« Quel bonheur ! Onze ans après avoir terminé pour la première fois dans le tiercé de tête des 24 Heures du Mans, en catégorie LMP1, j’ai regoûté à cette sensation en LMP2, avec la Lola du Speedy Racing/Team Sebah. Et l’émotion était d’autant plus grande que j’ai pu, cette fois, savourer les joies du podium avec Jonny Kane et Benjamin Leuenberger. En 1998, seuls les vainqueurs de catégorie avaient le droit de grimper sur le podium. Je dois dire que c’est carrément impressionnant. Etre face à toute cette foule, c’est quelque chose. C’est un sentiment très fort !
« Nous avons donc atteint notre objectif, celui de terminer parmi les trois premiers des 24 Heures du Mans en LMP2. Après les essais et une bonne partie de la course, nous nous serions d’ailleurs satisfaits d’une troisième place, mais c’est finalement la deuxième dont nous héritons. Certes, nous n’avons pas autant concurrencé les Porsche RS Spyder que nous le souhaitions, mais nous avons montré que nous étions la deuxième force, les meilleurs des « autres ».
« La semaine avait débuté par des essais libres perturbés par une météo très changeante. Nous n’avons pas trop roulé, histoire de ne pas prendre le moindre risque. D’autant que la pluie n’était pas annoncée pour la course. Nous nous sommes donc contentés de faire quelques boucles pour vérifier le bon comportement de l’auto, avant d’effectuer nos tours de nuit. Le lendemain, nous nous sommes concentrés sur la mise au point de la B08/80 avec beaucoup d’essence. L’équilibre était bon, et l’auto facile à conduire. C’est essentiel pour une épreuve comme Le Mans. Nous avons remis une seule fois un train de pneus et encore, à cause d’une crevaison lente ! Je signe, de nuit, le troisième chrono de la catégorie qui représentait notre valeur. Nous étions trop loin des Porsche pour espérer mieux et suffisamment devant nos autres adversaires.
« Nous avons suivi cette ligne de conduite durant le double tour d’horloge : faire notre course, dans un rythme soutenu, mais sans pour autant prendre de risque. Cette stratégie a été payante puisqu’au fil des heures nous avons creusé l’écart sur nos poursuivants. Nous avons connu une seule alerte, lorsqu’une Ferrari n’a pas respecter le drapeau bleu et m’a percuté en sortant des stands. Heureusement, elle m’a touché à un endroit relativement solide, mais nous avons tout de même dû intervenir à l’avant gauche et sur le fond plat.
« Le reste de la course a été plutôt « tranquille » si l’on peut dire. Il n’y a pas eu de pluie, ce qui limite le risque d’accident, et notre bon parcours nous a permis d’éviter d’avoir la pression de la part de nos concurrents. A partir du petit matin, nous avons donc commencé à gérer, en gardant une marge dans le trafic. Il me semble que nous sommes intervenu deux fois rapidement sur l’alternateur, mais je dormais la première fois et j’étais dans la voiture la seconde, et je n’ai pas eu de détails sur l’intervention ! Plus sérieusement, notre dernier passage par le box a été fait par mesure de sécurité : nous avons vérifié que tout était OK avant de finir la course.
« Au final, c’est mission accomplie pour Jonny, Benji, moi et l’ensemble du Speedy Racing/Team Sebah : deuxième marche du podium en LMP2 et drapeau à damiers pour la LMP1, qui a fait une très belle course avant d’avoir un problème de boîte. Nous avons battu tout le monde sauf Porsche. Nous pensions finir troisième, et puis la Porsche du Team Goh est sortie de la piste. Deuxième, c’était presque inespéré quelques minutes auparavant. Et en plus, c’est mon ami Manu Collard qui se gagne la catégorie. Quitte à me faire battre, autant que ce soit par Manu et une RS Spyder ! Outre le plaisir de terminer Le Mans à une telle position, c’est de bon augure pour la suite des Le Mans Series où ils n’y aura plus de Porsche ! Nous avons une grande soif de vaincre et nous voulons aller chercher ce titre. A bientôt ! »
Xavier Pompidou

