premier départ est un peu confus, l’Acura du Highcroft Racing devançant avant la ligne de départ celle du De Ferran Motorsports, pourtant auteur de la pole. La direction de course neutralise la course et re-déploie le drapeau vert une boucle plus tard. Cette fois, Gil de Ferran conserve le bénéfice de la pole position réalisée la veille par Simon Pagenaud. Dans les autres catégories, la hiérarchie est inchangée, mais la bataille n’en est pas moins acharnée en LMP2 et en GT2, entre l’Acura Fernandez et les Lola-Mazda d’un côté, entre la Ferrari/Risi et le reste de la meute de l’autre.
Après sept tours, Marino Franchitti confirmé les bonnes dispositions de la Lola-Mazda sur le tourniquet de Lime Rock en prenant les commandes du LMP2 au détriment de Luis Diaz. Cinq boucles plus tard, c’est la voiture sœur, pilotée par Chris Dyson, prend l’avantage sur l’Acura du Mexicain. Au général, Gil de Ferran continue de creuser l’écart, dominant largement Scott Sharp.
Après une vingtaine de minutes, et alors que la Porsche/Gruppe Orange part en tête à queue, Patrick Long se hisse à la première place du GT2, non sans avoir poussé légèrement la Ferrari de Pierre Kaffer, désormais sous la pression de Bill Auberlen. Las, le pilote de la BMW n°90 part à la faute, la seconde M3, celle de Tommy Milner, prenant le relais. A ce moment de l’épreuve, la Ford du Robertson Racing occupe une intéressante quatrième place en catégorie.
C’est dans les instants qui suivent que va se jouer la victoire en LMP2. Après des problèmes de direction, l’Acura du Fernandez Racing s’immobilise au stand. Le capot arrière est levé, des problèmes de boîte étant constatée. Peu après, alors que la fin de la première heure approche, la Lola-Mazda n°16 du Dyson Racing abandonne suite à des ennuis électriques. La voie est donc libre pour la n°20, confiée à Butch Leitzinger et Marino Franchitto.
La première neutralisation intervient dans la foulée, la Porsche GT3 Cup n°47 du Orbit Racing ayant percuté la pile de pneus à la chicane. Après les ravitaillements, De Ferran Motorsports est toujours en tête, mais l’écart creusé sur Highcroft a fondu comme neige au soleil. En GT2, le Flying Lizard a profité du safety car pour gagner un tour sur le reste de la meute : la victoire ne peut plus échapper au tandem Long/Bergmeister Le suspens reste entier pour les deux autres marches du podium.
Au restart, Simon Pagenaud doit résister à David Brabham. Il y parviendra jusqu’à la deuxième salve des ravitaillements. Tandis que la Ginetta-Zytek du Corsa Motorsport est à la lutte avec la Lola du Intersport Racing pour la troisième place du classement général, Ferrari et BMW s’expliquent en GT2. Si la n°92 est victime de divers problèmes, Joey Hand, au volant de la M3 n°90, prend le meilleur sur Jaime Melo, mais il part à la faute dans la minute qui suit ! Même sanction pour la Panoz du Team PTG, à la lutte avec la Porsche du Fanbacher-Loles Racing pour le quatrième rang.
Les minutes passent et la deuxième salve des ravitaillements approchent. C’est à ce moment que la course peut basculer. De Ferran Motorsports change ses quatre pneus, Highcroft seulement deux : David Brabham en profite pour prendre la tête de l’épreuve, quelques secondes devant Simon Pagenaud. On croit que l’Australien file vers la victoire, mais à treize minutes du terme, il doit repasser par les stands suite à une crevaison. Le succès lui échappe, Pagenaud/de Ferran se dirigeant vers la première marche du podium pour la troisième fois de suite. Si Acura réalise un nouveau doublé, Ginetta-Zytek obtient un fort beau résultat pour les véritables débuts de la technologie hybride-électrique. Certes à sept tours, Mowlem/Johansson se classent troisièmes. Les deux hommes auront fait une course sage, sans rencontrer trop d’ennuis. C’est ce qui leur a permis de devancer la Lola/Intersport, longtemps en bagarre pour cette troisième position avant d’abandonner (arbre de transmission).
Malgré les douze boucles qui le sépare du vainqueur du Scratch, Dyson Racing peut savourer. L’équipe new-yorkaise regoûte aux joies de la victoire pour la première fois depuis quatre ans. Et surtout, Marino Franchitti et Butch Leitzinger offrent à la Lola-Mazda son premier succès. Mais il reste encore du pain sur la planche. Si le package a progressé en performance pure, la fiabilité est tout sauf irréprochable (embrayage, batterie). Septième au général, Diaz-Fernandez terminent deuxièmes de la catégorie. Leur invincibilité a pris fin, mais ils marquent de précieux points au championnat. Quant à la Radical van der Steur, 15e derrière huit GT2, elle obtient un podium plus qu’inespéré après une course anonyme…
En GT2, Patrick Long et Jorg Bergmeister n’ont plus été inquiétés après la première neutralisation. Le tandem du Flying Lizard décrochent une quatrième victoire en cinq manches ! Si Risi Competizione et Ferrari n’ont pas retrouvé le chemin de succès, la deuxième place est synonyme de troisième podium de rang pour Jaime Melo et Pierrre Kaffer. Après une pénalité (vitesse trop élevée dans les stands), le duo devance de huit secondes la BMW n°90. Troisième podium de la saison pour la firme allemande, mais le premier pour Joey hand et Bill Auberlen. Quatrième, la Porsche du Farnbacher-Loles Racing a vécu un début de course compliqué. C’est finalement en évitant les embûches que Bryce Miller et Wolf Henzler parviennent à finir à cette place d’honneur, la RSR du Vici Racing complétant le quinté de tête devant la Panoz du team PTG.
Dans l’ALMS Challenge, la GT3 Cup du Gruppe Orange, pilotée par Hoaglund/Faieta, s’impose, précédant de trois tours la n°08 du Orbit Racing, confiée à Brwon/sweedler, et de cinq boucles la voiture sœur, de Parker/Pickering.
Les résultats sont ici.
Anthony Megevand