Présent cette saison en Championnat du Monde d’Endurance sur l’une des deux Morgan LMP2 du OAK Racing, le Toulousain partage son baquet avec David Heinemeier-Hansson et Alex Brundle. Meilleur chrono de la Journée Test puis poleman des 24 Heures du Mans en LMP2, Olivier Pla avait de quoi nourrir de grandes ambitions pour ces 24 Heures du Mans. Régulièrement en tête de la course avec des relais de haute facture, le Champion LMP2 Le Mans Series 2009 a affolé les chronos durant toute la semaine. On s’étonne encore qu’un constructeur LMP1 n’ait pas encore fait appel à ses services, aussi bien du côté de chez Audi, Toyota et maintenant Porsche. C’est finalement une deuxième place qui a récompensé le trio de la #24 la semaine passée, la victoire s’étant jouée à peu de choses face à l’autre Morgan de l’équipe sarthoise.
Laurent Mercier : Olivier, la course de la #24 s’est passée sans encombre et la victoire s’est jouée à peu de choses…
Olivier Pla : « Il est vrai que la deuxième place n’était pas le résultat escompté pour la #24 surtout après ce que l’on a pu voir aux essais. Les conditions de course étaient très dures et il a fallu éviter les pièges. Je suis très content de ce doublé pour l’équipe OAK Racing où les Morgan n’ont pas connu le moindre problème. L’équipe s’est contentée de changer les gommes et de remettre du carburant. C’est d’autant plus gratifiant que le niveau en LMP2 n’a jamais été aussi relevé. Notre prestation a permis de confirmer la qualité de préparation des autos. »
La sortie de piste du samedi s’est payée au prix fort…
« David est parti à la faute en début de soirée. On a perdu des places au classement mais nous sommes revenus durant la nuit. Malheureusement, nous avons été bloqués à deux reprises le dimanche matin en sortant des stands avec un feu rouge. Tout ce que l’on avait pu construire a été annulé le dimanche matin. Les compteurs ont été remis à zéro. C’est la faute à personne ! Avec la règle des safety-cars, c’est quitte ou double. A certains moments on est avantagé et à d’autres on peut perdre. C’est la règle et il faut l’accepter. Les pilotes de la #35 n’ont pas commis une seule erreur et ils sont récompensés. Je suis déçu sur le plan personnel mais aussi pour l’équipe technique de la #24 qui a travaillé d’arrache pied pour nous donner cette auto si compétitive. Si l’on regarde l’ensemble de la course, cette victoire était pour nous. Certes, on peut être déçu de cette deuxième place mais ce n’est rien à côté du décès d’Allan. C’est un rappel que le risque zéro n’existe pas. Ce qui s’est passé est très triste et je souhaite adresser mes plus sincères condoléances à sa famille et ses amis. »
On peut voir cette année que la catégorie LMP2 est plus relevée que jamais. C’est aussi ton avis ?
« C’était le cas cette année au Mans mais aussi en Championnat du Monde d’Endurance. Jacques (Nicolet) et Sébastien (Philippe) préparent tout en amont pour que cela se passe bien. Ce doublé aux 24 Heures du Mans est vraiment une bonne chose pour Onroak Automotive. On a pu voir que les cinq Morgan LMP2 ont été compétitives et que quatre ont rallié l’arrivée. Les courses d’endurance sont devenues de vrais sprints à part entière et Le Mans n’échappe pas à la règle. Il faut tout donner du début à la fin et chaque arrêt imprévu se paie au prix fort. Le Mans est une course si imprévisible où tout peut arriver. Les LMP2 sont généralement plus fragiles que les LMP1. Chaque année on peut s’attendre à rentrer l’auto dans le box durant la course. Là tout s’est déroulé pour le mieux sachant que l’on a donné le meilleur de nous mêmes sur chaque relais. J’ai pris un pied terrible en piste. Il ne fallait pas se poser de questions et tout donner. Nous allons maintenant nous battre pour le titre FIA WEC. »
Place maintenant à la Blancpain Endurance Series avec le team SMG. Là aussi de gros espoirs sont permis ?
« La Blancpain Endurance Series est certainement le championnat GT3 le plus relevé. Le niveau y est très relevé et je suis ravi de faire partie du team SMG de Philippe Gache. Vu le nombre d’autos en piste, on ne peut pas dire que les qualifications soient de tout repos. Je roulerai également avec Nico (Armindo) et Eric (Clément) à Spa. Avec plus de 70 GT3 attendues, on sait déjà qu’il ne sera pas facile de se faire une place. Eric dispute sa seconde saison en GT et il a énormément progressé. »
Propos recueillis par Laurent Mercier