Anciennement HEICO Motorsport, la structure allemande de Norbert Brückner a pris son indépendance en 2013 sous le nom de HTP Motorsport avec le succès que l’on connaît : 24 Heures de Spa pour Buhk/Schneider/Götz et titre Pilotes en Blancpain Endurance Series pour Maximilian Buhk. Peu convoitée à sa sortie, la Mercedes SLS AMG GT3 a été l’arme fatale en 2013, l’équipe allemande réussissant parfaitement à faire fonctionner la SLS. En parallèle, HTP Motorsport s’est assuré les couronnes FIA GT Series des classes Pro-Am et Gentlemen Trophy, après un titre FIA-GT3 en 2012 sous l’entité HEICO Gravity Charouz. (In English)
La saison 2014 du HTP Motorsport va débuter sous peu avec l’engagement d’une Mercedes aux 12 Heures de Bathurst pour Max Buhk, Thomas Jäger et Harold Primat. La suite passera par la présence de deux Mercedes SLS AMG GT3 en Blancpain GT Series (deux en Sprint et deux en Endurance). En complément, l’ADAC GT Masters pourrait faire partie du programme de même que les 24 Heures du Nürburgring. Côté pilotes, Harold Primat et Maximilian Buhk porteront cette saison les couleurs du team basé à Saarebruck.
Après l’Australie sous peu, HTP Motorsport étudie le dossier américain pour la deuxième partie de saison avec une Mercedes qui pourrait débuter au Petit Le Mans pour la finale du Tudor United SportsCar Championship. A plus long terme et selon la décision du constructeur allemand, HTP Motorsport se verrait bien débuter au Mans avec une GT que l’on qualifiera de GT3+ en fonction de la future réglementation GT.
Avant de partir pour Bathurst, Renaud Dufour, directeur technique de HTP Motorsport, a fait le point avec nous sur la saison à venir mais aussi sur les projets du team allemand.
Pourquoi avoir décidé d’aller disputer les 12 Heures de Bathurst ?
« C’est une idée qui nous trottait dans la tête. Harold est arrivé dans l’échiquier et nous avons décidé de franchir le pas. L’équipe a bien conscience que le challenge est élevé. Nous ne jouerons pas sur nos terres sachant qu’il y a de très bonnes équipes en face, dont Erebus. Phoenix Racing a aussi un très bon équipage et une bonne connaissance de l’épreuve. C’est un circuit compliqué qui demande un certain apprentissage. HTP Motorsport se rend en Australie plein d’humilité. Les pilotes se sont entraînés sur un simulateur et l’équipe a bien préparé cette course si atypique. »
Il est prévu que la Mercedes évolue quelque peu pour cette saison 2014 ?
« La réglementation étant gelée, il est impossible de faire de grosses modifications. Seules quelques ajustements seront apportés, notamment au niveau de la courroie d’accessoire. Il n’y aura rien de visible sur les autos. C’est juste une question de finition. La SLS est de toute façon bien aboutie. »
Au début de sa carrière, la SLS n’a pas vraiment séduit les équipes et pilotes. La saison 2013 a certainement changé les choses. Comment expliquer cela ?
« Comme quoi il ne faut jamais dire jamais… (rires) La Mercedes SLS AMG GT3 est depuis ses débuts une bonne auto. Elle s’était bien comportée en FIA-GT3 en tournant dans des chronos quasiment similaires aux GT1. Dès sa sortie, elle a prouvé sa compétitivité. En Blancpain Endurance Series, l’auto était performance mais peut-être sous exploitée. Son gros avantage reste sa fiabilité. C’est ce qui fait la différence. Il ne faut pas oublier que c’est une GT3 qui aime bien les grands circuits comme Spa ou le Nürburgring. C’est plus compliqué sur des tracés comme Navarra ou Baku.
« On a pu voir qu’à Dubai, la course s’est jouée à pas grand-chose. Au Nürburgring, le climat a joué en notre faveur (ndlr : Renaud officiait sur la SLS victorieuse dans l’Eifel), à Spa nous étions dans le coup sans archi dominer. Beaucoup d’autos étaient capables de l’emporter. On l’a moins été en FIA GT Series avec des Audi qui se sont montrées plus rapides. Sur l’ensemble, on ne peut pas dire qu’il y a eu une suprématie de l’auto. Il ne serait pas étonnant qu’elle connaisse à nouveau une bonne saison. Ce n’est pas une voiture facile à comprendre si bien que les équipes doivent travailler minutieusement pour la faire fonctionner correctement. »
Le prochain défi sera les Etats-Unis avec une Mercedes en Tudor United SportsCar Championship dans la catégorie GT Daytona ?
« Le team y réfléchit. Pourquoi pas en fin d’année, par exemple pour le Petit Le Mans. La réglementation américaine est différente, ce qui oblige à sortir un kit spécifique. Il faut ôter l’ABS, le traction control, changer l’aileron, comprendre de nouveaux pneus et modifier le réservoir. Il faut pouvoir amortir le coût de développement d’un kit. Il y a donc deux solutions : soit Mercedes développe un kit, soit nous le développons nous-mêmes. Il y a une volonté d’y aller mais il faut du temps pour tout préparer et nous sommes déjà bien occupés. La décision était sage de ne pas avoir débuté dès Daytona. Il faut attendre un peu de voir ce que va donner la réglementation mais nous avons des clients intéressés. »
HTP souhaite s’internationaliser de plus en plus ?
« C’est une volonté de l’équipe que d’explorer de nouveaux territoires. Nous voulons confirmer nos bons résultats cette année en permettant à nos clients de rouler. Il ne faut pas s’endormir sur ses lauriers. »
Le futur passera par Mercedes ?
« Il y a une vraie relation avec Mercedes et elle sera dure à rompre. HTP est dans la famille Mercedes et rien ne suggère de changer. Ce n’est un secret pour personne que Mercedes a l’intention de sortir une nouvelle auto du fait de la nouvelle réglementation GT. Je ne suis pas au cœur des secrets mais cela a du sens. A l’avenir, un constructeur pourra proposer une GT3 qui pourra rouler dans ce qu’on pourrait appeler du GT3+. »
Si tel devait être le cas, HTP pourrait être intéressé par les 24 Heures du Mans ?
« Qui ne souhaite pas aller au Mans ? Nous verrons lorsque la voiture sortira mais la question se pose sur le moyen terme. »
HTP Motorsport est venu se jauger en Championnat de France GT. Est-il prévu de rééditer cette année ?
« Non ce n’est pas prévu. Nous voulions valider des pilotes dont Lucas Stolz qui a donné entière satisfaction. Nous sommes satisfaits d’avoir roulé en France mais si on doit choisir un championnat national, il est plus logique d’aller en ADAC GT Masters. »
Et l’ELMS ?
« On y a pensé et on y réfléchit. Il y a trop de clashs avec les Blancpain GT Series. Pourquoi pas en fin de saison… »