Depuis que les essais privés sont limités, pour des raisons budgétaires ou réglementaires, il devient difficile pour les équipes de faire des tests en dehors des meetings. Pour pallier à ce manque, certains teams n’ont pas hésité à investir dans un logiciel de simulation numérique. C’est le cas du Trottet Racing. Il existe quatre ou cinq produits de ce type sur le marché, pour des prix variant entre 10 000 et 40 000 euros, ce qui constitue un investissement relativement important pour une petite structure. Lors de notre week-end à Donington au sein de l’équipe suisse, nous avons pu voir le programme en action.
| L’interface principale du programme de simulation. |
| Le tracé de Spa simulé avec les rapports engagés par secteur. |
| La comparaison des vitesses à Spa. En rouge l’acquisition, en bleu la simulation. |
Pierre-Alain Rechsteiner, Directeur Technique du team, nous explique le concept : « Nous utilisons cet outil informatique pour faire des essais virtuels. Un tel outil est pointu et complexe ; il faut du temps pour l’apprivoiser et pour que les résultats soient le reflet de la réalité. Le résultat d’une simulation apparait sous la forme d’un fichier semblable à un fichier d’acquisition de données et pouvant être analysé dans le logiciel de l’acquisition de données du véhicule (Magneti Marelli dans le cas de la Ferrari F430 de Trottet Racing).
Mais avant de pouvoir effectivement utiliser le logiciel, il faut modéliser le véhicule en entrant la soixantaine de paramètres le caractérisant : appui et traînée aéro, rapports de boîte de vitesses, courbe de puissance du moteur, géométrie de suspension, caractéristiques des pneumatiques, etc. La plupart de ces paramètres sont très difficiles à déterminer et nécessitent la coopération du constructeur du véhicule et de celle du manufacturier des pneumatiques, ce qui n’est jamais simple …
En comparant divers résultats de simulation avec divers essais sur piste il est ainsi possible d’affiner le modèle ; une fois que celui-ci est jugé satisfaisant, le logiciel de simulation peut enfin être utilisé pour évaluer l’influence de modifications et de réglages différents et ainsi définir un setup optimal avant d’envoyer la voiture sur la piste. Cela est particulièrement appréciable lorsque le temps sur piste est très limité. »
« Ce logiciel est encore évolutif » fait remarquer Steve Gerber, le responsable de la mesure embarquée de Trottet Racing. Il ajoute : « C’est motivant car son concepteur tient compte de nos commentaires d’utilisateur dans les modifications qu’il apporte à son produit. »
Un grand merci à François Trottet, Pierre-Alain Rechsteiner et Steve Gerber de nous avoir permis de voir en action ce programme.
Propos recueillis par Laurent Mercier


