La foule était nombreuse sur le Fuji Speedway : 50 000 spectateurs étaient venus assister à la troisième manche du SUPER GT 2009. La température était printanière, avec 22°C et la piste était totalement sèche. La course se disputait sur 88 tours du circuit de 4,563 km soit une distance d’un peu plus de 400 km (au lieu des 500 km habituels).
Satoshi Motoyama Motoyama (Nissan GT-R n°1) gardait le bénéfice de sa pole position, tandis que derrière lui une explication sévère avait lieu à l’épingle entre la Honda NSX n°1 de Ralph Firman et la Nissan n°12 de Tsugio Matsuda. Cet incident profitait au brésilien João Paulo de Oliveira (Nissan GT-R n°24), en Yokohama, qui avait pris un départ de feu depuis la quatrième ligne. Il s’installait en troisième position, puis subtilisait la deuxième place à la Lexus SC430 n°36 de André Lotterer. De Oliveira ne s’arrêtait pas en si bon chemin, et au neuvième tour, il attaquait Motoyama au freinage du Turn 1 et prenait la tête de la course! Lotterer était troisième, devant la Lexus n°35 de Ishiura.
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De Oliveira et Motoyama s’arrêtaient tous deux au 24ème tour. Seiji Ara relayait le brésilien sur la Nissan n°24 et Benoît Tréluyer s’installait dans le cockpit de la Nissan NISMO n°1. L’arrêt de cette dernière était plus court que celui de la Nissan n°24 et Tréluyer repartait devant Ara. Lotterer en avait profité pour prendre le commandement de la course avec sa Lexus. Il restait en piste cinq tours supplémentaires, pour ravitailler au 29ème tour et passer le relais à Juichi Wakisaka. Le pitstop de la Lexus était parfait et Wakisaka conservait sa première place. Après le premier ravitaillement, la Lexus n°36 était donc en tête devant la Nissan n°1 et la Nissan n°24.
Les positions ne changèrent pas durant ce second relais, Tréluyer restant au contact de la Lexus de Wakisaka. Celui-ci marquait le second arrêt de la Lexus au 58ème tour et redonnait le volant à Lotterer. Tréluyer s’arrêtait une boucle plus tard et Motoyama reprenait le volant. Cette fois, l’arrêt de la Nissan était nettement plus rapide que celui de la Lexus, dix secondes de moins, et la Nissan n°1 était de nouveau en tête.
Dans l’intervalle, la Nissan de Ara avait nettement baissé de rythme, conservant cependant sa troisième place jusqu’au deuxième arrêt. De Oliveira reprenait le volant mais ne pouvait empêcher la Honda n°8 de Ralph Firman, bien revenue après son incident de début de course, de le rattraper. Au 69ème tour, Firman trouvait l’ouverture et prenait la troisième place.
L’ordre établi restait figé jusqu’au drapeau à damiers, avec une petite frayeur en fin de course pour Motoyama, bloqué derrière des retardataires et qui voyait arriver Wakisaka sur ses talons, mais la Nissan gardait sa première place et renouait ainsi avec le succès, Motoyama et Tréluyer inscrivant leurs premiers points de l’année.
Motoyama, en remportant sa 11ème victoire GT au Japon revient à la hauteur de Yuchi Tachikawa dans leur lutte pour leur record de victoires. Pour Benoît, la journée se terminait mieux qu’elle n’avait commencé, le français ayant eu le matin même un petit incident de… circulation avec un 4X4 sur le parking de son hôtel, comme il le raconte : « Le conducteur ayant reculé sans regarder, il était monté sur la capot de ma voiture de location, concluait le Français. Après la course, j’ai dû passer au poste pour signer quelques papiers. Plutôt des autographes, en fait, puisque les policiers avaient perdu tous les documents… »
Dans le clan tricolore toujours, Loïc Duval, avec une Honda équipée avec des Dunlop beaucoup moins performants que les Bridgestone, se battit avec les armes dont il disposait, notamment contre la Lexus de Andre Couto, lui aussi en Dunlop. A force de ténacité, Loïc et son jeune équipier Nakayama grignotèrent des places tout au long de la course pour se classer finalement huitièmes, ce qu’ils pouvaient pratiquement espérer de mieux dans ces conditions. Pour le troisième français, Sébastien Philippe, la course était terminée dès le premier tour, à la suite de l’accrochage de Matsuda avec la Honda de Firman.
Les résultats complets sont ici.
Satoshi Motoyama : “Je suis extrêmement heureux et soulagé d’avoir cette victoire. La perte de la dernière manche rendait la saison sinistre, mais un bon résultat ici, c’est un grand soulagement pour nous et pour le staff technique. Ceci nous remet dans le coup pour la course au championnat et je suis déterminé à défendre notre titre. En début de course, c’était difficile car nous avions embarqué beaucoup de carburant et en conséquence la voiture était lourde. Cependant, ceci nous a aidés à gagner du temps lors de notre pitstop. Aussi, quand Benoît est revenu sur le leader, je sentais que nous pouvions gagner. Lors de mon dernier relais, j’ai eu l’impression d’aller plus vite que la Lexus n°36, mais j’ai été bloqué derrière plusieurs GT500 à qui je prenais un tour et qui étaient en pleine bataille et cela a permis à André Lotterer de me rattraper. Enfin, je pense que cela donné aux fans l’occasion d’assister à une belle lutte entre NISMO et Tom’s…”
Benoît Tréluyer : “Je suis vraiment heureux. Cette fois j’ai marqué des bons points, et non des points de pénalité pour changer!! Nous avons fait une bonne course. Les mécaniciens aussi ont fait un super boulot, et la voiture a bien marché. J’ai pu attaquer et conduire de mon mieux pendant toute la course. A Fuji, il faut toujours faire avec un tas de retardataires et c’est dur de les doubler. Dans mon cas, il fallait que je sois prudent pour ne pas prendre de points de pénalité supplémentaires, et cela a rendu la course très difficile. En tant que champion en titre, je suis heureux que cette victoire nous ait replacé dans la compétition pour le titre.”
Le classement pilotes : 1 Ara/de Oliveira (Nissan) 31 – 2 Wakisaka/Lotterer (Lexus) 30 – 3 Tachikawa/Lyons 27 – 4 Firman/Izawa (Honda) 22 – 5 Michigami/Kogure (Honda) 21 – 6 Tréluye/Motoyama 20
Sébastien Philipe /Tsugio Matsuda (Nissan) sont 7èmes avec 19 points et Loïc Duval/Yuki Nakayama sont 11èmes avec 9 points.
Claude Foubert