Si la Ferrari 458 Italia #555 pilotée lors du dernier relais par Alessandro Pier Guidi a coupé la ligne d’arrivée des 24 Heures de Daytona en vainqueur de la catégorie GT Daytona, c’est l’Audi R8 LMS #45 du Flying Lizard Motorsports de Markus Winkelhock et ses compères qui ont raflé la mise et la montre Rolex, avant d’être rétrogradée quatre heures plus tard à la deuxième place au profit du team de Scott Tucker. La lutte dans le dernier tour entre l’Italien et l’Allemand n’avait pas été du goût du directeur de course qui avait infligé une pénalité de 20s à la Ferrari noire avant de faire machine arrière.
A l’annonce de la pénalité, le camp Audi a exulté en salle de presse avant de déchanter quelques heures plus tard. Fallait-il sanctionner Alessandro Pier Guidi alors qu’il n’y a eu aucun contact ? Les avis sont partagés et tout le monde y est allé de son commentaire (plus ou moins acerbe) sur Twitter.
Scot Elkins, en charge des règlements au sein de l’IMSA, s’est expliqué sur le sujet : « Notre règlement est très clair en ce qui concerne ce type de situation. Il y a une section dans le règlement qui mentionne un groupe de superviseurs officiels. Ces officiels sont nommés, et il est clair que lorsqu’une décision est prise par le directeur de course et que les officiels ont besoin d’un avis, le processus se met en place et c’est exactement ce qui s’est passé dans ce cas précis. »
La question que l’on est en droit de se poser, c’est pourquoi avoir attendu autant de temps pour rendre le verdict : « Le groupe de superviseurs officiels n’est pas toujours présent à la direction de course. C’est le directeur de course qui prend la première décision, et si quelque chose semble poser problème et qu’il faille d’autres avis, alors il faut réunir tout le monde pour étudier de près cette décision. C’est ce que nous avons fait. Dans le cas présent, la particularité est que ce fait s’est déroulé dans le dernier tour d’une course de 24 heures, et le directeur de course a fait exactement ce qu’il fallait faire. Il fallait prendre une décision avant la fin, et c’est ce qui a été fait. Le processus a fonctionné. Si vous me demandez si nous aurions pu faire les choses différemment, je ne le pense pas. Nous étudions le règlement. » Scott Atherton, Scot Elkins, Ed Bennett et les managers du championnat font partie des officiels.
« C’est un processus interne » poursuit Elkins. « Ce n’est pas une activité extérieure (ndlr : pas de plainte du team). Honnêtement, c’est le règlement qui dicte les choses et il est très clair sur le sujet des protestations. Comme il s’agit d’une procédure de course, ce n’est pas quelque chose qui est peut être soumis à protestation ou appel, et ce en aucune façon. Le but du groupe officiel de surveillance est de nous permettre d’avoir une révision interne faite par un officiel, et c’est de cette façon que le processus a fonctionné. »
Le règlement indique bien qu’il n’est pas nécessaire qu’il y ait contact pour recevoir une sanction : « Le règlement pour un contact évitable est tout à fait clair. C’est ce qu’on appelle un contact évitable, mais le contact n’est pas obligatoire pour invoquer la peine. Il a fallu examiner la décision prise par le directeur de course en regardant de près la situation. Désolé, mais je ne peux pas dire qu’il y ait eu contact. Nous sommes arrivés à la conclusion que c’était un incident de course, donc cela ne méritait pas de sanction. »
L’équipe Level 5 Motorsports a donc eu droit à sa photo dans la Victory Lane avec un petit nombre de photographes pour immortaliser la chose. Nelson Canache Jr, Markus Winkelhock, Spencer Pumpelly et Tim Pappas devront chacun remettre leur montre Rolex à Alessandro Pier Guidi, Bill Sweedler, Townsend Bell et Jeff Segal. A noter que Scott Tucker était aussi inscrit sur l’auto. Le Flying Lizard Motorsports se gardait le droit de communiquer sur cette affaire mais aucune information n’a encore été donnée.