European Le Mans Series

Gérard Neveu répond à toutes vos questions…

MOTORSPORT : EUROPEAN LE MANS SERIES - ROUND 5 - LE CASTELLET 09/27-28/2013
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Championnat à la dérive en 2012, l’European Le Mans Series a connu une saison 2013 nettement plus glorieuse avec un plateau se situant entre 25 et 30 autos et des manches disputées. Pour cette saison du renouveau, l’équipe de Le Mans Endurance Management s’est appliquée à rebâtir une série qui fait le bonheur de ceux qui n’ont pas les ressources pour aller rouler en FIA WEC et qui veulent participer à des courses européennes mais aussi aux 24 Heures du Mans. Il aura fallu attendre le dernier meeting du Paul Ricard pour connaître les champions dans les différentes catégories. Avant de passer à des meetings de quatre heures en 2014, vous avez été nombreux à poser vos questions à Gérard Neveu, en charge de LMEM, qui s’est prêté de bonne grâce au jeu des Questions/Réponses.

 

Quel est le bilan de la saison écoulée ?

« Il y a deux façons de voir les choses. Sur le plan comptable, nous avions 12 autos l’an passé à Donington et cette année nous sommes passés à une moyenne de 26, soit plus du double. Techniquement, la saison est réussie. Le cadre sportif est correctement établi et les bagarres ont été belles tout au long de la saison. Pour preuve, les différents titres se sont joués au Paul Ricard pour la finale. Le niveau des équipes présentes est vraiment bon. Sur le plan sportif, nous avons redonné un cadre plus en adéquation avec ce type de championnat. L’ACO, à travers LMEM, a mis les moyens pour développer et dynamiser ce championnat European Le Mans Series. Une réunion a été organisée au Paul Ricard avec les teams pour donner la visibilité en vue de la saison 2014. Tout a été adopté en accord avec la majorité des équipes tout en gardant ce qu’on a acquis. »

 

Pourquoi des courses de quatre heures ?

« Cela correspond à la présence d’un troisième pilote. C’est important sur le plan budgétaire. De plus, la stratégie sera mise en avant avec ce type de format. Il va falloir veiller à ce que l’équilibre en piste entre les différents pilotes soit respecté. Quatre heures c’est très bien. Nous sommes toujours très humbles et nous ferons un nouveau bilan fin 2014. La visibilité pour l’avenir est encourageante. Faire des courses de 4,5h est plus compliqué car on ne va pas appeler les 4,5 Heures du Paul Ricard par exemple. »

 

La réglementation dans les équipages sera revue ?

« Les équipes pourront choisir de faire rouler deux ou trois pilotes. Nous allons adapter le temps de roulage pour chacun. Tout doit se mettre en place cet hiver. Une décision sera prise d’ici la fin de l’année. »

 

Pourquoi ne voit-on pas de LMP1 privées en ELMS ?

« C’est purement impossible ! Il n’y a pas de catégorie LMP1 dans ce championnat et ce n’est pas dans l’esprit de l’ELMS. Ce n’est pas la direction que nous avons prise. Toutefois, nous avons veillé à ce qu’il n’y ait pas de clash de date avec le FIA WEC. Il ne peut pas y avoir deux championnats de LMP1 pour des équipes privées. »

 

La catégorie GTC a donné satisfaction ?

« En Endurance, il y a deux univers, l’un en Protos l’autre en GT. Les P1 tendent vers les constructeurs et les P2 pour les équipes privées. C’est un peu le même parallèle en GT entre GTE et GT3. Aligner une GTE est plus lourd qu’une GTC. La catégorie GTE a une vraie spécificité endurance. Selon nous, cela a du sens de faire rouler des GTC pour s’initier à l’endurance. Il ne faut pas oublier que le champion reçoit un ticket pour aller au Mans l’année suivante en GTE-Am. Le GTC permet de prendre des contacts en vue du futur. Je suis persuadé que certaines des équipes présentes cette année seront à l’avenir en GTE. Si nous n’avions pas pris cette décision d’accepter les GT3, il n’est pas certain qu’elles seraient venues. La BOP mise en place est faite proprement avec un bon suivi technique derrière. Ce n’est pas un règlement à la carte. »

 

Pourquoi n’y a-t-il pas de manche ELMS sur le Circuit Bugatti du Mans, berceau de l’Endurance ?

« Le circuit est complet tous les week-ends si bien qu’il y a une liste d’attente. Cela m’embêterait de rallonger cette liste. Les 24 Heures du Mans restent une épreuve incroyable et incomparable. Il ne faut pas tout mélanger et je ne pense pas que cela soit opportun d’aller rouler au Mans en plus des 24 Heures surtout quand 70% du plateau ELMS est présent aux 24 Heures du Mans. Cela ne veut pas dire que l’on n’ira pas un jour… »

 

Les Essais Officiels ELMS et FIA WEC seront ouverts au public ?

« Selon toute logique, ceux du 2 avril le seront. Pour ce qui reste des essais en semaine, la décision n’est pas prise car c’est au circuit de décider mais ce qui est certain, c’est que je ne m’y opposerai pas. Comme pour le FIA WEC, il faudra avoir au moins une auto par équipe. Un paddock, c’est comme une famille. C’est comme à Noël où tout le monde se met autour de la table. Ces essais marquent la rentrée des classes. »

 

Est-il prévu que les équipes LMP2 qui roulent en ELMS et qui sont présentes au Mans puissent marquer des points au championnat européen ?

« On se posera la question lorsque l’intégralité du plateau sera en piste au Mans. Si nous prenons une telle décision à l’avenir, ce sera uniquement pour les équipes LMP2. »

 

Qu’en est-il des courses de support pour 2014 ?

« Pour le moment, tout le monde a pris connaissance du calendrier. Nous allons maintenant établir les contacts même si pour certains ils le sont déjà. On travaille le sujet… »

 

Quel plateau attendez-vous en 2014 ?

« Avoir entre 25 et 30 autos sur la saison serait une bonne fourchette. Sur le papier, la confiance est de mise car une grande majorité des équipes présentes a manifesté son intention de poursuivre en 2014 et d’autres ont demandé à nous rejoindre. »

 

Accepter les prototypes CN a fait partie des réflexions ?

« Non cela n’a pas été évoqué. Nous restons un championnat labellisé ACO et cela n’aurait pas de sens sur le plan sportif où nous avons déjà LMP2 et LMPC. Il ne faut pas oublier que l’épreuve subliminale reste les 24 Heures du Mans. Pour ce qui est de la catégorie LMPC, une réflexion va débuter. »

 

Comme en FIA WEC, la stabilité est une bonne chose ?

« Personne n’est mécontent de notre calendrier. En 2014, les pilotes auront plus de temps de piste et il n’était plus possible techniquement de faire cause commune avec les World Series by Renault avec qui nous avons passé une belle année. Il n’est pas question pour nous de sortir de l’Europe et les équipes ont émis le souhait de revenir dans de vrais stands. Passer à cinq meetings est possible car notre paddock est consolidé. En Endurance, tout se mesure sur la longueur. »

 

Un mot sur le FIA WEC. Il faut s’attendre à combien d’autos en 2014 ?

« Nous devrions avoir 8 LMP1 sur les grilles l’an prochain. La catégorie P2 devrait être stable et je ne pense pas que nous aurons beaucoup de défections en GTE. Si tel devait être le cas, elles devraient être remplacées, donc là aussi la confiance prime. Un bilan sera fait à la fait de la deuxième année et nous verrons ultérieurement s’il faut rajouter un sixième meeting pour 2015. Il y a plusieurs possibilités (ndlr : quatre). »

 

Spa revient finalement au programme…

« Oui même si cela a pris du temps. Monza avait pris les mêmes dispositions que Spa. Les deux étaient acceptables. Pour ce qui est de l’Allemagne, seul le Nürbugring pouvait nous accueillir mais on connaît les problèmes. Sur le plan personnel, je serai déçu si nous n’arrivons pas à avoir au moins 30 autos sur l’intégralité de la saison. La cible est d’avoir entre 30 et 32 voitures. Avoir 34 autos est un maximum pour les manches overseas car il faut tenir compte de la logistique. Pour les déplacements lointains, pas moins de quatre Boeing 747 sont réquisitionnés. On a pu voir une nouvelle fois que le plateau se tient après Le Mans. Pour cela, il faut proposer le bon package et garantir un marché solide. Une seule épreuve ne suffit pas à faire vivre le tout. Il faut un encadrement structuré. Les 24 Heures du Mans restent un Himalaya et avant d’y aller on commence par le Mont Blanc. »


Austin a donné satisfaction ?

« Sur le plan sportif, c’était certainement la course la plus belle de la saison toutes catégories confondues. Certes, l’endroit n’est pas historique pour le sport automobile mais il faut laisser du temps au temps. Je suis fan du cadre. Nous avons initié la chose cette année et des corrections seront faites pour 2014. Il est possible d’y voir une arrivée en semi-nocturne. Ce n’était pas un mauvais choix que d’aller au Texas. »

 

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