Pour sa première saison complète en Le Mans Series, Danny Watts a pour le moins réussi son entrée ! A la surprise générale, le pilote britannique a réalisé le meilleur temps de la séance qualificative des 1000Km de Barcelone en avril dernier, pole position concrétisée par une cinquième place au classement général. Mission accomplie pour la toute jeune écurie Strakka Racing avec sa nouvelle Zytek Ginetta 09-S.
Danny, quel est ton sentiment après la course de Barcelone ?
« Je suis assez satisfait de notre weekend espagnol. C’était ma première course en LMP1 à Barcelone, je ne savais donc pas trop à quoi m’attendre. La voiture a très bien marché et nous avons marqué des points précieux en finissant cinquièmes. Pour nous, c’était un weekend d’apprentissage : nous devons apprendre à nous connaître dans l’équipe puisque nous ne travaillons pas ensemble depuis longtemps et nous devons aussi apprendre le fonctionnement de l’auto. La voiture s’est montrée très fiable, mais aussi très rapide, ce qui est un bon début. »
Après un si bon résultat, quelles sont tes attentes ici à Spa ?
« Le niveau du plateau est encore plus relevé qu’à Barcelone, avec la présence de Peugeot. Nous serons probablement derrière en performance, mais comme nous avons une bonne voiture, nous pouvons prétendre à être les meilleurs des voitures à moteur essence. En fait, nous devons nous préparer à toutes les éventualités en matière de météo car le temps peut changer très brutalement. Nous devons marquer un maximum de points pour le championnat, comme nous l’avons fait à Barcelone. »
La gestion du trafic va être cruciale pour la course…
« Le trafic n’est pas trop compliqué à gérer à Spa du fait des longues lignes droites. De toute façon, tu es constamment dans le trafic. Il faut être agressif, mais patient. D’ailleurs s’il pleut, la visibilité se réduit très vite car tu te prends beaucoup de projections d’eau de la voiture devant toi. Par contre, il est très essentiel de réaliser un très bon temps en qualif car le départ est toujours très chaud avec le freinage à l’épingle de la Source. »
Tu vas participer aux 24 Heures du Mans pour la deuxième fois. Quels seront tes objectifs ?
« Qui sait ce que tu peux attendre du Mans ! J’y ai participé en 2007 avec Panoz en GT2, mais cette année, ce sera totalement différent avec la LMP1. Nous savons que l’auto est rapide, elle doit aussi être fiable. La course de Spa sera un bon test pour nous. En fait, au Mans, il faut rouler, rouler, rouler et … voir ce qu’il se passe. Nous allons essayer tout d’abord d’aller au bout de la course et puis si on peut gagner, ça ne sera que tant mieux ! Quel que soit le résultat, une telle course est le produit d’un très gros effort collectif. »
Aimerais-tu retourner à Petit Le Mans comme l’année dernière ?
« Absolument, le circuit de Road Atlanta est un « petit » Spa, qui est vraiment très sympa. Pour les pilotes, c’est un beau défi à relever. L’atmosphère est complètement différente sur les courses outre-Atlantique. Tu as l’impression que le public participe réellement à l’événement. Cependant, je ne sais pas encore si je serai au départ cette année. »
Tu courrais en Porsche Supercup la saison dernière. Est-ce difficile de s’adapter à un prototype ?
« Oui et non car le style de conduite est complètement différent entre les deux voitures. La Porsche Supercup est beaucoup plus lourde. Heureusement, j’ai piloté plusieurs types d’autos dans ma carrière entre les GT, les monoplaces et les prototypes, donc je peux m’adapter très rapidement à une nouvelle auto car j’ai habitude du changement. En revanche, tu dois revoir ta façon de conduire en passant en LMP1. En GT2, tu regardes sans arrêt dans tes rétroviseurs alors qu’en LMP1, tu deviens la voiture la plus rapide en piste. En fait, c’est beaucoup plus facile de piloter un LMP1 qu’une GT. Je me fais plaisir avec la Zytek. »
Propos recueillis par Cécile Bonardel