La deuxième place aux 24 Heures du Mans 2008 en LMP2 a laissé un goût un peu amer à Casper Elgaard. A l’heure de retrouver le Porsche RS Spyder après les essais officiels du Castellet, le pilote Danois affiche clairement ses ambitions pour la course mancelle qui aura lieu en juin.
Casper, bientôt Le Mans 2009, quel souvenir gardes-tu de l’édition 2008 ?
« C’est très honorable de monter sur la deuxième marche du podium pour une toute nouvelle écurie, mais j’étais frustré à la fin de la course. Nous nous sommes bagarrés avec les autres RS Spyders pendant les premières heures avant de connaître des soucis mécaniques. Nous avons d’abord eu trois crevaisons dans un laps de temps assez court, dont l’une est survenue au début du circuit. A ce moment, nous menions la course mais il nous a fallu beaucoup de temps pour rentrer au stand et nous sommes ressortis en deuxième position avec près d’un tour de retard. Ensuite, pendant la nuit, des problèmes de moteur sont apparus et nous ont fait perdre quelques tours de plus. Après la réparation, nous avons attaqué au maximum pour obtenir un bon résultat et nous y sommes parvenus même si nous aurions pu gagner. »
Team Essex était présent au Castellet et au Bugatti, mais pourquoi ne s’aligne-t-il pas sur toutes les courses des Le Mans Series ?
« Nous avons Le Mans en point de mire. Nous nous concentrons donc uniquement sur les 24 Heures du Mans car nous voulons gagner ! Notre présence ce weekend avait pour but de familiariser Kristian avec la voiture car c’était la première fois qu’il prenait le volant d’un prototype mais aussi avec le circuit, qu’il ne connaissait pas. Il a passé beaucoup de temps dans le baquet et s’est amélioré progressivement pour se rapprocher des temps réalisés par les autres LMP2. Nous nous engageons aussi à Spa pour bien préparer Le Mans. Le plateau sera très relevé et ce sera un test grandeur nature pour toute l’équipe. »
Ce sera aussi un test pour les ravitaillements ?
« Tout à fait car le règlement a changé depuis la saison dernière. Nos mécaniciens étaient les plus rapides dans l’exercice du changement de pneus, mais cette année, ils doivent s’adapter aux nouvelles règles et se débrouillent plutôt pas mal. Ils ont pu s’entraîner pendant tout le weekend. Nous avons aussi travaillé un peu sur les réglages, mais de façon marginale car sur le Bugatti, nous roulons avec un maximum d’appui alors que sur le grand circuit, l’appui est minimum. Par contre, j’ai pu me réhabituer au circuit car je n’avais pas roulé sur cette piste depuis 1999 en Formule Renault et le circuit a beaucoup évolué depuis. »
Team Essex a changé de manufacturier pneumatique cet hiver, passant de Dunlop à Michelin. Qu’attends-tu de ce changement ?
« J’attends beaucoup ! Nous avons beaucoup travaillé avec Dunlop l’an dernier et ils ont fait de gros efforts pour nous apporter des produits compétitifs, mais lorsque l’on roule pour la première fois avec le RS Spyder chaussé de pneus Michelin, on se rend compte immédiatement que l’auto a été développée avec ces gommes : elles lui conviennent parfaitement. De plus, avec le nouveau règlement qui pénalise le changement de pneus, j’espère pouvoir doubler tous les relais et ainsi perdre un minimum de temps dans les stands. La compétition est relevée, notamment avec les Lola qui nous donneront du fil à retordre, par conséquent, la voiture qui gagnera Le Mans sera celle qui passera le moins de temps dans les stands. Mais il faut aussi assurer sur la piste, avec une voiture qui n’a pas évolué par rapport à l’an dernier, sauf pour se conformer au nouveau règlement. Nous comptons aussi sur Manu (Collard) qui est un pilote fantastique avec beaucoup d’expérience. »
En-dehors de l’endurance, où ton calendrier est plutôt réduit cette saison, quel est ton programme en 2009 ?
« J’ai créé une écurie en championnat de voitures de tourisme danois avec deux Seat Leon, je suis donc devenu à la fois pilote et team-manager. »
Nous retrouverons Casper Elgaard dans deux semaines à Spa.
Propos recueillis par Cécile Bonardel