European Le Mans Series

Barcelone, LMP1 : Des nouveautés et des interrogations…

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Après le début de l’ALMS, avec les 12 Heures de Sebring dont la victoire s’est uniquement jouée entre les diésélistes, c’est au tour des Le Mans Series de donner leur coup d’envoi. Le changement de décor est total : la quantité est plus grande et, en attendant les 1000km de Spa, les protos à moteur diesel sont pour le moment en infériorité numérique. Aston Martin, Oreca et Pescarolo rêvent de s’offrir la peau des Audi R10 du Team Kolles, à défaut de manger du Lion…

 

Avec la non-reconduction des deux grands constructeurs, Audi et Peugeot, qui ont préféré concentrer leurs efforts sur les 24 Heures du Mans, une page se tourne pour les Le Mans Series. Les vainqueurs des deux dernières éditions n’étant pas de la partie, les cartes sont totalement redistribuées et il apparaît bien difficile de faire un pronostic avant les premières séances d’essais libres. Les interrogations, elles sont bien nombreuses à l’heure de l’ouverture du championnat, sixième du nom. Les inconnues sont toujours présentes au moment d’aborder la première manche de la saison. Elles le sont d’autant plus avec les modifications apportées à la réglementation cet hiver : les brides des diesels ont été réduites, tout comme la largeur des ailerons pour l’ensemble des prototypes. Sans oublier la nouvelle règle pour les arrêts au stand. Qui aura gérer ces changements au mieux ? Première réponse dans quelques jours…

 

Aston Martin Racing
Lola-Aston Martin n°007 – Mücke/Charouz/Enge
Lola-Aston Martin n°009 – Primat/Turner/Ramos

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En s’engageant officiellement, Aston Martin est attendu au tournant. La firme britannique marque le retour d’un constructeur en « Essence » sur la scène européenne. Encore que cet engagement se fait avec un moteur de GT, donc avec des brides différentes… Toujours est-il qu’après une annonce prometteuse avec la Lola-Aston Martin engagée sous la bannière du Charouz Racing, AMR a décidé de reprendre le projet en son nom. La voiture a évolué, notamment au niveau du look. Cela paraissait évident d’un point de vue marketing. Pour les 50 ans de sa victoire au Mans, Aston Martin ne pouvait conserver un look identique aux autres coupés Lola.

 

Lors de sa première apparition, à l’occasion des Essais Officiels des Le Mans Series, la Lola-Aston Martin a scindé les passionnés d’endurance en deux clans : il y a ceux qui apprécient le look agressif de la bête et ceux qui restent perplexes par rapport aux changements effectués. Il est vrai que ce prototype n’a pas la finesse d’une Peugeot 908 ou d’une Dome S102. Il est vrai, aussi, que la calandre faisant référence aux modèles routiers n’était pas facile à intégrer.

 

Difficile de juger des bénéfices de ce nouveau kit-aéro : les deux Lola-Aston Martin présentes au HTTT n’avaient pas roulé avant de se rendre dans le sud de la France. Tout juste un shakedown sans carrosserie pour la n°007. Cette dernière n’aura d’ailleurs effectué qu’une seule journée. La coque a été touchée dans la sortie de piste de Tomas Enge et Aston Martin a d’ores et déjà dû puiser dans les réserves, la troisième coque qui était destinée au Mans en l’occurrence.

 

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Les deux protos aux couleurs Gulf se sont donc contentés des troisième et sixième chronos. Pas de quoi tirer la sonnette d’alarme bien sûr, mais des débuts suffisamment timides pour laisser planer le doute. Peut-être était-ce l’une des volontés d’AMR… méfions-nous tout de même : la B08/60 avait impressionné l’an dernier. Aussi bien son châssis que son moteur. Avec le talent de Prodrive pour optimiser une base déjà excellente, l’arme peut s’avérer redoutable. Du côté des pilotes, AMR a misé sur deux trios, là où plusieurs de ses principaux aligneront des duos. Les essais libres étant limités et les pilotes n’ayant pas eu énormément de temps de roulage durant l’hiver, Barcelone sera certainement une première épreuve synonyme de prise de marques.

 

On peut tout de même compter sur l’expérience de la n°007 : Stefan Mücke et Jan Charouz seront associés pour la troisième année consécutive, et l’Allemand a montré qu’il était l’un des hommes les plus rapides du plateau. Tomas Enge ne devrait pas dépareiller cet équipage. Pour la n°009, la donne est différente : après une bonne saison 2008 avec Pescarolo, Harold Primat découvre la voiture, tandis que Darren Turner, aussi talentueux soit-il, fait ses premiers pas en LMP1. Idem pour Miguel Ramos, qui débute dans la catégorie reine après une saison chez Vitaphone. Fiabilité et compétitivité du package, rapidité d’adaptation des équipages : voilà beaucoup d’interrogations avant un premier rendrez-vous !

 

Team ORECA-Matmut
Courage-Oreca LC70E n°10 – Ortelli/Senna
Courage-Oreca LC70E n°11 – Panis/Lapierre

 

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Si Aston Martin est attendue, la remarque vaut pour le Team ORECA-Matmut. 2008 marquait le retour de l’équipe varoise en LMP1 et on pouvait donc qualifier cette saison d’apprentissage. Performantes, les Courage-Oreca se sont toutefois montrées trop fragiles pour concrétiser leur potentiel. Assurément, les objectifs seront plus élevés cette année : en l’absence des deux grands constructeurs, les hommes d’Hugues de Chaunac veulent jouer les premiers rôles.

 

Pour cela, ils ont multiplié les kilomètres durant l’hiver, avec une auto qui a sensiblement évolué. Du côté de la mécanique, plus aucune pièce n’est commune avec la LC70, hormis la monocoque. Après une première métamorphose durant la précédente intersaison, l’équipe technique a dû intégrer un nouveau moteur, le V10 AIM, avant de mettre au point une nouvelle suspension. ORECA est également passé en soufflerie, avec pour résultat un nouveau kit-aéro qui fera son apparition à Spa.

 

C’est donc avec son package aéro 2008 que le Team ORECA-Matmut s’est présenté aux Tests Days. Avec un aileron plus grand que ces adversaires, la Courage-Oreca n°11 de Panis/Lapierre a dominé les débats. Cette performance s’explique-t-elle uniquement par la présence de cet aileron ? Probablement pas dans la mesure où certaines voitures équipées du petit aileron sont allées aussi vite, voir plus vite, que la saison dernière. L’écurie basée à Signes a beaucoup travaillé durant l’hiver et elle espère en tirer les bénéfices. Outre la performance pure, la fiabilité a été l’un des grands axes de développement. Sur la n°10, Ortelli/Senna/Ayari ont d’ailleurs mené une simulation longue durée globalement positive. Rappelons que seuls les deux premiers nommés seront de la partie en Espagne.

 

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Cela nous amène aux pilotes. En 2008, Olivier Panis et Nicolas Lapierre découvraient la discipline. Ils ont fait plus que remplir leur contrat, avec notamment une troisième place à Spa. Hugues de Chaunac a reconduit un tandem qui a rapidement montré une belle complémentarité. Sur la voiture sœur, Stéphane Ortelli sera toujours de l’aventure, lui qui est un des fidèles du team depuis de nombreuses années. Le Monégasque sera épaulé par Bruno Senna. Attendu en F1, le Brésilien fera finalement ses premiers pas en Endurance, avec une expérience se limitant à deux roulages. Mais dès ses premiers tours, il a montré qu’il n’était pas Vice-champion GP2 pour rien. Il lui reste à découvrir la gestion du trafic, un élément déterminant, surtout à Barcelone.

 

Un prototype qui a sérieusement évolué et des équipages homogènes pour une structure expérimentée. ORECA réunit beaucoup d’éléments qui placent le team parmi les favoris. Mais la concurrence sera féroce et le potentiel du V10 AIM reste à démontrer. La fiabilité sera certainement un paramètre capitale…

 

Signature-Plus
Courage-Oreca LC70E n°12 – Ragues/Mailleux

 

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Signature-Plus va vivre sa grande première en Catalogne. Spécialiste de la monoplace, l’équipe de Bourges s’est lancée dans un nouveau défi : l’endurance. Pour sa première année, elle a opté pour un châssis Courage-Oreca qui avait montré de belles dispositions en 2008. Les protégés de François Sinault devraient donc profiter d’un package relativement éprouvé, ce qui peut s’avérer être un sérieux avantage face à des concurrents qui sont encore en phase de préparation. Preuve de la solidité de la LC70E à moteur Judd, Pierre Ragues et Franck Mailleux ont accumulé les tours au Paul Ricard HTTT. Un premier bon point avant le début de la saison. Le niveau de performance a lui aussi été au rendez-vous, les deux hommes se montrant plus rapide qu’une des deux Courage-Oreca officielles. Voilà qui place Signature-Plus à un rang de potentiel trouble-fête.

 

Reste bien sûr les questions traditionnelles pour tout team débutant dans la discipline : il faudra s’adapter au format des courses, bien gérer la stratégie, les arrêts au stand ainsi que la gestion des pneus et de la mécanique. Si l’équipe a fait ses preuves depuis de nombreuses années en monoplace, elle ne connaît probablement pas son matériel aussi bien que des teams comme Pescarolo ou Oreca.

 

Pour pallier cette relative inexpérience, Signature-Plus aurait pu se tourner vers des vieux briscards de l’endurance. Elle a finalement opté pour la jeunesse. Pierre Ragues connaît bien cette philosophie puisqu’il était dans le même cas de figure en 2008, avec Saulnier Racing et Matthieu Lahaye. Cela lui avait bien réussit. Il sera cette fois associé à Franck Mailleux qui, à l’image du team, va connaître son baptême du feu en prototype. Comme l’an dernier, Pierre Ragues évoluera avec un coéquipier qu’il connaît bien. On sait que la bonne cohésion d’un tandem est primordiale. Cela devrait être le cas pour celui de la n°12. Alors bien sûr, d’autres structures semblent plus fortes sur le papier. Mais quelque chose nous dit que Signature-Plus pourrait bien surprendre…

 

Speedy Racing/Team Sebah
Lola B08/60-Aston Martin n°13 – Belicchi/Fässler/Prost

 

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Surprendre, voilà un terme qui pourrait tout aussi bien convenir au Speedy Racing/Team Sebah. Après avoir fait le grand saut en 2008, passant du GT2 au LMP2, Alexandre Pesci s’engage cette fois en LMP1 et en LMP2, toujours avec le soutien technique de la structure de Hugh et Bart Hayden. Pour sa première apparition dans la catégorie reine, l’association suisso-britannique s’est tournée vers la Lola-Aston Martin ayant appartenu au Charouz Racing System. Un choix intéressant dans la mesure où la B08/60 a été la meilleure ennemie des diéselistes.

 

Sppedy/Sebah a sorti sa nouvelle monture pour la première fois lors des Essais Officiels des Le Mans Series. Une première séance tardive à première vue. Impression que l’équipe s’est empressée d’infirmer, avec le deuxième temps au Castellet… devant les deux Lola-Aston Martin officielle ! Voilà qui ne nécessite pas de long discours : la n°13, car c’est son numéro, sera sûrement dans le coup. Le châssis Lola a montré toutes ses qualités, le V12 Aston Martin sera toujours l’un des moteurs Essence les plus puissants et le package avait fait preuve d’une bonne fiabilité en deuxième partie de saison 2008.

 

Du côté des pilotes, on peut faire confiance à l’expérience de Marcel Fässler et à la compétitivité d’Andrea Belicchi, qui a encore montré son talent lors des tests au HTTT. Champion Euro F3000 sortant, Nicolas Prost fera ses débuts dans la catégorie. Voilà un trio relativement homogène qui peut lutter régulièrement pour le podium. Pour le podium seulement ? Les objectifs du programme sont élevés et il y fort à parier que Speedy/Sebah ne se contentera pas d’un rôle d’outsider. En se projetant un peu, on pense notamment à l’Algarve, où l’équipe aura l’avantage de connaître le circuit…

 

Team Kolles
Audi R10 TDI n°14 – Meyrick/Krumm/Zwolsmann
Audi R10 TDI n°15 – Bakkerud/Albers/Karthikeyan

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Que peut-on attendre du Team Kolles ? Voilà une question qui brûle les lèvres de tous les passionnés d’Endurance. En dévoilant son intention d’aligner deux Audi R10, le team avait créé la surprise il y a quelques semaines de cela. La surprise a ensuite laissé place à un véritable silence radio. Et finalement, nous n’en savons que très peu sur le niveau de préparation de l’équipe du Dr Kolles, qui s’est contentée d’un programme d’essais relativement réduit. Les Audi R10 n’ont pas eu besoin de cacher leur jeu puisqu’elles n’ont pas participé aux tests du Paul Ricard !

 

Les Audi R10, cela fait partie des grandes interrogations qui planent sur le début de saison. Quel soutien la firme aux quatre anneaux apportera-t-elle à cette structure ? Officiellement, un apport technique. Et en réalité ? Car le Team Kolles est bien l’une des écuries satellites du constructeur d’Ingolstadt en DTM… Toujours concernant la mécanique, quel est le développement effectué par Audi sur les R10 TDI pour le nouveau règlement ? De la réponse dépendront certainement beaucoup de choses. Comment les prototypes allemands vont-ils réagir au petit aileron ? A la réduction des brides ? Et alors qu’Audi Sport concentre toutes ses énergies sur la R15, les qualités d’origine de la R10 suffiront-elles à résister à une meute de prototypes à moteur essence ? Mystère pour le moment.

 

Le Mans Series

En 2008, l’Audi R10 en était à sa troisième saison et il avait fallu tout le talent des hommes du Dr Ullrich pour venir à bout de Peugeot. Qu’en sera-t-il de la part d’un team qui découvre l’endurance. La fiabilité légendaire de la R10 fera-t-elle la différence ? Vous l’aurez compris, de nombreuses questions restent sans réponse…

 

Quant aux pilotes, seuls Michael Krumm et Christijan Albers ont un passé, plus ou moins important, en Endurance. L’Allemand, habitué du Super GT depuis de très nombreuses années, a déjà été vu au Mans à plusieurs reprises, notamment avec Nissan. On peut compter sur sa pointe de vitesse et son tempérament. Il sera sans doute le capitaine de route. Le Hollandais est le seul à avoir roulé avec la R10 en compétition. Certes passé par le DTM et la F1, il n’avait pas été particulièrement brillant lors de ses piges en ALMS. Pour le reste, le Team Kolles a misé sur des pilotes qui ne connaissent pas la discipline. Le premier objectif était de trouver le budget nécessaire. Meyrick, Zwolsman, Bakkerud et Kartikeyan : autant de noms qui ont montré certaines choses en monoplace, autant de noms qui devront rapidement s’adapter à la conduite d’un proto… et d’un diesel. Le défi est de taille !

 

Pescarolo Sport
Pescarolo LMP1 n°16 – Boullion/Tinseau
Pescarolo LMP1 n°17 – Barbosa/Jouanny

 

Après les changements apportés à l’équivalence Diesel/Essence, Henri Pescarolo avait repris espoir. C’est en tout cas ce qu’il nous avait dit au soir des 1000km de Silverstone. Le patron des Verts a agit en conséquence, avec un hiver studieux et… surprenant. Surprenant parce que Pescarolo Sport alignera une Peugeot 908 aux 24 Heures du Mans. Mais de Lionne, il n’est pas encore question à Barcelone. L’équipe sarthoise alignera deux LMP1 conçue dans ses ateliers. Et pourtant elles auront un look différent.

 

Pescarolo Sport a entrepris durant l’intersaison un important programme de soufflerie dont est issue une nouvelle voiture. Cette nouvelle aérodynamique, seule la n°16 l’arborera en Catalogne, l’équipe ayant terminé l’assemblage en ce début de semaine. Les nouvelles formes sont effectivement différentes, avec un nez qui semble plus fin et des pontons ouverts, dont le traitement n’est pas sans rappeler celui vu chez Dome. Certaines solutions sont originales, notamment à l’arrière du ponton, avec un appendice typé F1. C’est donc avec une certaine impatience que les premiers pas sont attendus du côté de Barcelone.

 

De tout temps, Pescarolo Sport est une valeur sûre. Cela sera à nouveau le cas en 2009, mais à une différence près : les Verts misent d’habitude sur une fiabilité sans faille, en plus d’une bonne performance pure. Cette fois, ils bénéficieront d’importantes évolutions sur le plan aérodynamique. De quoi aborder la saison avec ambition, et pourquoi pas reconquérir un titre déjà décroché entre 2005 et 2006. . En l’absence de Peugeot et Audi, Henri Pescarolo se voit donner une nouvelle occasion de montrer les qualités de son écurie et retrouver le haut de la hiérarchie. Avec Aston Martin et Oreca, ainsi que Speedy/Sebah en outsider, la bagarre sera intense pour être, une nouvelle fois, le meilleur représentant des Essence. Et peut être mieux selon le niveau des R10.

 

Du côté des pilotes, Pescarolo Sport a suivit sa philosophie habituelle, à savoir composer des équipages homogènes. Jean-Christophe Boullion sera bien évidemment le leader de la n°16. Il a en revanche perdu son fidèle partenaire, Emmanuel Collard. Mais Jules pourra compter sur un Christophe Tinseau particulièrement brillant l’an dernier. Un duo qui affiche une expérience assez impressionnante ! La n°17 sera confiée à un tandem inédit. Bruce Jouanny fait son retour, avec l’opportunité de briller sur le devant de la scène. Il sera épaulé par une autre valeur sûre de l’Endurance, Joao Barbosa. Pilier de Rollcentre depuis plusieurs saisons, le Portugais tient enfin un volant qui peut lui permettre de montrer tout son talent. Il a l’avantage de déjà connaître la voiture et le championnat.

 

A Barcelone, le team du Technopac n’aura pas tout ses œufs dans le même panier : nouveauté pour la n°16 et fiabilité pour la n°17, avec un dénominateur commun, l’expérience. Voilà en tout cas de sérieux atouts réunis par Pescarolo Sport.

 

Strakka Racing
Ginetta-Zytek 09S n°23 – Hardman/Leventis/Watts

 

Le Mans Series

Preuve que le niveau du LMP1 est particulièrement relevé, la Ginetta-Zytek du Strakka Racing fait office de petit poucet. L’équipe britannique va faire ses grands débuts dans la catégorie reine de l’Endurance, avec tout ce que cela suppose. L’apprentissage ne s’annonce pas aisé pour ce team dont l’expérience en Le Mans Series se limite à quelques apparitions en GT1, avec une Aston Martin DBR9. A chaque fois, le patron-pilote, Peter Hardman, était associé à Nick Leventis. Les deux hommes, qui seront épaulés par Danny Watts, poursuivent donc leur montée en régime avec ce nouveau programme.

 

Pour son nouveau défi, le duo peut compter sur un bolide redoutable, dont le potentiel a rarement été exploité à sa juste valeur. De tous temps, le châssis Zytek a été performant. On se souvient notamment des prestations réalisées en 2005 et 2006, en Le Mans Series ou en ALMS. Plus récemment, Olivier Pla et Danny Watts en avaient fait une nouvelle preuve lors du dernier Petit Le Mans. Le package est compétitif, il n’y a guère de doute là dessus. Absent en LMP1 l’an dernier, Zytek a pu prendre le temps de préparer son retour. La fiabilité ne devra pas non plus poser problème sur une course de six heures.

 

Reste que l’ensemble paraît relativement insuffisant pour lutter face aux gros calibres que son les Lola-Aston Martin, Oreca, Pescarolo et les Audi du Team Kolles. Essentiellement au niveau des pilotes, Peter Hardman et Nick Leventis pouvant être considérés comme deux gentlemen-drivers. Il faudra donc se tourner vers Danny Watts pour jouer les trouble-fêtes. Le Britannique est talentueux et il pourrait être un sérieux client lors des qualifications. Souhaitons que Strakka lui confie les reines de sa voiture en début de course, histoire d’animer les débats durant la première heure. Ensuite, il faudra se contenter de jouer la montre et d’attendre que les autres concurrents cassent. Si la Ginetta-Zytek parvient à éviter les embûches, elle pourra décrocher quelques résultats honorables. Dans le cas contraire, elle devra se contenter des dernières positions. Une seconde 09S devait être de la partie, engagée par le Team LNT, mais elle ne sera finalement pas au départ.

 

Le décor est planté, avec un certain nombre de questions en suspens. Les 1000km de Catalunya, nous apporterons probablement quelques enseignements intéressants…

 

Anthony Megevand

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