Lorsque l’on cherche le nom d’un pilote polyvalent dans le paddock, le nom de Jonny Kane surgit très rapidement. En effet, le pilote britannique connaît toutes les catégories et moult voitures de ces dernières années : de la Bentley Speed à la Spyker, en passant par la TVR ou l’Embassy. Après l’arrêt du programme du team britannique, Jonny a trouvé un refuge enviable dans le baquet la Lola B08/80 engagée par le Speedy Racing/Team Sebah enLe Mans Series et les 24 Heures du Mans 2009.
Jonny, comment es-tu arrivé dans l’écurie helvète ?
« Très simplement : j’ai couru pour Speedy Racing il y a deux saison avec la Spyker C8 Spyder en Le Mans Series, je connaissais donc bien l’équipe. A la fin de la saison 2007, l’achat de la Lola LMP2 n’était pas encore d’actualité pour le team et j’ai reçu une proposition très intéressante de la part d’Embassy Racing avec un programme de développement de plusieurs années : je ne pouvais refuser un tel contrat et j’étais même serein car pour la première fois depuis plusieurs années, je savais où je serais la saison suivante alors que la précédente n’était pas finie. Malheureusement, je suis tombé de haut lors de l’annonce de l’arrêt brutal du programme d’Embassy Racing. Le seul côté positif de cette situation, c’est que j’appris la nouvelle très tôt dans la saison, ce qui m’a laissé du temps pour intégrer un autre projet. J’ai alors contacté Alexandre Pesci (propriétaire de l’écurie Speedy Racing Team Sebah) qui m’a avoué envisager l’achat d’un second prototype et donc trois places potentielles de pilotes. Une fois la Lola-Aston Martin acquise, nous sommes arrivés à un accord pour que je prenne le volant de la Lola-Judd LMP2 et j’en suis ravi. »
Comment se sont passées les retrouvailles avec un prototype fermé après la Bentley de 2003 ?
« Les gens se font un monde d’une voiture fermée quand ils la voient dans le garage, mais en fait, au bout de quelques tours tu oublies complètement le toit ! La visibilité n’est pas non plus affectée car tu te concentres sur ce qu’il se passe devant toi et non derrière : les rétroviseurs sont suffisants. Le seul facteur qui te rappelle que tu es assis dans une auto fermée est la chaleur et aujourd’hui nous avons la climatisation. Avec une météo relativement fraîche comme nous avons eue hier, tu ne te rends pas compte de la présence ou non de l’air conditionné car l’habitacle ne chauffe pas. En revanche, en juin, il peut faire très chaud sous la bulle ou dans une GT, il fallait donc faire quelque chose. Je me souviens avoir été au bord de l’évanouissement plusieurs fois à cause de la chaleur dans le cockpit : ton pilotage est forcément affecté par ton état physique, l’équipe a tout intérêt à ce que le pilote soit au mieux dans le baquet. »
Que t’a appris la séance d’essais ?
« Le but était de me familiariser avec l’auto. Xavier (Pompidou) a la malchance de bien connaître la voiture, donc il a été puni et il a très peu roulé le premier jour (rires) ! J’ai bouclé une trentaine de tours sans problème et je me sens déjà très bien dans l’auto. Je pense que nous avons de bonnes chances au championnat : nous sommes rapides même si nous conservons une marge de progression, et nous faisons tout pour que la fiabilité soit au rendez-vous. Au Mans, ce sera plus dur car nous allons retrouver les Porsche RS Spyder qui ont tout raflé l’an dernier, c’est pourquoi notre but est d’atteindre, voire de dépasser la vitesse de pointe du prototype allemand. Nous allons travailler dans cette optique lors de notre séance d’essais de deux jours prévue dans une quinzaine de jours sur le circuit de l’Algarve au Portugal. Je suis confiant sur les capacités de la Lola-Judd : je pense que nous avons l’outil pour gagner. A nous de jouer maintenant ! »
Propos recueillis par Cécile Bonardel