le BMW Sports Trophy Team India fait partie des équipes qui débutent en GT3 cette saison quoi que la structure espagnole qui s’occupe de la maintenance de la BMW Z4 GT3 était déjà de la partie l’an passé en World GT1, mais avec une Ford GT alignée sous l’entité Sunred. Pour cette campgane 2013, l’auto venant du Vita4One Racing Team est aux couleurs de l’Inde, pays de Arman Ebrahim. Le pilote Indien a débuté la saison avec Julien Jousse. C’est le Néerlandais Melroy Heemskerk qui était dans le baquet de la #6 sur ses terres de Zandvoort. C’est d’ailleurs lors du troisième meeting de l’année que le BMW Sports Trophy Team India est monté à deux reprises sur le podium (Pro-Am Cup). Si l’équipe qui fait rouler la BMW est d’origine espagnole, que l’équipage est néerlandais et indien, c’est bien un Français que l’on retrouve aux commandes de l’équipe avec Franck Tiné. Bien connu au sein des paddocks, l’Espagnol d’adoption fonde de gros espoirs sur cette deuxième partie de saison.
Laurent Mercier : Quel est le bilan à mi-saison ?
Franck Tiné : « Le bilan est plutôt positif, car nous n’avons cessé de progresser. Le meeting de Nogaro fut gâché par des drapeaux jaunes en qualifs, alors que Julien Jousse pouvait aisément rentrer en Superpole, ce qui était l’objectif. S’en suivirent des courses difficiles, il n’est pas original de dire que tenter une remontée avec une BMW manquant de vitesse de pointe face aux autres autos est mission impossible. A Zolder, des ajustements ont été fait dans l’équipe afin de vraiment mettre chacun à sa place et recréer une synergie suite au meeting français difficile. Il convient de rappeler que le team est composé d’allemand et d’espagnol. Tout semblait bien parti avec une belle cohésion, mais après de beaux premiers essais libres où nous étions dans le coup, un crash éliminatoire lors de la deuxième séance nous obligeait à remballer le matériel et à rentrer à la maison. Pour Zandvoort, nous avons remis les compteurs à zéro, en repartant du bon pied avec la structure en place. L’accueil d’un nouveau pilote était sur le papier un handicap, mais je pense que le team arrive à maturité et tout s’est bien déroulé, avec à la clé deux podiums. »
Ces deux podiums de Zandvoort sont plutôt prometteurs pour la fin de saison ?
« Ils sont prometteurs mais étaient attendus ! Nous n’avions pas le droit à l’erreur suite au meeting tronqué de Zolder, et finir dans les trois premiers de notre catégorie était clairement notre objectif. Nous avons une auto compétitive, et la grosse satisfaction vient du comportement d’Armaan Ebrahim dans ce meeting hollandais. il a enfin pris confiance et a réalisé des relais de toute beauté, en tenant un rythme très rapide et sûr tout en résistant à la pression des nombreux pilotes de haut niveau derrière lui. Il n’a pas eu non plus à rougir face aux autres pilotes BMW. Il ne lui reste qu’à réaliser les mêmes changements de pilote en course que ceux qu’il arrive à faire en essais pour viser encore plus haut : sans le temps perdu par les pilotes lors du pit stop, nous nous serions battus pour la victoire. »
Melroy Heemskerk a fait preuve d’une belle pointe de vitesse sur ses terres. Une surprise ?
« Melroy est arrivé avec une étiquette de spécialiste de Zandvoort, étant voisin du circuit : il venait même en vélo le matin! J’étais donc convaincu qu’il serait rapide dès les premiers tours des essais libres, mais c’est la suite qui importait, lorsque son avantage du terrain allait disparaître : allait-il s’adapter à l’auto ? Comment allait-il réagir en concourant dans un championnat de haut niveau face à des pilotes et des équipes dont seule l’évocation du nom peuvent impressionner un jeune pilote ? Après des qualifications un peu en dedans, il s’en est finalement bien sorti et a prouvé être un pilote complet et très pédagogue. Il a aussi impressionné sur sa capacité à s’intégrer et à communiquer, ce qui a plu à l’état major de BMW venu nous soutenir à Zandvoort. Le but serait de continuer avec lui car Armaan l’a beaucoup apprécié. Nous travaillons en ce moment avec ses sponsors pour voir la suite des évènements. »
Quel est ton regard sur le championnat ? Aller rouler en Sprint était le bon choix plutôt que le championnat Blancpain ?
« C’est définitivement le bon choix ! Nous bénéficions comme le Blancpain des standards SRO pour l’organisation du championnat, mais malgré le niveau présent, tout cela reste à l’échelle humaine. Nous avons une vraie cohésion entre les teams, et nous nous sentons écoutés et soutenus dans les décisions qui sont prises. Nous avons tous l’impression d’être une grande famille au départ d’une belle aventure, et pour avoir vécu les dernières heures du GT1, on ne peut que se réjouir de la réussite de ce championnat. Je pense que tout le monde joue le jeu, et les courses sont magnifiques. Il y a de belles batailles mais pas d’embouteillages aux stands. Tout le monde se respecte et va dans le même sens. Et puis, je dois l’avouer, ayant une culture du sprint monoplace, tourisme et Cup, j’ai un petit faible pour la bagarre sur la piste plus que pour la stratégie! »
Le meeting de Baku qui n’était pas prévu rajoute un peu de piment avec une course en ville. Un bon challenge ?
« C’est une excellente nouvelle pour tout le monde. Le seul reproche que l’on pouvait faire au FIA GT Series était son manque d’exotisme, surtout lorsqu’on a connu des circuits comme Abu Dhabi, San Luis en Argentine et des déplacements dépaysants, qui nous permettaient de faire connaitre le sport auto à de nouvelles cibles, pas vraiment préparées à ça! Mais ce manque est complètement réparé, car Baku est une course internationale et de ce que j’ai vu du circuit, ce sera un sacré challenge, et les images seront belles. Il ne faut pas non plus oublier que ces déplacements coûtent cher, et là encore je dois tirer mon chapeau à Stephane Ratel et son équipe, qui ont réussi à obtenir de très bonnes conditions pour les équipes. Nous avons donc définitivement un très beau championnat, avec un final magnifique. »
L’équipe prépare déjà 2014 ? Quelles sont les options ?
« On travaille avec les partenaires indiens et Armaan pour la suite, tout est encore ouvert quant aux choix qui pourront être faits, mais continuer en FIA GT Series avec une plus grosse structure est notre priorité! »
Propos recueillis par Laurent Mercier