Le Mans

Nicolas Perrin : “myTeam ne sera pas le petit poucet de la catégorie LM P1″

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 Suite au lancement de myTeam par Perrinn Limited où toutes les données de la MyLMP1 seront accessibles en temps réel, les réactions ont été nombreuses, la majorité étant positives. Chaque internaute pourra à loisir suivre la conception de l’auto en temps réel, tout comme les essais et les courses. De quoi fédérer un maximum de fans dans cette initiative qui se veut originale et osée. Dans une discipline où les constructeurs de pointe ne veulent pas se dévoiler, Nicolas Perrin et Perrinn Limited choisissent la voie opposée. On peut dire vulgairement que c’est « couillu ». Cette idée n’est pas un financement participatif puisque l’argent viendra bien des partenaires. (In English)

 L’ancien ingénieur Williams F1 est même prêt à aller plus loin. Les cigarettiers ne peuvent plus sponsoriser, les marques d’alcool non plus. Alors pourquoi ne pourrait-t-on pas voir une auto qui porte le nom du partenaire ? Red Bull n’est pas constructeur mais la boisson énergétique aligne bien une F1. Alors à quand une Apple LM P1, Google LM P1 ou Facebook LM P1 ? L’idée peut paraître dingue mais elle loin d’être bête, à une époque où il faut repenser le sponsoring en sport automobile. Ce qui n’est pas possible en GT l’est en LMP.

model31 N’y a-t-il pas une crainte de se faire voler les données qui seront divulguées sur Internet ?

 « Bien sûr, il y a eu une certaine crainte au lancement de l’idée mais elle s’est vite estompée. Je tiens au lien entre Perrinn Limited et le public. Copier les données sera tout à fait possible car le système en place sera bien du vrai open-source. Chacun pourra les enregistrer et les analyser. En retour, le public pourra envoyer des suggestions. On ne cherche pas de l’aide à proprement dite mais bien de faire intervenir le public. Les gens pourront donneur leurs avis sur la stratégie à adopter, l’aéro, le choix des pilotes et le design. On pourra par exemple demander aux gens de nous lister trois pilotes. Bien sûr, nous avons une idée de base sur les différents domaines. Perrinn Limited prendra les décisions finales. On peut comparer la chose à certaines émissions télévisées où le public vote, avant que les juges ne rendent le verdict. »

 Pour schématiser, si un milliardaire veut récupérer les données disponibles et construire sa propre LM P1, ce sera possible ?

 « (sourire). Sur le papier, la réponse est oui mais la qualité du projet reste entre nos mains. Nous restons les cerveaux du système. Il y aura tout de même certaines choses que l’on ne pourra pas mettre en partage comme les détails du moteur ou les pneumatiques. Nous pourrons diffuser que tout ce que Perrinn Limited a en propriété intellectuelle. Si une personne télécharge le fichier d’une pièce, rien ne lui empêchera de la construire. A nous de voir ce que l’on va proposer mais nous allons assez loin dans la diffusion. Je ne veux pas mentir aux gens. Ce sera un vrai système open-source. A titre d’exemple, le vrai tableau stratégique que nous aurons dans le stand sera visible par tout le monde en temps réel. Pour, schématiser, on pourra faire rouler l’auto en la téléchargeant. Cependant, nos aurons toujours une marche d’avance car nous aurons les développements en cours. »

Slide14 On peut assimiler cette initiative à du crowdfunding ?

 « Ce n’est pas du financement participatif car tout sera gratuit. Il n’est pas question de faire payer le moindre euro pour avoir accès aux données. Il est vrai qu’il faut que l’argent vienne de quelque part et les sponsors seront là pour cela. Il y aura des marques qui paieront. »

 En quoi les écoles et universités pourront aider ?

 « Pour nous, la partie école/université est très importante dans le projet. En école d’ingénieurs, on est à l’affût de ce genre d’initiative. On trouve la motivation sur la mise en pratique et pas sur la théorie. La règle sera la même avec eux. On ne veut pas organiser leur travail afin d’en bénéficier. C’est fascinant à voir et j’espère que cela va nous ouvrir des opportunités. »

Perrinn_09 Quand sera lancé le site Internet ?

 « Dès que le financement sera là, nous ouvrirons le site pour débuter la vraie interaction. On espère que ce sera opérationnel avant les prochaines 24 Heures du Mans. Nous sommes prêts à brancher ensemble tous les câbles. Actuellement, nous sommes dans la partie sponsoring. Cette initiative ne sera pas disponible qu’au Mans mais aussi en FIA WEC et lors des essais. Lors des essais privés, chacun pourra suivre la progression en écoutant notamment les conversations pilote/ingénieur. Les internautes connaîtront à l’avance le planning de fabrication et des essais. Il y aura une caméra au sein de l’atelier lors de la construction de myLMP1. Le Mans se prête bien à ce genre d’idée car la classique mancelle est le terrain de jeu de l’innovation. On pourra à l’avenir retrouver la même chose dans d’autres disciplines, et pourquoi pas en F1. Le modèle actuel ne fonctionne plus vraiment car les équipes veulent s’ouvrir sans s’ouvrir. »

 Gagner Le Mans reste l’objectif à terme ?

 « L’objectif est de gagner les 24 Heures du Mans dans les cinq prochaines années. »

 Mais comment lutter face aux constructeurs qui ont des moyens très importants ?

 « Nous aurons les mêmes moyens et je sais que l’on va y arriver. myTeam ne sera pas le petit poucet de la catégorie LM P1. Cette idée va permettre d’avoir le budget nécessaire. Nous sommes ouverts pour un partenariat avec un constructeur ou autre mais il n’est pas question de se faire racheter. Perrinn Limited veut rester maître du développement. »

Perrin On pourrait donc voir une marque autre qu’un constructeur comme nom de l’auto ?

 « Sans aucun doute ! On ne peut plus rien espérer des partenaires qui étaient présents il y a 20 ou 30 ans. Il faut donc chercher ailleurs, et du côté des produits de grande consommation. Red Bull a bien réussi en Formule 1. A titre d’exemple, Apple serait l’exemple parfait pour notre initiative. »

 Ce n’est un secret pour personne que Nicolas Perrin est assez proche de Henri Pescarolo depuis l’aventure écourtée AMR-One. De là à le voir rejoindre le projet, il y a tout de même un pas à franchir mais quand on sait qu’Henri a toujours été un farouche concurrent face aux constructeurs, on aimerait bien le voir rejoindre l’initiative de Perrinn Limited. On l’a dit, myTeam est osé mais comment ne pas adhérer au projet. Lorsque Nissan a voulu mettre des « gamers » aux 24 Heures du Mans, certains ont rigolé. Quand Michelin a voulu faire rouler une auto équipée de pneus d’une Citroën 2CV, certains n’y ont pas cru une seconde. La suite a prouvé que les sceptiques avaient tort…

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