Entre Le Mans et l’Asie, il y a toujours eu une relation proche. Cela fait maintenant plusieurs décennies que des concurrents japonais prennent part à la classique mancelle où jusqu’alors seul Mazda est parvenu à s’imposer. Il manquait une série labellisée Le Mans sur le territoire asiatique. Après plusieurs essais infructueux, L’Asian Le Mans Series est maintenant bien réel et ironie du sort, c’est l’année où l’American Le Mans Series se referme qu’une autre série continentale badgée Le Mans voit le jour. Cap à l’Est pour l’ACO avec l’aide de Mark Thomas, promoteur du championnat. Si le début a été pour le moins calme avec seulement une poignée d’autos sur les premiers meetings, la confiance est de mise en cette fin 2013 avant d’attaquer une deuxième saison qui s’annonce mieux fournie en termes de quantité. La qualité des teams présents n’a rien à envier à ceux que l’on retrouve sur les autres continents et il ne reste plus qu’à fédérer et à expliquer ce qu’est l’Endurance sur un territoire encore vierge des courses longues. Le Japon connaît le SUPER GT mais pour les autres pays asiatiques, c’est un peu compliqué, les championnats n’ayant rien d’internationaux avec un championnat de tourisme par ici, de GT par là. En revanche, les coupes mono-marques connaissent un franc succès, aussi bien chez Porsche, Audi ou Lamborghini.
L’ACO n’est pas seul pour lancer son nouveau bébé puisque Michelin et Total ont eux aussi rejoint l’aventure. Pour ces deux entreprises françaises, le marché asiatique est important et il était indispensable d’être de la partie dès le début. OAK Racing a aussi joué le en alignant une auto afin de lancer la catégorie LM P2. Mark Thomas sait mieux que quiconque que l’Asian Le Mans Series n’aura pas 40 concurrents dès sa deuxième année. Malgré tout, la confiance est de mise pour celui qui a œuvré au lancement de la série : « Cela fait plusieurs années que l’ACO avait l’idée de mettre en place un championnat badgé Le Mans en Asie. Les 24 Heures du Mans représentent le must de ce que l’on peut avoir en sport automobile. Lorsque je suis allé au Mans pour la première fois, j’ai été bluffé par cette course et toute l’organisation qui peut y avoir autour. Les premières discussions avec l’ACO remontent à plusieurs années. Il a fallu du temps pour que tout se mette en place. Pour couronner le tout, la crise économique est arrivée, ce qui n’a pas arrangé les choses. Il a fallu partir de zéro même si on a déjà vu dans le passé des courses typées Le Mans dans le passé. »
L’Intercontinental Le Mans Cup avait permis de mettre un premier pas en Asie : « L’ACO a lancé l’ILMC en 2010 avec l’aide d’un promoteur local. Ensuite, le FIA WEC est arrivé et les discussions avec l’ACO se sont intensifiées pour créer ce nouveau championnat. J’ai rejoint l’équipe pour en assurer la promotion. Je connais bien le contient asiatique car je fête mes 20 ans de présence en Chine. Je me suis occupé de divers sports dans le passé comme le rugby ou la course à pied, mais aussi en tant que représentant de différentes marques. »
« En Asie, tous les endroits sont différents » poursuit Mark Thomas. « Il n’y a pas réellement d’histoire à raconter en sport automobile. Nous commençons de zéro, ce qui représente un challenge intéressant. L’Asian Le Mans Series se rend dans des pays différents, ce qui demande à chaque fois une remise en question. Il faut gérer l’organisation des meetings mais aussi la logistique. »
Malgré un début assez pauvre en nombre de concurrents, l’année 2014 qui se profile devrait être plus riche : « On ne peut pas nier qu’il nous a manqué des autos en début de saison. L’intérêt pour le championnat est grandissant et la perception des gens commence à changer. Notre objectif est d’avoir un plateau de 16 autos sur tous les meetings en 2014. On ne peut qu’être satisfaits de cette première saison car les retombées ont été bonnes. A l’issue de chaque course, un magazine de près d’une heure était diffusé sur les chaines de télévision. Pour 2014, nous planchons sur un live streaming. Il faut y aller étape par étape, développer la promotion pays par pays et s’appuyer sur les circuits comme on peut le faire à Fuji et Sepang. »
Si cette année les GT300 du championnat SUPER GT ont disputé une course commune avec les concurrents de l’Asian Le Mans Series, on change les règles en 2014 car c’est la série Le Mans qui se rendra à Fuji à la même date que le SUPER GT : « Nous avons discuté avec le promoteur du SUPER GT. Je pense que cela a du sens de travailler avec eux. La décision prise conjointement est la bonne. Cela permettra à un grand nombre de spectateurs de découvrir une nouvelle série en plus du FIA WEC qui se rend également sur le Fuji Speedway. »