Engagé en ALMS depuis plusieurs saisons, Mazda avait fait son retour en Europe l’an dernier via KSM. Le constructeur nippon a intensifié sa présence sur le vieux continent cette année, avec plusieurs équipes motorisées par le moteur MZ-R. Parmi elles, figure le OAK Racing qui est associé avec Mazda France. Profitant des 1000km de Catalunya, nous avons rencontré Thierry Guillemot, le Président de Mazda Auto France, pour évoquer les raisons d’une telle présence.
Comment s’est présenté le projet OAK Racing Team Mazda France ?
« Ce sont deux hommes qui se rencontrent. Jacques Nicolet avait un intérêt pour le moteur Mazda, dont il connaissait les performances en ALMS. De notre côté, nous avons vu une opportunité originale et unique de revenir en compétition. La catégorie LMP2 peut permettre à Mazda de s’illustrer avec un coût maîtrisé. Il y a également la légitimité de la marque, qui a toutes les raisons d’être présente en sport automobile, et plus particulièrement en endurance. Une discipline à laquelle la marque est liée, via la victoire historique de 1991. »
De quelle manière se traduit ce partenariat ?
« Cela passe par la fourniture des moteurs, plus un accompagnement mesuré. Nous avons opté pour cette catégorie car elle n’est pas hors de prix, mais abordable. C’est aussi le choix d’une équipe, le OAK Racing, qui combine un esprit familial et un grand professionnalisme. Les membres du team aiment ce qu’ils font, et ils le font bien. Nous nous adressons à des grands professionnels, avec un châssis Pescarolo, dont on connaît la compétence et le dévouement. On espère que le cocktail nous permettra de briller. »
Cette présence en Endurance de Mazda France a-t-elle été facilité par la montée en puissance de MazdaSpeed, qui fournit de plus en plus de clients ?
« La montée en puissance a joué, c’est vrai. Mais c’est surtout un choix personnel d’aller au delà car Jacques Nicolet et moi même y avons vu un intérêt mutuel. OAK Racing reçoit le soutien d’un motoriste expérimenté. Quant à Mazda France, nous voulons nous démarquer à travers un positionnement qui met en avant la sportivité de nos modèles. Nous voulons en profiter pour fédérer les énergies au sein de Mazda France et avec nos concessionnaires. »
Quelle place à ce programme dans votre communication ?
« Nous allons communiquer sur cette présence et bien évidemment exploiter notre engagement au Mans avec le OAK Racing. Ainsi, il y aura un regroupement du Club MX-5, avec tous les clubs européens. Nous lancerons d’ailleurs la MX-5 face lift pour fêter le 20ème anniversaire du modèle. C’est l’illustration parfait de l’esprit dans lequel s’inscrit ce programme. Nous ne voulons pas séparer la convivialité de la compétition. La dimension humaine, c’est l’un des éléments importants de ce projet avec OAK. L’équipe est à l’image de Mazda France. Elle relève des défis, avec un esprit volontaire et ambition. La philosophie Zoom-Zoom, c’est regarder les choses avec une certaine candeur. La part de rêve est importante. »
Le rêve, c’est de gagner ?
« Ce serait le rêve absolu. Il y a un très beau plateau en LMP1 et je suis ravi de l’arrivée d’Aston Martin Racing : je suis certain que de nombreux anglais vont faire le déplacement. En P2, c’est un vrai challenge face aux forces établies. Dans un premier temps, Mazda veut prouver sa fiabilité. Les modèles de la marque sont parmi les plus fiables du margé. C’est une dimension qui rassure les clients et Le Mans rentre parfaitement dans cette idée. Sans oublier, l’histoire en commun que nous avons avec cette épreuve… »
Le soutien de MazdaFrance permet-il à OAK Racing d’avoir un soutien plus important de la part de MazdaSpeed ?
« OAK Racing et Mazda France sont peut être plus proches de MazdaSpeed effectivement. En fait, c’est surtout Mazda USA qui se charge de ce projet qui a débuté en ALMS, le marché américain étant très important. Mazda a été ravi de voir notre engagement : nous sommes la seule filiale à nous investir autant. Nous avons des contacts réguliers avec le département compétition. »
OAK Racing engageant des Pescarolo, et Pescarolo Sport étant présent en LMP1, il y a-t-il eu une possibilité de voir Mazda France en LMP1 ?
« Un partenariat avec Pescarolo Sport n’a pas été envisagé, simplement parce que l’opportunité ne s’est pas présentée. De plus, Mazda n’a pas de moteur LMP1 et cela coûterait bien trop cher d’en concevoir un. S’aligner avec un moteur basé sur le 4 cylindres turbo me paraîtrait très ambitieux… »
Cela étant, les LMP1 seront équipées en 2011 des moteurs actuellement utilisés en LMP2. Est-ce qu’un passage dans la catégorie reine est envisageable avec le OAK Racing ?
« Nous n’excluons aucune perspective, et c’est une chose dont on a parlé avec Jacques Nicolet. C’est une possibilité qui a tendance à nous séduire, mais c’est encore beaucoup trop tôt. »
En 2011, ce sera le 10ème anniversaire de Mazda France, le 20ème de la victoire de MazdaSpeed au Mans. Cela fait beaucoup de paramètres favorables pour un retour dans la catégorie reine…
« C’est vrai que ce sont de jolis clin d’œil. Ça pourrait donc être un bel anniversaire ! (rire) »
Mazda France peut-il jouer un rôle auprès de Mazda dans un éventuel retour ?
« J’aimerai bien, mais c’est trop tôt pour le dire. J’aimerai prouver à MazdaSpeed que notre présence peut avoir un véritable impact sur l’entreprise. En revanche, je ne crois pas à un retour de la marque en son nom car cela nécessiterait un investissement trop important. Mais via une équipe, ce serait bien. Je sais que Le Mans et ses séries ont un gros impact au Japon. »
Propos recueillis par Anthony Megevand