Asian Le Mans Series

Zhuhai : La chronique OAK Racing par Rémy Brouard, part 1

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1-Tu as voulu voir Zhuhai …on a vu Zhuhai !!

Zhuhai ! Le nom de cette petite ville chinoise du sud du pays (pas plus de 1,5 millions d’habitants) résonne encore dans nos esprits et pourtant cela fait presque maintenant 2 ans que nous l’avons quitté et presque 5 ans que nous l’avions découvert. (Pour mieux apprécier les lignes qui viendront, nous vous suggérons de brancher votre radio sur “Nostalgie “103.5 FM )

Accompagné du célèbre Daniel Poissenot (actuel directeur de course de l’Asian Le Mans Series) ..C’est au retour de la course d Okayama au japon que nous étions venu voir pour la 1er fois en novembre 2009 les dirigeants de ce circuit atypique. Je vois encore ce grand drapeau rouge flottant au vent sur la pitlane depuis la tour de contrôle. Nous sommes bien en Chine « Le pays aux 100 millions de voitures » et accessoirement aux 1.3 milliards d’habitants. Nous voulions absolument venir en Chine développer les courses le Mans et l’endurance accompagnant ainsi les stratégies commerciales d’expansion des grands constructeurs présents aux 24 Heures.

Okayama nous avait appris “ce qu’il ne fallait plus faire”. Zhuhai qui s’offrait à nous, sortait d’un A1GP et d’un FIA-GT de bonne facture avec un certain succès populaire.. Le BPR avait même ouvert ce circuit, le 1er circuit construit en Chine .  Tout semblait ” être possible” pour la 1ère fois en Chine ..! Loin d’Yvré l’évêque et de sablé sur Sarthe, “Le Mans ” allait s’exporter vers de nouvelles frontières sportives ….. Inconnues jusque-là.

Avec le soutien inconditionnel de « quelques équipes fidèles » aux courses ” le Mans” tels que OAK RACING, AF Corse, Aston Martin Prodrive, Larbre compétition, les japonais également …L’impossible se réalisa en moins d’un an. Et dès la saison suivante, le 7 novembre 2010, les 6 Heures de Zhuhai étaient lancées avec 23 voitures au départ sous la passerelle verte et jaune Rolex.

Durant ces deux années, ici, nous avons vécu des bagarres intenses entre Peugeot et Audi, à leur plus haut niveau . “Du grand sport” 6 heures durant, pas de quoi s’endormir un seul instant. À coup de dixièmes de secondes (quelques fois à coups de roues aussi avant de grands sourires en direction de course), les deux géants du LMP1 ont animé les premières éditions de (feu et de feu ) l’Intercontinental Le Mans Cup, prémisse du championnat du monde d’endurance qui se préparait déjà.

Les enjeux économiques sur l’Asie pour les constructeurs étaient démesurés à cette époque. Pour les états-majors, il y avait « petit 1 » : gagner les 24h mans et … « petit 1 » : gagner en Chine ! En résumé, Si tu te prenais les pieds dans le tapis manceau en juin, il te restait à vaincre dans l’empire du milieu en novembre. Observateurs économiques et analystes financiers aux premières loges… C’est ainsi Que les bleus de Peugeot (et par deux fois) gagnèrent à la barbe d’Audi ! Le Français est teigneux et revanchard, “Zhuhai is my home” auraient-ils pu écrire à l’époque.

L’endurance entrait donc en Chine et dans l’histoire, par le sud…

Hong Kong et Canton toutes proches apportaient à cette épreuve unique sa taille “internationale” et un cadre exceptionnel et cosmopolite pour terminer l’année. Le célèbre et incontournable Grand Prix de Macau (une course de dingues qui fêtera son 60ème anniversaire cette année), pourtant tout proche, gardait après discussions sino-portugaise, sa date, une semaine après celle de Zhuhai ce qui permettait d’offrir aux équipes et à la presse européenne ; 2 belles courses en 2 semaines à moins d’une heure l’ une de L’autre. Elle n’était pas belle la vie ?

Les équipes locales asiatiques commençaient à s’intéresser à l’endurance, pas moins de 5 voitures GTC inauguraient une catégorie qui n’existait pas encore et qui faisait (déjà ) du bien sur la grille de départ. Une formula le Mans était même de la partie. Les constructeurs et manufacturiers jouaient le jeu et le village des tribunes “sentaient” bon le rendez-vous populaire mais aussi les nems trempés dans l’huile et le cochon grillé (je dois préciser que cela change effectivement du hot dog de Sebring et des Rillettes du Mans, mais le vrai fan aime les odeurs des baraques à frites et les fêtes populaires, donc.. ). Localement Le pari semblait réussi. Une épreuve s’installait doucement dans la durée. Zhuhai, certes au tracé décrié et trop court, vieillissant aussi pouvait malgré tout prétendre à évoluer et grandir avec les courses le Mans. Et avec du temps.

L’année suivante, l’endurance partira vers le nord-est et les sunlights de Shanghai, la ville éternelle. Surpuissante capitale économique aux tours plus hautes les unes que les autres avec son circuit ultra moderne “Tilke ” Formule 1 depuis 2003, ses 210.000 places assises (je parle en sièges pas en spectateurs..), sa salle de presse sortant directement de la NASA et surplombant une piste large comme un aéroport attendant un A380 ! Shanghai, autre style , autre mœurs…

Je ne connaissais pas beaucoup d’équipes, de mécaniciens, de managers, d’ingénieurs, de journalistes, qui n’avaient pas gardé finalement un bon souvenir de ces deux années passées à Zhuhai. Chacun se souvenant de ce moment convivial sur la plage entre les teams le soir de la course qui clôturait aussi la saison (certains organisateurs offraient même du Cognac paraît-il). Toutes marques confondues, le soir, Zhuhai permettait à tous de se retrouver en ville. Les allemands trinquaient avec les Français qui eux même faisaient de même avec les Italiens déjà en concurrence sur dans la rue centrale avec les Anglais.

C’est donc avec un certain plaisir nostalgique que nous retrouvons tous la cité balnéaire, de nouveau à sa place. Celle des ” vieux circuits ” qui ne veulent pas mourir (comme le Cimetière des Eléphants dans Tarzan), un peu aussi comme certains circuits américains âgés, certes hors normes et pourtant pour lesquels nous traverserions encore l’atlantique chaque années à la nage. Pour y suivre nos courses favorites, accéder librement à la grille de départ, entendre les sermons du pasteur, écouter à cappella l’hymne américain, la mains sur le cœur mais aussi sentir les odeurs des popcorns grillés.

2- Zhuhai 2013 : Le retour 3

Maintenant que le décor est planté, place à la course et d’abord aux acteurs. Alors, La compo ?

L’équipe OAK RACING Team Total a pris le « torero » par les cornes (je le rappelle, le taureau ne gagne pas toujours). Suite à notre 2ème place de Fuji à moins d’une minute pourtant de notre « meilleur ennemi » il nous fallait trouver des solutions. Tout d’abord, Changement de pilote avec le recrutement de Shaun Thong, à peine 17 ans. Ce jeune Hongkongais dont ont dit le plus grand bien (dans les milieux autorisés ) sort de la Formule Renault UK avec une belle pôle Silvertone et quelques belles places dans le top 5. Shaun viendra renforcer le team sur les “lignes arrières”. Ho Pin Tung (pilier droit) est de retour (pas de top 14 ni de coupe Porsche Asia ce week-end), David Cheng (1ère ligne) concentré au maximum sur son objectif n°1 : “l’Asian Le Mans Series”. David est le seul avec le Britannique Winslow a pouvoir théoriquement remporter le championnat Pilotes.

Pour la 3ème fois de l’année, supporté dans son projet par les lubrifiants Total-China, OAK RACING engage un pack de 3 pilotes exclusivement asiatiques . Et Comme dirait Jacques Nicolet ” on persiste et on signe.”

Coté staff l’ami Merlin est toujours “aux computers” et dirigera la tactique sur le terrain.  Retour sur la pelouse de Pierre-Alain Bouhet comme Team Manager. (Après son escapade américaine à mi-saison ) et le grand PAB est en forme !  Léo, Damien, le “jeune” Remy Longobardi, Anthony-Mendes et votre serviteur constitueront le reste du commando Asian LMS ! Une  équipe enviée à la caserne du 101ème Régiment du Technoparc. Ne nous cachons pas derrière notre cagoule en Nomex ce week-end puisque le seul mot d’ordre sans accent ni piment d’espolette est de : Gagner !  Et ce n’est pas l’entraîneur du Toulon RC qui le dit ! C’est le patron !

Jacques sera parmi nous ce week-end pour encourager les troupes et faire le 16ème homme. Sébastien Philippe “le Chef ” toujours bienveillant avec nous, restera chaque jour à l’écoute de son équipe et en contact (depuis les studios de France bleu le Maine ?) …il doit réviser son japonais et préparer aussi le FIA WEC .  Et comme dirait un célèbre et incomparable chroniqueur-journaliste malheureusement disparu : “Allez les petits !! ” allez les bleus ? (Roger devait être daltonien car on est en noir et rouge comme Toulon maintenant ?). “Mais qu’importe” dirait… Moscato !!

Donc pour résumer le weekend qui nous attend : “La mission si vous l’acceptez….” … Scrichhhhss (et là …Le magneto de Tom Cruise Vient de partir en fumée comme d’habitude !  À demain donc, pour suivre les premiers tours de roues toujours à l’ombre du fameux grand drapeau rouge !

Welcome to Zhuhai!

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