Alexandre Prémat a vécu un samedi contrasté : une excellente séance d’essais, avec le meilleur temps, avant d’être piégé par la météo lors des qualifications. Le tricolore n’en garde pas moins le sourire, surtout lorsqu’il s’agit de recevoir son diplôme de l’Audi Academy et de sortir une bonne blague en allemand. Entretien avec un des animateurs du DTM… et bientôt des 24 Heures du Mans.
Alex, peux-tu nous en dire plus sur ce diplôme ?
« Comme Katherine (Legge) et Oliver (Jarvis), j’ai fait un stage de deux semaines à Ingolstadt, à l’Audi Academy, pour apprendre l’allemand. Nous avons tous les trois reçu notre diplôme, le premier niveau. Et pour valider cela, je devais dire une phrase en allemand… »
Concernant la course, tu as vécu une journée contrastée…
« La journée en elle-même a été très positive au niveau de la performance pure. Aux essais libres, j’étais bien. En qualifs, j’étais dans les temps de Eki (Mattias Ekström)… Mais, une nouvelle fois, j’ai été malheureux.
« Quelques minutes avant la qualification, Audi a reçu une information comme quoi il n’y aurait pas de pluie. Nous avons donc changé de stratégie et nous nous sommes élancés deux minutes plus tard. Deux minutes de trop car il a commencé à pleuvoir. D’ailleurs, dans mon tour de sortie, j’étais trois secondes plus rapide dans chaque partiel, c’est dire si la piste a changé en un rien de temps… »
C’est presque paradoxal car une piste humide comme celle-ci semblait faite pour toi, non ?
« Exactement et les chronos réalisés quand il a plu le confirme : j’échoue à treize millième de Ekström, qui va ensuite décrocher la pole. C’est comme ça… Je garde le positif : je suis content du niveau de compétitivité affiché. »
D’ailleurs, les essais libres l’ont montré…
« Oui la séance a été positive. Nous n’avons pas trop roulé au début : nous avons rodé quelques trains et fait quelques entraînements aux pit-stop. Nous avons ensuite roulé avec des vieux pneus et nous avons trouvé une bonne balance rapidement. Je boucle le meilleur tour sans mettre les pneus neufs, donc c’était positif ! »
Le format a évolué depuis l’an dernier. Qu’est ce que cela change pour le pilote ?
« C’est beaucoup plus intense. Avant, nous avions trois séances avant la qualification. Désormais, il y en a une seule de 2h30. C’est suffisant pour apprendre le circuit, pour trouver ses marques. Le plus difficile, c’est de ne pas avoir la même possibilité d’étudier les datas avec son ingénieur entre les sessions. En fait, il faut être efficace et toujours aller dans la bonne direction. »
Compte-tenu des qualifs, quel est l’objectif pour la course ?
« Marquer des points. Ce n’est pas impossible. Je l’ai déjà fait l’an dernier en partant de derrière. Il faudra mettre au point une bonne stratégie, faire des excellents ravitaillements, attaquer… et attaquer, sans se faire prendre dans un accrochage. »
La différence entre les A4 2009 et 2008 semble moins importante que l’an dernier entre les 2008 et les 2007. Est-ce effectivement le cas ?
« Oui c’est vrai. C’est évident sur des circuits comme le Lausitz, ou probablement à Barcelone et Oschersleben. En fait, la base mécanique est sensiblement identique. Les différences concernent davantage l’aéro. L’an dernier, il y avait un vrai step entre les deux voitures. »
Est-ce que cela t’incite à afficher de plus grosses ambitions ?
« Je vise toujours plus haut ! Malheureusement, Gary Paffett m’a percuté dès le première tour à Hockenheim, alors que j’étais septième. Je pensais pouvoir faire dans les cinq. Ici aussi, j’ai l’impression de louper le coche, même si je vais tout donner en course. Sur les deux premières manches, je vais perdre une dizaine de points… Mais quelque part, je préfère un début comme ça et avoir plus de réussite après que l’inverse. »
L’objectif, c’est un podium ?
« Oui, comme les deux dernières années. C’est envisageable, Oliver l’a montré à Hockenheim. Mais je souhaite vraiment en gagner une. J’en étais très proche il y a deux ans et pas loin au Mans l’an dernier. »
Déçu de ne pas être sur une Audi Spec-2009 ? Quel est ton souhait à l’avenir ?
« Oui, un peu. Mais il y a du monde en face ! Pour le futur, j’espère continuer avec Audi, y compris en Endurance. Travailler avec une telle équipe, c’est fantastique. J’espère cumuler une participation au Mans avec le DTM. J’adore toujours le sprint et j’aimerai avoir la chance de me battre pour le titre. »
Et le fait de ne faire qu’une course avec la R15, comment le vis-tu ?
« C’est déjà une chance d’être dans une des R15 ! Les champions ALMS et Le Mans Series sont un peu frustrés de ne pas défendre leur titre, mais nous comprenons la décision d’Audi et nous espérons qu’un tel programme sera à l’ordre du jour dans les années à venir. Et puis, des pilotes comme Allan McNish et Dindo Capello n’ont fait qu’une course avec la R15, donc ça ne me fait pas peur ! Lors des derniers essais, les chronos étaient très proches… »
A propos de ces essais, ils se déroulaient en même temps que les 24 Heures du Nürburgring ? Est-ce la raison de ton absence ?
« En partie oui. En fait, je n’avais pas roulé sur la Nordschleife (hormis avec une Smart, ndlr). Mais c’est une épreuve qui me tente. Pourquoi pas l’an prochain. D’ailleurs, il est possible que je fasse une ou deux courses de VLN avec Phoenix cet été. »
Le test s’est bien passé ?
« Oui, c’était une dernière répétition générale qui s’est vraiment bien déroulée. Nous n’avons pas eu de problème particulier. Il faisait très chaud et c’était assez difficile, notamment sur le plan physique. Nous avons roulé à trois ou quatre, et ça nous a fait une vraie bonne préparation avant Le Mans. »
Comment te sens-tu à dix jours de l’événement ?
« Béton (rire) ! Nous avons une voiture avec laquelle ça va mettre du gaz ! Avec la réduction de la largeur de l’aileron et les restrictions, il y a quelques inconnues, mais ça va être serré. Ce sera un sprint de 24 heures et il va falloir tout donner pour faire ce qu’on a fait les années passées : que Audi gagne ! »
Tu auras deux nouveaux coéquipiers : comment ça se passe avec Romain Dumas et Timo Bernhard ?
« Vraiment super ! J’ai roulé deux fois avec eux et tout s’est très bien déroulé. Romain a été rapide et régulier très rapidement. Mais on sait d’où il vient de toute façon… Timo a également fait du très bon travail. Il y a une bonne cohésion. »
Vous avez donc un équipage pour viser la victoire…
« Oui je le pense. Romain est vraiment vite : c’est un tout bon… et Timo c’est pareil. On doit juste leur laisser du temps pendant les essais pour qu’ils s’habituent encore un peu plus à la voiture, mais je n’ai aucun doute. »
Propos recueillis par Anthony Megevand



