Le Mans

Thomas Dagoneau : "On aurait dit un gosse de 12 ans."

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Né au Mans en 1984, Thomas Dagoneau a forcément baigné dans les 24 Heures du Mans depuis son plus jeune âge. L’an passé, il touche de près son but suite à la mise en place de So24! où l’objectif est de mettre un trio de sarthois sur la même auto au départ des 24 Heures du Mans. C’est finalement son compère Bastien Brière qui roulera sur la ORECA 03 du Boutsen Ginion Racing. Thomas devra attendre 2013 pour faire ses débuts sur le grand circuit. Ses débuts en compétition remontent à 2001 en karting avant d’avoir deux ans plus tard un certain Luc Alphand comme parrain sportif. On l’a vu ensuite en Fun Cup, Peugeot Spider 207 THP mais aussi en Formula Le Mans en 2012, toujours chez Boutsen Ginion Racing. C’est fort d’une année de collaboration avec le team belge que le Manceau remet le couvert cette saison avec l’écurie d’Olivier Lainé en l’European Le Mans Series au volant de la ORECA 03. Pour sa troisième vraie course dans la catégorie, Thomas va s’attaquer au gros morceau qu’est Le Mans. Force est de constater que la Journée Test s’est plutôt bien déroulée avec un meilleur chrono en-dessous de la barre des 4.00 mn au tour, sa mission étant de boucler les dix tours réglementaires et de prendre ses marques. Dans quelques jours, le local de l’étape va vivre un rêve de gosse sachant que l’objectif n’est pas seulement de participer, mais aussi de bien figurer.

 

Laurent Mercier : Quel est le bilan à l’issue de la Journée Test ?

Thomas Dagoneau : « C’était magique ! Durant mes deux premiers tours, j’étais comme un gamin avec un large sourire dans le casque. On aurait dit un gosse de 12 ans. J’ai eu la pêche toute la journée et même encore aujourd’hui. Ce circuit est magique et magnifique. C’est même dur à décrire. Ma mission de la matinée était de surtout bien faire attention à ne pas sortir compte tenu des conditions de piste. Il a fallu prendre les bons repères. Le vrai travail a pu commencer dans l’après-midi. Au final, nous avons été quatre à rouler puisque Bastien a effectué quelques tours. J’ai dû faire une bonne vingtaine de boucles. »


Qu’est ce qui a été le plus difficile à appréhender ?

« Les LMP1 ! Par chance il n’y en a que huit. Dans les Hunaudières, je regardais dans les rétros au beau milieu de la ligne droite, avant de freiner, avant le point de corde et en sortant. A certains moments, on se croirait dans un jeu vidéo tellement les autos de pointe arrivent vite. Il faut absolument anticiper. Le matin, de la sortie de la seconde chicane à Indianapolis, je ne voyais strictement rien avec les gerbes d’eau. C’était très compliqué ! Par chance, la pluie s’est estompée dans l’après-midi et les repères ont été plus faciles à prendre. Le rythme était de mieux en mieux. Il ne fallait surtout pas brûler les étapes et y aller petit à petit. Le team n’est ni Audi ni Toyota et toute sortie était à prescrire. Avec Bastien, il y a un an de travail derrière ce projet et tout se structure depuis le début de l’année. Physiquement, tout s’est bien passé et sur le plan du mental, là aussi il y a le travail d’un an. J’ai pris beaucoup de plaisir, ce qui fait que le reste suit. Au début, je pensais que les Esses Porsche étaient un endroit compliqué. Finalement, la confiance vient rapidement. »

 

C’est un peu paradoxal mais tu découvres un environnement que tu connais par cœur…

« Je connais bien les lieux et c’est certainement un avantage pour la confiance. Mais maintenant je comprends mieux pourquoi ce circuit est si particulier. Il n’y a rien de comparable avec un autre endroit. Ce sont des sensations particulières. Je suis content d’avoir roulé sous la pluie. A chaque fois que j’ai pris la piste, j’ai progressé. Il faut garder la sérénité. Il me reste à appréhender la nuit même si je compte de nombreuses courses de 24 heures derrière moi. Je vais aussi m’entraîner en VTT avec un coach pour un roulage de nuit afin d’avoir les bonnes sensations. »

 

N’est ce pas un peu compliqué d’être un équipage entièrement débutant ?

« L’expérience de Bastien est très importante et nous avons également à nos côtés Bruno Besson. Ils sont de bons conseils. La mission est de terminer la course. »

 

Le roulage en Formula Le Mans a été une précieuse aide pour toi ?

« Il y a tout juste un, j’étais déçu de ne pas prendre part aux 24 Heures du Mans. Avec le recul, je ne regrette pas la décision de ne pas avoir roulé. La LMPC m’a beaucoup appris. C’est une très bonne formule pour apprendre le pilotage d’un prototype. Nous sommes là et nous avons notre place. »


L’objectif reste d’avoir un équipage sarthois dans la même auto ?

« Bastien et moi en 2014, c’est clair que c’est l’idéal et si l’on peut avoir un troisième sarthois, ce serait encore mieux. Tout va dépendre de quelle façon va grandir So24 !. En 2012, nous avions 67 entreprises qui nous soutenaient, 200 donateurs et 5 institutions Là nous sommes à 101 entreprises, 280 donateurs et 5 institutions. Il ne faut pas oublier que la conjoncture économique n’est pas facile. On espère repartir sur le même schéma en 2014. Nous sommes satisfaits de travailler avec l’équipe d’Olivier Lainé. C’est le premier à avoir cru dans le projet. Bastien a vu l’arrivée des 24 Heures du Mans l’année passée pour la première fois. On a un partenariat qui fonctionne. »

 

Propos recueillis par Laurent Mercier

 

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