Avec en moyenne plus de 240 000 spectateurs chaque année qui se déplacent des quatre coins du monde pour venir assister à cette épreuve, les 24 Heures du Mans restent une course unique au monde de part sa difficulté mais aussi son ambiance qui règne dans les divers campings ou parkings. Si cette ambiance monte progressivement depuis le lundi, le point d’orgue est atteint lors du week-end de course. Pour beaucoup cette course est devenue incontournable et chacun y va de son organisation pour ne rien louper de l’épreuve. Certains dorment en voiture, d’autres déplient la “canadienne” et puis il y a ceux qui n’hésitent pas à s’installer comme à la maison même si ce n’est que pour trois ou quatre jours. Partons à la rencontre d’un de ces passionnés avec Matthieu, qui fait tous les ans le trajet depuis le Lot accompagné de quelques membres de sa famille et de plusieurs amis.
Matthieu, depuis combien venez-vous aux 24 heures du Mans ?
“Depuis 1989. Au début les déplacements se faisaient en famille, puis des amis se sont mêlés au groupe. Et ça fait onze années que le cousin s’est également joint à nous.”
Comment avez-vous découvert cette épreuve ?
“Comme beaucoup, grâce à mon père ! Il y est venu pour la première fois en 1963. A l’époque il stationnait sur ce que l’on nommait le “Parc Vert”, et en 1990-1991 le “Parking Vert”. C’est en 1997 que nous avons décidé de venir nous installer au “Houx”, et depuis nous ne lui avons jamais été infidèle.”
Ce déplacement annuel est-il important pour vous ?
“Oh oui !! Très important ! Une fois par an on se retrouve entre passionnés dans une atmosphère unique. Quoi qu’il arrive, je ne peux pas manquer cette course et son ambiance. La famille est au courant et sait qu’il ne faut rien prévoir sur cette période de juin chaque année. Il m’est déjà arrivé de louper des mariages qui avaient lieu pendant le Mans car je ne pouvais faire autrement que de venir ici, en Sarthe.”
Comment s’organise votre week-end, vous avez des rituels, des habitudes ?
“Pas forcément des rituels, mais quelques “horaires calées” chaque année. Nous prenons des places dans la tribune au dessus des stands, la #34, et nous y allons pour voir le départ. On assiste à toute la mise en place sur la grille et le folklore qui va avec. Et puis il y a toujours quelque chose à voir sur cette grille avant le départ. Le samedi soir on aime bien aller se faire un petit apéritif aux “esses du karting”, mais pour le reste du week-end, il n’y a pas vraiment de rituels, on se promène un peu partout dans les zones spectateurs.”
Votre meilleur souvenir, un moment, une date, une auto ?
“Ma première fois en 1989 fût véritablement marquante, les “Gr C” étaient des autos impressionnantes ! Dans les années plus récentes, ce sont les Mercedes CLR qui ont marqué mon esprit. Je dois aussi reconnaitre que l’évolution qu’a apporté Audi à cette épreuve, et à l’Endurance en général, est tout bonnement impressionnante, que ce soit au niveau logistique ou technique.”
Votre déplacement s’organise longtemps à l’avance ?
“Pour les billets d’entrée et places de camping, ils sont achetés dès l’ouverture de la billetterie. Pour les préparatifs, comme nous avons maintenant l’habitude d’une édition à l’autre, on ne s’y attèle qu’une ou deux semaines avant. De plus tout est stocké au même endroit et comme nous sommes de mieux en mieux organisé chaque année, ça devient plus facile et rapide de se préparer.”
Un petit pincement le dimanche soir lorsque vous reprenez la route pour le Lot ?
“Non, pas spécialement, mais on se dit qu’on est repartit pour plus de 350 jours d’attente avant la prochaine… On reste malgré tout encore un peu dans la course pendant plusieurs jours, le temps de visualiser et trier les photos, découvrir les quelques news d’après course, lire les analyses techniques ici ou là…”
Vous rapportez quelques souvenirs de chaque édition ?
“On rapporte les journaux de l’édition à chaque fois, de véritables souvenirs lorsqu’on les feuillette plusieurs années plus tard. Je les ai tous depuis ma première en 1989. Il peut aussi nous arriver d’acheter un ou deux vêtements mais tout part d’un coup de coeur dans ces cas là.”
Pour finir, un petit mot sur cette édition du 90e anniversaire ?
“Une édition difficile avec ce drame de début de course… Difficile à suivre pour le public mais certainement difficile aussi pour les équipes et l’ACO.”
On vous revoit donc ici même en juin 2014 ?
“Évidemment ! (sourire…)”
Propos recueillis par Guillaume Robert