La rumeur avait commencé à circuler dans le paddock de Sebring. Elle paraissait plutôt surréaliste au premier abord et pourtant, elle est bien réelle : les concurrents du Patron GT3 Challenge pourront participer aux épreuves de l’American Le Mans Series à partir du Grand Prix d’Utah à Salt Lake City. Autrement dit, les Porsche GT3 Cup seront regroupées dans une catégorie « Challenge Class » et se mêleront aux LMP1, LMP2, GT1 et GT2 durant quatre autres courses : Lime Rock, Mid-Ohio, Road America et Mosport. Voilà qui a de quoi surprendre !
Ce choix, même si l’ALMS l’explique par la volonté de promouvoir une nouvelle génération de pilotes, a certainement été dicté par la volonté d’avoir un plateau plus conséquent. Sans ce renfort, l’ALMS aurait du se contenter d’une grille réduite à peau de chagrin. Ce sera probablement le cas à St-Petersburg et Long Beach, mais mettre des GT3 en piste sur des courses en ville aurait été risqué. Justement, comment va se traduire l’arrivée des GT3 au niveau de la sécurité : les dépassements ne sont pas évidents de manière générale, alors avec des GT3 qui vont plus ressembler à des chicanes mobiles qu’à de véritables concurrents, le nombre d’accidents risque bien d’augmenter. Un certain nombre de questions se posent : ces participants sont-ils suffisamment équipés pour les ravitaillements ? Le niveau des pilotes sera-t-il simplement suffisant ? Et finalement, comment va réagir l’ACO en voyant des GT3 intégrer une série badgée Le Mans ?
L’IMSA a en partie répondu à ces interrogations. L’organisme qui régit l’ALMS sélectionnera les pilotes selon différents critères de façon à s’assurer qu’ils ont le niveau suffisant. Afin de limiter les coûts, cette « Challenge Class » sera uniquement ouverte aux pensionnaires du Patron GT3 Challenge. Les Porsche 997 Cup correspondront à leur règlement technique habituel, y compris les pneus Yokohama, tout en courrant d’après les règles de l’ALMS.
L’American Le Mans Series espère ainsi mettre le pied à l’étriller à quelques concurrents, leur donner goût à l’aventure pour qu’ils franchissent le pas. Voilà qui est osé. Mais le championnat avait-il véritablement le choix ? Devait-il se contenter d’une petite vingtaine de voitures ? L’avenir nous dira si la décision est la bonne.
Nous allons en tout cas voir comment se comportent des GT3 face à des Le Mans Prototypes. Voilà qui est intéressant à l’heure où le GT est en pleine mutation. Le GT1 va disparaître : s’achemine-t-on vers une catégorie GT unique ou vers l’arrivée des GT3 aux côtés des GT2 ? Premier élément de réponse concret à Salt Lake City. Notons que la « Challenge Class » ne sera pas disputée au Petit Le Mans et à Laguna Seca.
Anthony Megevand