FIA World Endurance Championship

Jacques Nicolet : "Mon rêve est d’être le Joest de quelqu’un !"

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Cette saison, OAK Racing n’a qu’un but en Championnat du Monde d’Endurance : le titre ! Après avoir décroché un doublé aux 24 Heures du Mans, le team sarthois reste plus que jamais dans la course aux titres Pilotes et Equipes. Le dernier meeting d’Austin ne s’est pas passé comme prévu avec les deux Morgan LMP2 de pointe retardées avant de rallier l’arrivée aux 6ème et 7ème places. Les prochaines courses seront décisives mais on peut faire confiance à Olivier Pla, Bertrand Baguette et leurs équipiers pour faire la course en tête et décrocher de gros points dès le Japon. Si le programme compétition LMP2 est primordial, il ne faut pas oublier Onroak Automotive, la branche constructeur qui conçoit les Morgan LMP2. Une Morgan LMP2 roule en European Le Mans Series et deux sont de la partie en Asian Le Mans Series. L’autre cheval de bataille de Jacques Nicolet reste la catégorie LMP1. Depuis le retrait de la Pescarolo-Judd LMP1 fin 2012, Onroak Automotive n’a pas tiré un trait sur la catégorie reine si bien qu’un retour est prévu dès 2014 avec une auto. Lors du meeting d’Austin, Jacques Nicolet nous a accordé un long entretien pour parler du présent mais aussi de l’avenir.

 

Jacques, que retenir de ce tracé d’Austin ?

« J’ai adoré le tracé. C’est l’un des nouveaux circuits les plus réussis. On dirait un mix de Silverstone et de Spa. Il n’est pas facile mais les enchaînements sont vraiment bons, notamment un triple droit qui n’en finit pas. J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir. Par chance, nous avons pu rouler le jeudi, ce qui nous a permis de bien assimiler le tracé. Le trafic aurait pu poser problème mais la piste est large. Le seul point négatif reste les vibreurs saillants dont plusieurs concurrents en ont fait les frais. »

 

Aussi bien à Sao Paulo qu’à Austin, on sent un Jacques Nicolet plus affûté que jamais au volant. Une bonne rentrée…

« Je me suis énormément régalé à Sao Paulo et j’étais content d’être sur place. J’avais déjà bien aimé en 2012. Là j’ai roulé sans pression particulière. Cette année, OAK Racing a une auto que l’on peut qualifier de « à la course » avec quelques changements dans l’équipage. L’objectif est vraiment de se faire plaisir. Au bout du compte nous étions dans le coup avec une 5ème place après deux 6èmes à Silverstone et Spa. Au Mans, nous avons tenu 20 heures sur 24 mais 20 n’est pas 24. Keiko (Ihara) reviendra dès le Japon pour terminer la saison avec Jean-Marc (Merlin) et moi-même. »

 

A Austin, Erik Marris débutait en LMP2. Une satisfaction pour quelqu’un que le monde de l’Endurance a découvert ?

« Eric est un grand sportif. On a plus souvent l’habitude de la voir dans des courses historiques. Il fait de la voile à haut niveau avec des courses « sprint » dans les rades avec beaucoup de bateaux en compétition, ce qui fait que le trafic il connaît (rires). Le jeudi, il tournait en 2.10 pour descendre à 2.04 le vendredi matin. »

 

OAK Racing n’est pas présent en European Le Mans Series mais une Morgan LMP2 est bien en piste. Le Morand Racing représente les couleurs Onroak Automotive sur la scène européenne. Une bonne satisfaction ?

« Oui et leur prestation est plus qu’honorable. Nous sommes satisfaits de notre relation avec Benoît Morand et son équipe. C’est un team qui redémarre à qui il faut laisser du temps. Avant le dernier rendez-vous du Paul Ricard, ils sont montés à deux reprises sur le podium. Benoît fait ce qu’il faut pour développer son écurie afin qu’elle décroche une victoire le plus tôt possible et pourquoi pas dès la fin de semaine. »

 

On a pu voir à Austin que le nouveau championnat nord-américain semblait intéresser pas mal de monde. C’est aussi votre avis ?

« La force du Tudor United SportsCar Championship reste son calendrier qui est tout bonnement exceptionnel. Toutes ces courses sur le même continent, ça ne peut que faire rêver. Il faut laisser du temps pour voir comment cela va se mettre en place. Les organisateurs ont la volonté de faire les choses bien »

 

Pourrait-on voir des Morgan LMP2 en 2014 dans ce nouveau championnat ?

« Il y a des discussions en cours avec différentes équipes. Tout est envisageable pour 2014 même à notre niveau pour ce championnat. La stratégie de OAK Racing est dictée par le fait que si des Morgan roulent dans des équipes privées qui peuvent gagner, OAK Racing n’ira pas se battre contre ses clients. Pour nous, la priorité est de préparer notre retour en LMP1. »

 

Le projet LMP1 avance ?

« L’auto est en cours de fabrication et le roulage est prévu courant février. L’objectif est d’aligner une auto. »


Le motoriste est choisi ?

« Nous souhaitons que notre LMP1 conçue pour des équipes privées puisse recevoir différentes les différentes motorisations du marché, aussi bien HPD que AER ou Judd. En tant qu’équipe, je ne sais pas encore quel motoriste sera choisi. Peut-être l’un de ceux que j’ai cité… ou pas (rires). Il y a encore beaucoup d’inquiétudes sur le règlement qui sera mis en place pour les équipes qui souhaitent aligner une LMP1 privée. Pour l’instant, tout le monde est dans l’attente. Pour nous, 2014 sera sans l’hybridation. Il faut savoir être sage. Il nous faut déjà trouver le budget pour la faire rouler. »


On ne peut donc qu’être satisfait de la stabilité du calendrier FIA WEC 2014 ?

« Il fallait prendre cette décision. Le promoteur a pris en compte la situation économique qui n’est encore pas florissante. Les coûts sont très importants et il n’était pas utile d’en rajouter. La stabilité est une bonne chose. Trouver des budgets par les temps qui courent n’est pas évident. Pour parler du LMP2, le FIA WEC est compliqué pour les gentlemen de haut niveau qui doivent concilier travail et famille. Les déplacements prennent du temps. C’est un gros risque pour le LMP2. »

 

OAK Racing est présent en Asie avec en prime une Morgan LMP2 pour KCMG. Là OAK se bat pour un team client. C’est une volonté ?

« Le championnat démarre et nous avons souhaité apporter notre soutien à la série avec l’accord de notre client. Il faut soutenir l’Asian Le Mans Series car c’est l’intérêt de tous. La culture Endurance est encore naissante en Asie et il convient de la faire grossir petit à petit. Les courses se déroulent dans des endroits stratégiques. Nous sommes ravis de notre partenariat avec la partie lubrifiant de Total China. Je suis fier d’avoir fait confiance à Cong Fu Cheng en 2008. A cette époque, personne ne me prenait au sérieux en me disant que ça ne marcherait pas. La suite m’a donné raison avec un podium au Mans et c’est une belle satisfaction. OAK Racing joue le jeu de l’Asie. KCMG nous a passé commande d’une Morgan et là aussi nous sommes pleinement satisfaits de ce partenariat. Ils m’ont bluffé au Mans notamment de part leur organisation. C’est une très bonne équipe. J’espère poursuivre à leurs côtés et même aller plus loin. »

 

Revenons-en à la saison en cours de OAK Racing. Faire un doublé au Mans, c’est très bien mais il faut le titre FIA WEC. C’est la feuille de route ?

« La priorité de l’équipe est de remporter le championnat afin de finir le travail après les bons résultats enregistrés au Mans. Pour le moment, ce n’est pas fait et il y a de fortes chances que cela se joue en toute fin de championnat. Une fois la saison terminée, place au LMP1 ! Au fil du temps, j’ai mis en place une vraie entreprise. Cette année, il faut que ça gagne. On a une équipe professionnelle, performante, dynamique et sympathique. J’ai pris le risque du LMP1 dans l’espoir de convaincre quelqu’un de s’appuyer sur nos compétences afin de rentrer dans le monde de l’Endurance. Mon rêve suprême est d’être le Joest de quelqu’un. Pour le moment, je n’ai pas cela mais on y travaille… »

 

 

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