Le Mans

Patrick Pilet : « Seule la première marche m’intéresse »

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Patrick Pilet faisait partie des nombreux rookies qui ont découvert les 24 Heures du Mans lors de l’édition 2009. Un statut que le pilote du Gers a vite surpassé pour se montrer parmi les plus rapides du GT2. Au volant de la Porsche 997 GT3-RSR du team IMSA Performance-Matmut, le podium était d’ailleurs envisageable avant que des problèmes de boîte n’en décident autrement. Comme depuis le début de la saison, la roue n’a pas tourné dans le bon sens. Mais Patrick n’en démord pas : ça va finir par passer !

 

Patrick, comment s’est passée ta découverte du Mans ?

« Top, forcément ! Je dois dire que je n’ai pas eu les meilleures conditions pour mes premiers pas sur le circuit. Des pneus « dur », sous la pluie, ce n’était pas le plus facile. J’ai fait seulement trois tours lancés avant de prendre le départ de l’épreuve puisque nous avons réglé l’auto en faisant des « out / in » pour ne pas trop taper dans la mécanique. D’une manière générale, c’est un superbe tracé, composé de tous types de virages. Au début, on en prend plein la tête ! Sur le sec, c’est plus facile, mais il faut quand même un temps d’adaptation. J’ai été à 100% une fois mon premier relais bouclé en course. Il y a du rapide, des gros freinages… et comme on roule en configuration « déchargée », il faut un peu de confiance. »

 

L’autre nouveauté, ce sont les à-cotés tels que le Pesage ou la Parade…

« Oui et c’est seulement quand tu as vécu ces deux événements que tu te rends véritablement compte de l’impact des 24 Heures du Mans. Dès la descente de la voiture, tu es assailli de fans qui veulent des autographes. C’est hallucinant ! Tout comme la parade d’ailleurs. Je n’ai pas eu l’habitude de voir cela, même aux USA où il y pourtant beaucoup de monde. C’est génial ! »

 

Concernant la course, la Porsche n°76 a pris un excellent départ, avant de connaître un problème de capteur de boîte à air ?

« Exact, même si cet ennui ne nous a pas coûté trop cher. Nous avons perdu cinq minutes, mais nous restions dans la course : nous étions à la troisième place et nous étions les plus rapides en piste. Après le premier tiers de l’épreuve, nous avons eu quelques soucis d’embrayage. Cela ne nous empêchait pas de rouler, mais il fallait faire le talon-pointe pour rétrograder et purger l’embrayage tous les deux ou trois ravitaillements. Malheureusement, ce problème a fini par abîmer la boîte. Le matin, on est venu me réveiller pour me dire qu’elle avait cassé… »

 

Du coup, quel était ton sentiment ?

« C’est une déception énorme, et ce d’autant plus que personne n’a commis d’erreur ! L’équipe a été parfaite, y compris dans la gestion des arrêts au stand. Les pilotes également ont fait un sans faute. Nous n’avons rien à nous reprocher et c’est peut être le plus dur ! La voiture était très compétitive : au moins au niveau des Ferrari, voire plus rapide. »

 

Mis à part ces problèmes mécaniques, tu as eu un seul souci en course, avec une Peugeot ?

« Effectivement. Je me suis fait « shooter » à l’arrière par une 908. Je voyais des phares se rapprocher à vive allure et j’ai compris que c’était un Diesel. Au moment d’aborder Mulsanne, j’ai donc ouvert la porte, mais Sébastien (Bourdais) m’a percuté. Sur le coup, j’ai été plutôt chanceux puisque je suis passé à quelques centièmes du mur, tout en évitant de rester bloqué dans le bac à graviers. Et sans embrayage, ce n’était pas si facile ! »

 

Il y a eu beaucoup de contacts entre les LMP1 et le reste du plateau. Quelle est ta vision en tant que pilote GT2 ?

« C’était du grand n’importe quoi ! En général, ça se passe plutôt bien, mais les pilotes Aston Martin, ça a été une horreur durant toute la course. Il y a toujours des pilotes avec qui tu as des problèmes, d’autres non. Un mec comme Jean-Christophe Boullion, tu n’auras jamais un souci avec lui. D’ailleurs, c’est souvent avec les plus rapides que tu n’as pas d’accrochage ! Je pense aussi que ceux qui ont une expérience du GT s’en sortent mieux. Comment expliquer ces contacts ? C’était une course sprint et personne ne voulait perdre la moindre seconde… »

 

A l’image du début de saison, IMSA Performance n’a pas été en réussite. Comment l’expliques-tu ?

« Je ne l’explique pas ! Nous n’avons pas de chance, voilà tout. Il faut trouver le chat noir et… Enfin, depuis Barcelone, nous sommes compétitifs, mais il y a toujours un petit truc qui n’a jamais cassé… qui casse ! Il nous manque pas grand chose. L’équipe fait du bon boulot et du coup c’est très frustrant comme situation. Je crois que je n’ai jamais eu une auto aussi bonne qu’au Mans. Elle était facile et constante, mais nous abandonnons. A Barcelone, en Le Mans Series, c’est une fusée de roue. En Open GT, à Portimao, c’est un pneu qui explose à plus de 250km/h ! Il  faut continuer à bien travailler et ça va finir par payer. »

 

A commencer par Spa ce week-end ?

« J’espère bien. J’espère commencer un nouveau cycle. Ces problèmes ne m’ont pas démotivé, loin de là. J’ai faim de victoires. J’ai eu des podiums, mais je n’ai pas gagné depuis un petit moment… et seule la première marche m’intéresse. Nous allons viser la première place et si possible nous relancer au championnat. »

 

Juillet va d’ailleurs être capital avec Donington en GT Open, les 24 Heures de Spa puis l’Algarve en Le Mans Series…

« C’est clair que si nous devons réussir un mois, c’est celui-ci ! Nous avons eu deux « zéro » à Portimao, donc nous devons rebondir en GT Open. C’est important pour la suite : tout le monde a besoin de résultats, le team, les partenaires et les pilotes. Nous allons prendre les courses les unes après les autres et nous ferons les comptes à la fin. En Le Mans Series, nous aurons l’avantage de déjà connaître le circuit, alors que plusieurs de nos adversaires le découvriront. Au classement, nous sommes dans une position délicate, donc là aussi nous allons prendre les manches comme elles viennent. Nous avons le potentiel pour faire de bons résultats. Et les équipes qui se battent peuvent perdre des plumes… A nous de tirer les marrons du feu ! »

 

Une dernière question, qui est elle aussi “capitale”, comment s’est déroulé le concours de golfe organisé au Mans la veille des 24 Heures ?

« (rire) Très bien ! J’ai accepté l’invitation à participer au Tournoi du Président et j’ai bien fait. C’était un bon moyen de décompresser. J’ai fait équipe avec le père de Julien Canal, mon ancien coéquipier chez Graff, Gérard Holtz et un joueur de golf pro. Face à des personnes comme Nigel Mansell, c’était vraiment très sympa, au calme. Cela m’a permis de faire un break avant la course et je referai certainement ça lors des prochaines éditions. D’ailleurs, nous avons plutôt bien joué : j’ai commencé dès le premier trou par un eagle (deux coups sous le par, sur un par 5) et nous avons terminé deuxièmes du tournoi ! Mais l’an prochain, j’échange le podium du golf contre celui du GT2 ! »

 

Nous remercions Patrick pour sa disponibilité et vous invitons à visiter son nouveau site web, www.patrickpilet.com. Une réalisation Sportsysteme du plus bel effet !

 

Propos recueillis par Anthony Megevand

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