Il y a certaines choses qui ne se refusent pas comme rouler sur le Circuit of the Americas dans une Aston Martin Vantage S en compagnie de Bruno Senna. Avec ses 5.515 km, le tracé texan accueille ce week-end le Championnat du Monde d’Endurance. Pensé par Hermann Tilke, on pourrait se dire que tout serait aseptisé mais on est loin du standard F1 actuel des nouveaux circuits sur les 20 virages où vous êtes brassés du début à la fin. Le COTA est l’un des rares tracés recevant la Formule 1 à tourner dans le sens anti-horaire. Les pilotes ont le droit à plus de 40 mètres de dénivellation sachant que certains virages reprennent des endroits que l’on connaît en Europe. On peut reconnaître l’enchaînement Maggots-Becketts-Chapel de Silverstone, d’autres faisant référence à Hockenheim ou Istanbul.
Une chose est sûre on ne s’ennuie pas sur le Circuit of the Americas. Vu que nous ne sommes pas les seuls en piste et que nous partons en dernier sans avoir le droit d’effectuer de dépassement, Bruno Senna connaît la feinte pour accentuer les sensations : « Si on attend que les autres prennent de l’avance, on va pouvoir s’amuser un peu. » Il est prévu de boucler un tour de sortie, un tour plein et un tour de rentrée. Let’s go ! Un peu plus loin devant nous se trouvent Tracy Krohn et Marcel Fässler. Nous partons directement sur la piste ce qui fait que la montée n’est pas si impressionnante lors du premier tour mais le premier virage passe déjà fort si bien qu’il est impossible de prendre une photo. A Austin, pas de quilles sur les vibreurs mais on note la présence de petites pointes orange. « Il ne faut surtout pas passer sur les pointes orange sous peine de tout détruire » nous confie le pilote Aston Martin Racing en pleine attaque. L’avantage du pilote comparé à un conducteur de tous les jours, c’est qu’il est capable de prendre un point de corde à pleine vitesse et de vous regarder avec un large sourire (alors que la photo est floue). Bruno, be careful, ça tourne à gauche là ! Les virages s’enchaînent les uns après les autres et on arrive flat out au bout de la ligne droite des stands. Tournera, tournera pas ? La Vantage S louvoie quelque peu mais notre pilote contrôle l’affaire sans le moindre souci mais il convient de ne pas monter avec lui après avoir englouti un double burger.
Il fait horriblement chaud dans l’habitacle : « J’ai coupé la climatisation comme ça on peut profiter de toute la puissance. » Heu… C’est un baptême de piste ou une séance qualif ? « Si tu croyais être venu pour voir de près la couleur des bandes c’est raté. » Le message est passé mais on constate bien que les zones de dépassements ne sont pas nombreuses : « J’ai le souvenir de la Formule 1 l’année passée. Le tracé est vraiment bon mais il est compliqué d’y trouver l’ouverture. En réalité, c’est un circuit où il faut rouler en solitaire flat out du début à la fin (rires) ». Pour mémoire, la pole décrochée pas Sébastien Vettel l’an passé était en 1.39.347 contre 1.49.897 au meilleur temps de l’Audi R18 lors de la première séance d’essais collectifs. Bref ces tours du Circuit of the Americas sont passés à la vitesse grand V mais c’était un peu l’objectif. Dis Bruno, tu m’emmènes dans la Vantage GTE ?
Remerciements au FIA WEC pour avoir permis ce baptême de piste et à Bruno Senna pour sa bonne humeur habituelle.