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Debriefing personnel de l’année 2013 le temps d’un vol entre Doha et Paris

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6h50 ! Le temps d’un vol entre Doha et Paris pour écrire le debriefing d’une saison 2013 qui nous aura emmené sur 33 meetings autour du globe. Si ça ce n’est pas ce que l’on appelle de l’endurance… 33 destinations, 3 continents, 14 pays et 14 vols en seulement un mois. Qui a dit que le sport automobile n’était plus à l’ordre du jour ? Dire que dans deux semaines il faut déjà repartir vers les Emirats Arabes Unis pour les 24 Heures de Dubai. Avant cela, il est temps de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur et d’analyser le cru 2013.

 Entre FIA WEC, Blancpain Endurance Series, American Le Mans Series, FIA GT Series, British GT, SUPER GT, European Le Mans Series, Grand-Am, VdeV Endurance Series, 24 Heures du Mans, 24 Heures de Dubai, 24 Heures de Spa, 24 Heures de Daytona, 12 Heures d’Abu Dhabi, International GT Open, Championnat de France GT, Porsche Carrera Cup France ou encore Asian Le Mans Series, cette saison écoulée a été pour le moins remplie et celle qui arrive s’annonce aussi animée. Peut-être pas de quoi prendre des parts chez Air France sachant tout de même que Qatar Airways a déjà gagné une valise et tout son contenu (transit Doha/Bahrain). Avec tous ces déplacements, on en oublierait presque de payer ses impôts en France et un petit abattement pour le temps passé à l’étranger serait le bienvenu.

MOTORSPORT : FIA WEC WORLD ENDURANCE CHAMPIONSHIP 6 HOURS OF BAHRAIN ROUND 8 11/28-30/2013Par les temps qui courent, voir autant de grilles garnies relève de l’exploit. Ne nous voilons pas la face, la situation économique est toujours guère florissante et chaque promoteur doit se battre comme un beau diable pour faire le plein, les équipes sont elles aussi sur la défensive tout comme les pilotes qui doivent se démener pour faire rentrer les budgets. Il est loin le temps du sponsor plaisir. Rouler en sport automobile demande des efforts et les gentlemen drivers font vivre le barnum car les constructeurs ne suffisent pas à tourner la maison. Ces gentlemen, aussi fortunés soit-t-ils, doivent être choyés pour poursuivre l’aventure. Certes, tous n’ont pas un niveau de pilotage identique et il convient de ne pas tout accepter, mais sans eux on ferme le rideau. Ce qui est valable en Europe l’est aussi aux Etats-Unis. La seule exception reste le Japon et le SUPER GT. Pas un seul pilote du GT500 ne doit prendre son bâton de pèlerin pour aller chercher de quoi courir. Mieux que cela, il est payé pour exercer son métier. De l’autre côté de la planète, ils sont de plus en plus rares à revendiquer un salaire décent pour travailler.

SGT_Motegi_2013-1941 Malgré tout, l’Endurance vit tout de même de beaux jours et on espère n’en être qu’au début. Les mentalités changent. Il y a encore quelques années, la discipline était très peu prisée par les pilotes venant de la Formule 1. Il est bien loin le temps de la maison de retraite. Les filières monoplaces étant de plus en plus bouchées, l’Endurance a le vent en poupe du côté de la jeunesse. Une voie de garage ? Rien n’est moins sûr…  Oui la Formule 1 a toujours l’avantage face à l’Endurance mais y aura-t-il une comparaison un jour ? Bernie voulait attirer Porsche, Audi et Toyota, mais pour le moment le grand argentier en est pour ses frais. Il est dans quelle discipline le challenge technologique ? On ne pourra de toute façon pas capter un auditoire sur des courses de six heures comme on peut le faire sur un GP de deux. La F1 reste la F1 et l’Endurance l’Endurance.

img_4041 Pour en avoir discuté il y a peu autour d’un repas avec Frédéric-Henry Biabaud à Sepang, il faut améliorer la compréhension de l’Endurance. Faut-il pour autant écrire un livre « L’Endurance pour les Nuls » ? Il est vrai qu’il ne faut pas sortir de discothèque à quatre heures du matin après plusieurs verres pour expliquer à un néophyte les bases de l’Endurance. Un exemple tout simple qui remonte à début 2012 lors des essais ORECA d’avant-saison organisés au Paul Ricard où l’attaché de presse du constructeur varois a dû s’employer comme un beau diable pour expliquer à sa nouvelle recrue le principe de la Formula Le Mans. Comment lui faire comprendre que la Formula Le Mans s’appelle Formula Le Mans mais qu’elle ne roule pas au Mans tout en prenant part à la Journée Test ? Que l’auto s’appelle en réalité ORECA-FLM09, qu’aux Etats-Unis il faut dire pour ce même prototype LMPC, que le champion ELMS en FLM peut gagner une invitation au Mans en LMP2. Donc il faut lui expliquer ce qu’est une LMP2. Il aura bien fallu deux bonnes heures et trois feuilles de notes pour ingurgiter le tout. J’ai aussi en mémoire un déplacement sur une manche FIA-GT avec ma copine de l’époque. Allez lui faire comprendre qu’une Aston Martin pouvait rouler en GT1, GT2, GT3 et GT4, sans que son look évolue pour quelqu’un qui ne demandait qu’à découvrir. Alors chérie, tu as DBR9, DBRS9, Vantage et Vantage GT4. Allez on y rajoute aussi N24. On pourrait prendre la même chose pour les catégories : LM P1, LM P1-H, LM P1-L, LM P2, CN, LM P3, GTE-Pro, GTE-Am, GT3, GTC, Super GT, GTS, GT500, GT300, P, GT LM, GTD, Pro-Cup, DP, PC, Pro-Am Cup, GTX, A6, Gentlemen Trophy, etc… Finalement, on va réfléchir à l’écriture d’un ouvrage pour expliquer clairement les choses.

hi_221_351320089 Au final, les gens se préoccupent peu des catégories ou des modèles. Ils veulent voir de belles courses, de belles bagarres et de belles autos. Le FIA WEC est dans une spirale ascendante à l’aube de sa troisième saison, la Blancpain Endurance Series reste le plus gros succès de ces dernières années, l’European Le Mans Series est en mode renaissance, l’Asian Le Mans Series ne demande qu’à se développer, le Tudor United SportsCar Championship promet de belles choses malgré quelques incertitudes, le VdeV Endurance Series plaît de plus en plus. En deux mots, il y en a pour tout le monde et les équipes n’ont que l’embarras du choix pour amortir leurs montures. Il subsiste toutefois le problème des calendriers à gérer, ce qui n’est pas une mince affaire. Quand on sait qu’une GT3 coûte à l’achat environ 350 000 euros et qu’une GTE peut arriver au million, il faut plus qu’une paire de chaussures au pied du sapin de Noël pour espérer trouver les deniers nécessaires.

MOTORSPORT : EUROPEAN LE MANS SERIES - ROUND 4 - HUNGARORING - 09/12-14/2013 La mode actuelle est au « rebranding ». On voit cela avec Alpine, Caterham, Morgan, Lotus et Ligier. Faut-il en déduire qu’il y a tromperie sur la marchandise ? Il faut vivre avec son temps et le plus gros coup de l’année a certainement été Alpine. La A450 n’est qu’une ORECA 03 rebadgée. Combien de fois a-t-on vu la belle bleue à la télévision ou dans la presse non spécialisée ? Philippe Sinault, Bernard Ollivier et Carlos Tavares ont eu du flair et on ne peut que les féliciter. Vous aurez remarqué que personne n’a trouvé à redire qu’une Caterham porte le nom de la marque britannique pour une seule et unique course alors que les critiques ont fusé sur la sortie de la Pescarolo 03 Coupé qui n’a de Pescarolo que le nom. C’est bien connu dans le monde entier que le Français est râleur. On nous l’a d’ailleurs fait remarquer cette année à plusieurs reprises. J’ai encore en mémoire les propos d’une tête bien connue de la planète Endurance me dire avec un large sourire : « vous Français, vous ne savez pas la chance que vous avez d’avoir la plus grande course au monde. Votre Equipe de France de Football est bien loin derrière. » Là on ne peut pas lui donner tort. On ne peut pas dire que la France soit au top en matière de football mais elle l’est en termes de pilotes d’endurance.

Comment revenir sur 2013 sans évoquer les trop nombreux accidents tragiques vus sur les circuits. On espère bien ne plus revivre les drames qui ont secoué les sports mécaniques qui deviennent pourtant de plus en plus sécuritaire. Sécurité active et sécurité passive doivent être mis sur le devant même si le risque zéro n’existe pas.

J5-JulieSueur_LM2013_start_02 Pour nous, les grands moments de la saison écoulée sont nombreux et ces souvenirs ne l’ont pas été que sur la piste. L’un des grands moments est d’ailleurs en marge de la course avec l’interview d’Henri Pescarolo réalisée dans son bureau en plein mois de juin après nous avoir laissé les clés de l’atelier. On garde aussi un très grand souvenir du SUPER GT avec un championnat qui nous a mis une grande baffe. Voir des journalistes japonais venir nous féliciter à l’arrivée des 1000 km de Suzuka après la victoire de Mako-san uniquement parce qu’un Français avait fait le déplacement, restera comme un grand moment (ndlr : on passera sur l’épisode vélo par 40°C que seul Mako peut comprendre). Cette année, Endurance-Info a innové grâce au concours de SRO à l’occasion des 24 Heures de Spa : stand dédié, conférence GT3, live streaming. Les personnes présentes ont apprécié, nous aussi. On fera encore mieux en 2014. Que retenir des 24 Heures de Spa où on nous a permis de voir tous les rouages de l’organisation.

L9-IMG_6227Le déplacement à Bahrain restera aussi dans les mémoires. Les râleurs diront qu’il est inutile de rouler devant des tribunes vides. Allez rouler à Monza ou Barcelone, et on en reparlera. On nous a reproché de nous rendre à Bahrain ou Baku pour des questions de politique, sauf qu’on ne fait pas de politique mais bien du sport automobile. On ne va pas là-bas pour vanter les mérites d’un pays mais bien pour parler de la course. Quand on voit l’accueil reçu à Bahrain, on est impatient d’y revenir, ce qui est aussi le cas des équipes et pilotes. On sent l’organisation rôdée à la tâche au contraire de Baku où tout doit se mettre en place au fil du temps. On peut être certain que la piste ne sera pas arrosée en 2014 alors que la température est proche de 0°C. Là aussi, les moments ont été bons dans l’attente d’une hypothétique navette pour rejoindre la salle de presse ou quand une personne influente du pays a cru que Sébastien Loeb était pilote de F1. Que de retenir de l’Asian Le Mans Series à Sepang avec les frenchies d’Auto Hebdo, Michelin, Total ou l’ACO, le temps d’un diner improvisé au milieu de nulle part avec le team OAK Racing. Que retenir aussi du Winter Test de l’ALMS à Sebring où en arrivant sur le parking avec l’ami Eric Gilbert, on tombe sur une Mercedes immatriculée dans la Sarthe au beau milieu de la nuit ou bien encore les moments passés avec “PP” à chercher une connexion Internet dans les propriétés voisines de notre maison à Sebring au beau milieu de la nuit avec comme seul éclairage un iPhone (d’ailleurs on cherche toujours). Que retenir d’un Bruno Senna trouvant des chevaux on ne sait où sur une Opel Corsa de base en rentrant d’essais privés depuis Portimao. Que retenir d’une discussion avec Jesus Pareja et Luis-Perez-Sala à Barcelone sur leurs expériences passées. Que retenir d’un long entretien avec Carlos Tavares pour parler sport automobile. Que retenir d’une interview avec Romain Dumas et Manu Collard à Daytona où il a été impossible d’être sérieux plus de deux minutes. Que retenir de notre expérience chez Aotech où on a bien compris que n’était pas pilote qui veut. Pourtant c’est bien Vincent Vosse qui nous a demandé il y a peu de temps de venir essayer une Audi R8 LMS ultra alors que nous étions à Abu Dhabi. Vincent, il est pour quand le prochain roulage ?

 Le vol entre Doha et Paris est sur le point de se conclure tout comme notre saison. Nous allons rentrer dans une hibernation qui ne va durer que deux semaines avant de repartir vers Dubai puis Daytona, avec une possibilité de découvrir les 12 Heures de Bathurst, après une discussion avec Marco Cioci. Pour suivre l’actualité de l’Endurance, il faut être endurant. Un café et c’est reparti !

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