Chroniques Pilotes

Manu Collard : "L’appétit vient en mangeant…"

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« Bonjour amis lecteurs d’Endurance-Info. Voilà un mois que je ne vous ai pas donné des nouvelles et j’en ai des choses à vous dire. C’est simple, le mois de mai a été superbe pour moi avec trois victoires et une troisième place en quatre courses ! Si l’on ajoute les 24 Heures de Daytona, je n’ai pas disputé une épreuve en 2009 sans qu’elle se termine par un podium. J’espère que ça va durer !

 

« Mai a débuté par le Tourist Trophy de Silverstone. Pour cette première manche du FIA-GT, Richerd (Westbrook) et moi avons regoûté aux joies de la victoire au volant de la Porsche de ProSpeed Compétition. Après les essais d’avant saison, nous ne savions pas trop à quoi nous attendre. Silverstone nous a donné un premier élément de réponse et force est de constater qu’il a été positif. Pourtant, les débuts n’ont pas été si faciles, avec le septième chrono des qualifications. En fait, avec le poids il est difficile de tirer son épingle du jeu sur un tour. Nous devons affronter des pilotes rapides, qui ont souvent moins de lest. C’est en course que nous arrivons à faire la différence, avec un duo plus homogène. Sur la piste, j’ai eu une chaude bataille avec la Ferrari de Vilander : il donnait des petits coups de freins pour casser le rythme, et au final il y a eu un petit contact après qu’il l’ait surpris en appuyant un peu trop fort. Cela n’a pas porté à conséquence et nous avons pu filer vers la victoire.

 

« Quinze jours après, c’est vers Adria que la caravane du FIA-GT s’était dirigée. Le déroulement du meeting a été similaire, avec le cinquième temps des qualifications… et la victoire au bout. L’explication est la même que pour Silverstone : le poids. La difficulté dans ce genre de situation, c’est d’éviter les accrochages au départ et ne pas être trop ralenti. Richard a parfaitement géré le départ puisqu’il s’est rapidement retrouvé second. Ensuite, l’équipe a fait d’excellents ravitaillements et tout s’est passé comme il le fallait. Notre bon début de saison s’explique par deux choses. D’un côté, le développement effectué par Porsche sur la RSR paye. Les évolutions apportées durant l’hiver nous font du bien. D’un autre côté, je suis reparti avec le même coéquipier et le même team. Cette continuité porte ses fruits : il n’y a pas eu de temps d’adaptation. Nous nous connaissons et nous travaillons mieux, plus vite. Prochaine étape à Oschersleben : la partie s’annonce compliquée puisque nous embarquerons 90kg. Sur un circuit où il est difficile de dépasser, ce n’est pas gagné d’autant que les Ferrari voudront sûrement se reprendre…

 

« Entre ces deux manches du FIA-GT, je disputais les 1000km de Spa avec la RS Spyder du Team Essex. Là aussi, le succès était au bout pour Casper Elgaard, Kristian Poulsen et moi. Les essais ont été compliqués avec beaucoup de drapeaux rouges et des conditions très changeantes. Avant le départ, je n’avais fait que cinq tours ! Au départ justement, je me suis retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment. J’ai dû prendre l’extérieur pour éviter le carambolage du premier virage et j’ai perdu deux places. Par la suite, nous avons eu une belle passe d’armes avec la Lola de Speedy/Sebah et la Zytek/ASM. Pour la petite histoire, je n’ai su qu’après le relais que Xavier (Pompidou) était dans la Lola. Ça nous a valu une bonne rigolade…

 

« Tout s’est joué dans la dernière heure, où Kristian a dû résister au retour de la Lola. J’étais assez stressé sur le muret, mais il a bien géré son affaire. Il a fait ce qu’il fallait, notamment en se montrant agressif dans le trafic. C’est bien car il ne connaissait pas très bien la voiture et n’a pas encore l’habitude du trafic. Ma troisième victoire consécutive était donc au bout du suspens. Ce début de saison tranche avec celui de l’an dernier et ça fait du bien d’enchaîner les succès. Cela donne un bon coup de boost pour les courses suivantes : l’appétit vient en mangeant comme on dit.

 

« Après la RSR en FIA-GT et la RS Spyder en Le Mans Series, c’est au volant de la GT3 Cup S que je participais aux 24 Heures du Nürburgring. Avec Richard (Lietz), Wolf (Henzler) et Dirk (Werner), nous étions dans le coup pour jouer la victoire. La première difficulté venait de notre réservoir, plus petit de 10 litres que la RSR, et de 30 litres que l’Audi R8 LMS ! Nous faisions donc un tour de moins et pour compenser cela il faut gagner trois secondes au tour. Autant dire qu’on ne chômait pas au volant ! La deuxième difficulté nous a définitivement éloigné de la première place : nous avons dû changer de cardan avant qu’il ne casse. Sur le moment, c’était un coup de massu. Mais on se console avec la troisième place sur une épreuve de 24 heures, ce qui est toujours agréable.

 

« La course a globalement été bonne. Mon départ a été plutôt bon et la bagarre avec les Audi était vraiment sympa. Une devant, une derrière : le moindre relâchement n’était pas permis ! Le niveau est monté d’un cran avec les R8. Plus généralement, le trafic était moins difficile puisqu’il y avait une bonne quarantaine de voitures en moins. Ce qui me surprend toujours aux 24 Heures du Nürburgring, c’est que les pilotes amateurs sont vraiment très disciplinés : ils regardent dans leurs rétros, ils mettent leur clignotant. En fait, ils mettent plus de bonne volonté que certains pilotes qui évoluent dans des championnats dits plus professionnels…

 

« Après la Nordschleife, j’ai eu droit à un peu de repos… et surtout beaucoup de sport histoire d’entretenir le physique avant Le Mans. Après un check up chez Porsche, direction la Sarthe lundi prochain. J’ai hâte que les essais débutent pour retrouver ce circuit si mythique. Avec Essex, nous aurons un seul objectif : la victoire. Notre trio étant peut être un peu moins homogène, nous devrons cravacher. Il faudra attaquer, probablement plus que l’équipage de l’autre RS Spyder. Comme l’écart semble un peu moins relevé avec la concurrence, on s’attend à une lutte de tous les instants. La fiabilité va être déterminante, c’est certain. Et il ne faudra pas faire la moindre erreur.

 

« Comme je vous l’ai dit, l’appétit vient en mangeant… et j’ai encore faim de victoire(s) ! »

 

Manu Collard

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