A l’occasion des 24 Heures du Mans 2009, Pierre Bruneau retrouve son fidèle compère, Marc Rostan. La voiture a changé, la Radical succédant à la Pilbeam, tout comme la bannière, PIR Compétition laissant place à Bruichladdish/Bruneau, mais les deux amis font toujours la paire.
Pierre, nous évoquons souvent le tandem que tu formes avec Marc Rostan, mais finalement à quand remonte-t-il ?
« Nous avons fait notre première course ensemble en 1999, à Barcelone. Nous nous étions connu en 1993, chez Malti. Marc roulait en F3 et moi en Formule Renault. En 1999, j’ai insisté pour qu’il roule avec moi sur la Debora. Je l’avais piloté aux 24 Heures du Mans 1998, avant de la racheté. Ensemble, nous avons gagné notre première course, en ISRS. Cette même année, Marc avait roulé avec moi à Brno, et nous nous étions de nouveau imposés. Depuis, l’histoire se poursuit : cela fait dix ans ! »
Quel était votre objectif à l’origine ?
« Le but était clair : participer à la plus grande course du monde, les 24 Heures du Mans. Nous sommes partis de rien et, avec nos moyens raisonnables, nous avons réussi. Pourtant, il y a des années où ce n’a pas été facile, mais nous avons montré qu’une petite équipe pouvait encore réaliser ce rêve. D’ailleurs, durant toutes nos campagnes, nous avons conservé l’équipe technique de Malti. Aujourd’hui encore, il y a trois personnes au sein des « Bru&Bru ». »
Comment s’explique une collaboration aussi longue ?
« Je crois qu’on a tout simplement la même vision de la course. Nous essayons de faire les choses de la manière la plus professionnelle qui soit, toujours avec nos moyens et… (Marc Rostan arrive). Marc, pourquoi on s’entend bien depuis dix ans ? »
« Nous avons des valeurs identiques… et un tempérament opposé ! Nous sommes complémentaires. Nous avons les mêmes fondamentaux : l’intégrité, l’honnêteté. Ce sont deux valeurs qui ne sont pas forcément faciles à trouver. On fait ce qu’on dit : parfois, nous avons fait des sacrifices, mais sans regretter nos choix. En quelque sorte, nous avons mis en place les méthodes que nous appliquons dans notre vie professionnelle. »
Pierre reprend la parole : « Nous avons une motivation de fond. Nous avons construit notre histoire, une seconde vie. C’est presque une vie parallèle que nous menons ! Cette motivation, plusieurs partenaires nous ont dit qu’elle était hors du commun chez PIR Compétition. J’en suis particulièrement fier. Compte-tenu du contexte économique, il fallait s’associer pour continuer à vivre et je pense que cette entente entre Bruichladdish et Bruneau a été bien accueillie. »
Pour revenir à la course, le début de saison de la Radical avait été plutôt bon à Barcelone. Quel regard portes-tu sur Spa ?
« On vit mal notre disqualification, mais je préfère m’abstenir dans parler pour l’instant (La Radical a été disqualifiée à cause de l’absence du grillage situé à l’arrière de la voiture). Sur la piste, nous avons terminé 6e, ce qui est plutôt bien. J’ai été un peu poussé par une Aston Martin, ce qui nous a obligé à changer de splitter. »
(Pierre s’absentant pour mouler son baquet, c’est Marc qui prend le relais) : « Voir la Radical deux fois à l’arrivée en deux courses, c’est un point positif. Cela confirme tout le bien que je pensais de l’équipe. Le team a beaucoup travaillé pour fiabiliser le package, pour se perfectionner. Cela porte ses fruits puisque sans disqualification de Spa, la voiture serait bien placé au championnat. »
L’objectif sera de rallier l’arrivée ?
« Non, de viser le podium ! Je ne suis pas au Mans pour voir le drapeau à damiers. J’ai déjà vécu cela, donc j’essaye d’obtenir plus. En étant constant et en évitant les embûches, nous pouvons faire mieux que la 6e place de l’an dernier. C’est vrai que la concurrence est rude, mais il y a moyen de faire de belles choses ! »
Propos recueillis par Anthony Megevand