Le Mans

24H 2009 : Analyse de la course des LM P2.

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Longtemps pointées du doigt pour leur manque de fiabilité, les LMP2 avaient fait mentir leur réputation l’an dernier. En 2009, elles sont retombées dans leurs travers : si sept voitures de la catégorie avaient vu l’arrivée en 2008, elles ne sont que quatre à avoir bouclé le double tour d’horloge cette année. Avant d’être performant, il fallait donc finir et nombreux sont ceux qui n’ont pas rejoint le drapeau à damiers. Finalement, aucune marque n’a réussi à amener plus d’une auto à l’arrivée puisque les quatre LMP2 qui ont terminé l’épreuve sont différentes : une Porsche, une Lola, une Pescarolo et une Zytek. Il est à noter que le moteur est également différent pour chaque monture : Porsche, Judd, Mazda et Zytek. Parfait symbole d’une classe très diversifiée certes, mais également de protos qui, contrairement à ceux de la catégorie reine, ne tiennent pas forcément la distance.

 

Porsche maîtrise son sujet, mais…

 

Pour sa seule apparition avant les 24 Heures du Mans, la Porsche RS Spyder avait été malmenée à Spa-Francorchamps. La concurrence, Lola et Zytek en tête, espéraient donc faire chuter la RS Spyder pour la première fois en Europe. Il n’en sera rien. Malgré deux unités, face à quatre Lola et trois Zytek, la firme allemande a tenu le choc. Et à vrai dire, elle n’a guère été inquiétée : une Porsche a pointé en tête de la catégorie LMP2… 24 heures du 24 ! Et l’équipage vainqueur n’a pas occupé la première place à seulement deux reprises, lors des 5ème et 6ème heures. C’est dire si la prestation d’Emmanuel Collard, Casper Elgaard et Kristian Poulsen a été parfaite. Sur la totalité de l’épreuve, ils se sont contentés de rentrer au stand pour changer les pneus et faire le plein d’essence. Une seule fois, la n°31 a été rentrée dans son box : au petit matin, pour un changement de carrosserie arrière après un contact avec… l’autre RS Spyder ! Si critiqué à ses débuts pour son manque de fiabilité, le bolide germanique a, comme l’an dernier d’ailleurs, été un modèle de constance. Au niveau de la performance pure, elle était clairement au dessus du lot. Essex et Goh se partageaient la première ligne en ayant relégué leur plus proche adversaire à quatre secondes. Un gouffre. La compétitivité n’était pas la seule force de la Porsche, dont le moteur a été le moins gourmand. Et encore, les deux équipes soutenues par l’Usine ne bénéficiaient pas du V8 à injection directe !

 

Deuxième en 2008, le Team Essex tient sa victoire. Il est peu dire que Manu Collard et Casper Elgaard ont joué un grand rôle dans ce succès, les deux hommes assurant le gros du travail. Pour ses débuts dans la Sarthe, Kristian Poulsen a fait le service minimum : un simple relais samedi en début de soirée et un double le dimanche au petit matin. Le Danois aura eu le mérite de ne pas abîmer la voiture. Après tout, c’est ce qui lui était demandé. Ces deux compères ont été irréprochables : un ton en dessus des pilotes du Team Goh, tout en restant relativement sages. Essex a construit sa victoire au fur et à mesure que les heures ont passé, augmentant son avance continuellement.

 

Le NAVI Team Goh a longtemps cru goûter aux joies du podium. Si sa course a été moins calme que celle de la n°31, la Porsche n°5 a figuré sur le podium virtuel durant 22h44 ! C’est à un peu plus d’une heure de l’arrivée que tout a basculé, lorsque Seiji Ara, pourtant fin connaisseur du Mans, est sorti de la piste dans les Hunaudières. Le pilote japonais a perdu le contrôle de sa voiture sur de l’huile, pulvérisant sa monture dans le rail puis les pneus. Fort heureusement, il s’en est sorti sans dommage. L’auto, elle, a dû abandonner, Porsche ne pouvant rééditer son doublé de l’édition précédente. Le NAVI Team Goh avait certes dit au revoir à la victoire, mais la deuxième marche du podium lui était promise, malgré un première accident au Tertre Rouge durant la nuit, qui lui coûtait trois tours, puis un second incident au petit matin qui obligeait l’équipe à changer le crash box.  Pour son retour dans la Sarthe, Goh repartira donc avec des regrets. Mais espérons que les belles promesses affichées par son team lui donneront envie de revenir en 2010… avant un retour en LMP1 ?

 

Lola : Speedy/Sebah répond présent !

 

Cet accident, aussi malheureux soit-il, de la Porsche n°5, a profité au Speedy Racing/Team Sebah qui se classe finalement deuxième. L’équipe suisso-britannique n’avait pas caché ses ambitions : être le poil à gratter des RS Spyder et monter sur le podium. Elle a réussi son pari grâce à une excellente course. Lola peut d’ailleurs remercier les hommes d’Alexandre Pesci et Hugh Hayden, sans qui il n’y aurait pas eu de Lola à l’arrivée ! La B08/80 boucle ainsi pour la première fois une épreuve de 24 Heures, et de quelle manière.

 

Comme attendu, Speedy/Sebah s’est rapidement imposé comme la deuxième force derrière les Porsche. Dès les qualifications, la n°33 s’était positionnée en embuscade, certes avec un écart relativement important nous l’avons dit. Mais elle avait tout de même devancé le reste d’une meute aux dents longues. La course de Xavier Pompidou, Jonny Kane et Benjamin Leuenberger a été relativement « tranquille ». Le trio s’est calé sur un bon rythme : suffisamment élevé pour distancer les autres candidats au podium, mais suffisamment prudent pour éviter les problèmes. La stratégie a été payante, le coupé Lola n’ayant rencontré que peu de problèmes : une touchette avec une GT2 qui a nécessité une intervention à l’avant gauche et sur le fond plat puis un changement d’alternateur. Après le podium de Spa, Speedy/Sebah semble définitivement avoir réglé les problèmes de fiabilité qui l’ont perturbé depuis un peu plus d’un an. Voilà qui promet pour la suite de la saison, même si l’équipe ne pourra plus se confronter aux RS Spyder. Espérons qu’elle aura l’occasion de prendre sa revanche en 2010. D’ici là, Lola devra encore travailler pour combler l’écart qui sépare son coupé de la Porsche. La B08 a du potentiel, c’est un fait, mais elle doit progresser pour atteindre le plus haut. Et comme la concurrence se renforce, Lola ne peut pas se permettre de se reposer sur ses acquis. Quand au moteur, Judd devra à la fois améliorer la consommation et la puissance de son V8. Sur un circuit comme Le Mans, c’est un paramètre déterminant, Porsche l’a encore démontré.

 

Les autres Lola ont connu moins de réussite puisqu’elles ont toutes été contraintes à l’abandon. Sixième des qualifications, Racing Box avait incontestablement un bon à jouer. L’équipe italienne avait montré de belles choses lors des deux premières manches des Le Mans Series et elle avait fait l’effort de venir avec son meilleur équipage. Elle n’a malheureusement pas été récompensée. Bobbi/Biagi/Piccini ont connu un début d’épreuve un peu compliqué avec une première intervention sur la carrosserie qui a coûté cinq minutes, et ce avant même la fin de la deuxième heure. Compte tenu du niveau de la catégorie, cela compliquait déjà la tâche, la n°30 rétrogradant dans le classement. C’est en fait après un changement d’aileron arrière, juste avant le cap de quatrième heure, que Racing Box va véritablement montrer son niveau. Durant plusieurs heures, le trio transalpin va se tenir éloigné des problèmes, de quoi effectuer une belle remontée jusqu’au quatrième rang du LMP2 à la mi-course. Las, les choses vont se gâter de nouveau au lever du soleil. Après un premier passage par le bac à graviers à 4h33, Matteo Bobbi repartait à la faute dans la demi-heure suivante. Sa touchette avec le rail obligeait le team à une réparation du train arrière et de la direction. De quoi faire chuter la n°30 au delà du Top 5 en catégorie, avant que Andrea Piccini ne soit stoppé au petit matin, définitivement cette fois, suite à un problème moteur. Si l’abandon doit être synonyme de déception pour Racing Box, la prestation des Italiens a clairement tranché avec le fiasco de 2008. Nul doute que l’édition 2009 a été riche en enseignements pour l’écurie managée par Paola Pavan. Il faudra compter sur elle à l’avenir.

 

Du côté de RML, le résultat est le même, tout comme la cause de l’abandon d’ailleurs. Pourtant, le bilan est différent pour ce team qui a déjà connu les joies de la victoire dans la Sarthe. Après une saison 2008 difficile, les Britanniques avaient soif de revanche. Ils savaient toutefois que la partie était loin d’être gagnée avec un moteur Mazda qui a encore tout à prouver. Ce nouveau package n’avait pas connu une grande réussite à Barcelone et Spa : difficile d’aborder sereinement une épreuve de 24 heures lorsque l’on rencontre des problèmes sur des manches de 1000km ! Cela étant, RML s’en est bien sorti, avec tout d’abord une belle quatrième place sur la grille. Les premières heures ont également été conformes aux attentes de Ray Mallock, la n°25 restant en embuscade derrière la Lola Speedy/Sebah. Mike Newton, Tommy Erdos et Chris Dyson ont connu une première alerte après quatre heures de course, avec une fixation du volant. Rien de bien méchant, l’équipe retrouvant sa quatrième place lors du relais suivant. C’est durant la nuit que l’affaire a commencé à mal tourner, avec divers problèmes moteur, plus un ennui au niveau des faisceaux électriques. Ce n’était pas encore dramatique : compte tenu des pépins rencontrés par ses adversaires, RML restait quatrième. Malheureusement, alors que l’arrivée commençait à pointer à l’horizon, la matinée aura été fatale au MZ-R, le coupé anglais devant abandonner après que son moteur a rendu l’âme. Une prestation intéressante donc, mais RML peut-il s’en satisfaire après avoir été habitué à jouer les premiers rôles de la catégorie ? Pas si sûr, d’autant que d’autres clients Mazda ont fait mieux.

 

Kruse-Schiller Motorsport faisait justement partie de ces clients Mazda, mais l’équipe allemande a connu le même sort : abandon suite à un problème moteur (fuite d’huile pour être précis). La fin est presque plus cruelle pour ce team, puisque le verdict est tombé à un peu plus de deux heures de l’arrivée. Comme en 2008, la semaine n’avait pas bien débuté pour KSM, avec une violente sortie de piste à l’entrée de la chicane Dunlop. Dixième sur la grille, Hideki Noda, Jean de Pourtalès et Matthew Marsh ont en fait vécu un parcours semé d’embûches. Dès le départ, leur monture connaissait un problème moteur, avant un changement de turbo peu après le début de la première heure. Qu’importe pour la vénérable B05/46 qui tentait de poursuivre son chemin malgré un problème d’embrayage puis un changement de courroie d’alternateur, tout cela avant la fin de la quatrième heure ! La suite sera heureusement plus calme pour les hommes de Kai Kruse qui, certes relégués dans les profondeurs du classement, profitaient des abandons des autres pour pointer au sixième rang de la catégorie. Pas si mal finalement, l’objectif de KSM étant de rejoindre l’arrivée. L’équipe allemande espérait certainement toucher au but… avant de voir son bolide être victime d’un début d’incendie à seulement 1h13 du drapeau à damiers. Et si Hideki Noda parvenait à rejoindre le box, le MZ-R était bien trop endommagé pour poursuivre l’aventure…

 

Pescarolo-Mazda : Un podium surprise pour OAK Racing !

 

RML et KSM contraints à l’abandon, pour Mazda la lumière est venue du OAK Racing. L’équipe de Jacques Nicolet aime décidément créer la surprise. L’an dernier déjà, on ne s’attendait pas à avoir le team nivernais à pareille fête, Ragues/Lahaye/Cheng se hissant sur le podium aux côtés de deux RS Spyder. Cette saison, le combat semblait encore plus déséquilibré. Si la Pescarolo possède une nouvelle aéro, les composantes du package étaient relativement nouvelles : nouveau moteur, le Mazda, et nouveaux pneus, les Dunlop. Dans ces conditions, la 77e édition s’apparentait davantage comme un apprentissage pour l’année à venir. Et bien bon nombre de structures se seraient contentées d’un tel apprentissage, bien qu’il ait été tout sauf facile !

 

Sur le papier, la n°35 faisait figure de voiture de pointe avec un trio composé de Matthieu Lahaye, Karim Ajlani et Guillaume Moreau. Les trois hommes ont réussi à pointer dans le quinté de tête en début de course grâce à un bon départ. Ils sont toutefois rapidement rentrés dans le rang, après une première alerte moteur en début de soirée, puis un changement de capot arrière. La suite a été plus positive, le trio remontant dans la hiérarchie grâce à une course sage et efficace. Le rythme était d’ailleurs relativement soutenu, au moins aussi bon que celui de RML ou Barazi-Epsilon. Malheureusement, et on a l’impression de radoter, ce sont de nouveau des problèmes au niveau du moteur qui ont ralenti la Pescarolo-Mazda. Une fuite d’huile au petit matin qui, après un changement de turbo, a conduit à un début d’incendie et finalement un moteur cassé après 17 heures de course.

 

C’est donc la n°24, celle des « anciens », qui a pris le relais. Jacques Nicolet, Richard Hein et Jean-François Yvon ont mené leur barque en toute discrétion. Avec sagesse, ils ont roulé à leur rythme, préservant une mécanique dont la fiabilité n’est pas la qualité première. Ainsi, jusqu’à 4h du matin, aucune alerte n’est venu perturber le parcours des trois gentlemen-drivers. C’est tout d’abord un changement de bougies qui a ralenti la Pescarolo-Mazda. Mais c’est surtout dimanche, en début d’après-midi, que la n°24 s’est fait très peur. Suite à une fuite d’huile sur le moteur Mazda (encore !), la voiture laissait échapper une inquiétante fumée alors que Nicolet/Hein/Yvon venaient de s’emparer de la troisième place suite à l’accident de la Porsche du Team Goh. Heureusement, la mécanique tiendra bon ! Un résultat inespéré pour cet équipage, dont la passion est récompensée, et, quelque part, pour la Pescarolo-Mazda. Car si la nouvelle aéro a permis au OAK Racing de faire un pas en avant, l’auto n’a pas encore le niveau de performance de ses rivales. Quant au moteur, on l’a vu, il a connu de nombreux problèmes. Mais pour la première fois, le MZ-R a vu l’arrivée. De quoi enregistrer un maximum d’informations pour la suite du programme. De quoi donner encore un peu plus de motivation à la firme nippone. Mais le podium ne doit pas masquer un certain nombre de progrès à faire d’ici 2010 : la fiabilité bien sûr, la performance aussi.

 

Ginetta-Zytek : La déception !

 

De tout temps, les Zytek ont été performantes. Désormais associé à Ginetta, le constructeur britannique l’a une nouvelle démontré en début de saison, la 09S LMP2 se montrant particulièrement compétitive. C’est donc avec une étiquette de sérieux outsider collée au pare-choc que les Ginetta-Zytek débarquaient au Mans. Force est de constater que les trois voitures engagées ont déçu, une seule d’entre elles ralliant l’arrivée. Si la performance pure n’est pas à remettre en question, il en est tout autre de la fiabilité.

 

Parmi les représentants de Ginetta-Zytek, Quifel-ASM Team était attendu. Quatrième en 2008, deuxième des 1000km de Barcelona en début de saison, l’équipe portugaise avait confirmé son potentiel lors des essais libres, avec le troisième temps, puis lors des qualifications, avec le cinquième chrono. Malheureusement l’aventure a vite tourné court : dès les premières boucles, Guy Smith rencontrait des problèmes de coupure moteur, ce qui l’obligeait à un premier pit-stop. Les freins montraient ensuite quelques signes de fatigue, avant de causer la perte de la n°40 lorsque Miguel Amaral en prit le volant. Après un premier tour droit à Arnage, sans conséquence, le gentlemen-driver lusitanos sortait de la piste à la première chicane des Hunaudières. Les freins ne répondaient plus, tout simplement ! Et s’il parvenait à rejoindre son box, la voiture était bien trop abîmée pour poursuivre sa route, Olivier Pla n’ayant pas même l’occasion de s’installer dans le baquet. Pour Quifel-ASM, il ne reste plus qu’un objectif : prendre sa revanche en Le Mans Series !

 

Après avoir perdu sa meilleure cartouche, Zytek s’en remettait au G.A.C. Racing. Après un premier relais de Claude-Yves Gosselin, Philipp Peter mettait définitivement la n°41 sur les bons rails. Après le triple relais de l’Autrichien, GAC s’était installé à la cinquième position. Karim Ojjeh poursuivait le travail entamé par ses coéquipiers et tout semblait bien se passer pour les trois hommes. Le sans-faute se poursuivait jusqu’à la fin du premier quart, avant un changement de volant qui marquait le début des ennuis. S’en suivait un problème d’échappement, puis finalement une casse moteur qui marquait la fin prématurée de la course pour Gosselin/Ojjeh/Peter. Dommage pour cette équipe dont la régularité aurait pu faire mouche sur le double tour d‘horloge sarthois.

 

Tous les espoirs de Zytek reposaient donc sur Barazi-Epsilon, l’invité de dernière minute. L’équipe de Michel Lecomte avait opté pour une course d’attente. Une stratégie qui aurait pu être payante. Barazi/Bennett/Moseley montaient en puissance durant le premier quart pour s’installer tranquillement à la sixième position. Malheureusement, le premier problème coûtera très cher : un changement de pédale d’accélérateur qui nécessitait un démontage complet de la face avant. 50 minutes de perdues dans l’opération pour la 07S n°32 ! Et comme l’équipe due par la suite changer de batterie, au petit matin, puis d’échappement, en fin de matinée, le podium n’était plus atteignable. Après avoir manqué la première course de la saison et avoir été repêché dans les derniers instants, Barazi-Epsilon se contentera certainement de voir l’arrivée. Mais à l’image du contingent Zytek, cette écurie a le potentiel pour faire mieux. Pour peu que la chance lui sourisse. Plus généralement, Zytek devra revoir sa copie. Le châssis de la 09S est excellent, et ce d’autant plus qu’il n’est pas gourmand en pneumatiques. Quant au moteur, il pèche encore en puissance et en consommation. Mais surtout, le package doit gagner en fiabilité pour s’illustrer sur des courses de longue haleine.

 

Radical : Le cauchemar des Bru&Bru…

 

Pour leurs retrouvailles, Pierre Bruneau et Marc Rostan espéraient bien rallier l’arrivée, le second nommé affichant même des ambitions plus élevées. Associés à Tim Greaves, les deux hommes étaient toutefois contraints à une course d’attente avec une Radical dont la performance pure ne peut plus rivaliser avec les Porsche, Lola et autres Zytek. Les trois hommes suivaient leur ligne de conduite lorsque l’Aston Martin 009 venait percuter la SR9 pour l’envoyer violemment dans le mur. Certes, Stuart Hall allait être exclu pour son mauvais geste, mais il n’empêche qu’il avait ruiné la course de la n°26. Et encore, l’on pouvait s’estimer heureux de voir Tim Greaves ressortir de l’accident sans bobo. Quant à la Radical, elle parvenait miraculeusement à rejoindre les stands. Après plus de 2h30 de réparations (cela n’aurait-il pas mérité le prix ESCRA ?), la SR9 revenait en piste. Sans surprise, les ennuis allaient s’accumuler : direction assistée, suspension, problèmes électroniques, avant que le moteur ne mette fin au mauvais rêve des Bru&Bru…

 

Accidents ou problèmes de fiabilité, les LMP2 n’ont pas vécu une course facile. Le premier élément peut s’expliquer par le fait que ces protos sont désormais tellement lestés qu’ils ne parviennent plus à dépasser les GT aussi facilement qu’auparavant. Voilà qui ne facile pas les choses. On notera également la présence de nombreux rookies lors de cette 77e édition, ainsi que celle de pilotes se croyant un peu trop seul sur le tracé sarthois. Quant au second paramètre, l’arrivée de nouveaux packages n’est certainement pas étrangère aux ennuis mécaniques rencontrés par bon nombre de concurrents.

 

Quoi qu’il en soit, Porsche et le Team Essex ont su éviter les embûches. L’équipe a pu se reposer sur l’expérience acquise en 2008, mais également sur deux pilotes rapides et expérimentés. Dans une course comme Le Mans, la présence d’un certain Emmanuel Collard est toujours un précieux atout, surtout lorsqu’on la cumule avec celle de Casper Elgaard. Et la RS Spyder conserve un triple avantage : rapidité, fiabilité et consommation. Même s’il n’a pas bénéficié d’un gros développement durant l’hiver, le bolide sorti de Weissach est toujours aussi redoutable. Lola comme Zytek, sans oublier le tandem Pescarolo-Mazda, ont pu mesurer le chemin qui leur reste à parcourir…

 

Anthony Megevand

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