Tristan Gommendy fait partie des pilotes qui ont touché à l’Endurance très jeune. Champion de France de Formule 3 en 2002 mais aussi vainqueur du très réputé Macau F3 cette même année, le natif du Chesnay a débuté au Mans en 2003 sur une Dome alignée par la structure de Jan Lammers. Dès ses débuts dans la Sarthe, il rafle le prix Jean Rondeau qui récompense le meilleur rookie. De quoi se voir ouvrir des portes pour le futur. Cependant, il lâche la discipline pour revenir en monoplace via les GP2 Series, le Champ Car puis la Superleague Formula pour le compte du FC Porto. Il revient tout de même faire une pige en Endurance sur une WR-Zytek en 2009/2010 tout en roulant en Superleague. Pour ces 24 Heures du Mans 2013, Tristan Gommendy pilote l’Alpine A450 en compagnie de Pierre Ragues et Neslon Panciatici. L’objectif du trio est faire à nouveau briller les couleurs de la marque dieppoise au Mans. Force est de constater que la Journée Test a permis de montrer le potentiel des pilotes et de l’auto engagée par Signatech-Alpine dirigé par Philippe Sinault avec les 2ème et 3ème chronos pour les belles bleues.
Laurent Mercier : Dix ans après tes débuts au Mans, c’est un retour aux sources pour toi.
Tristan Gommendy : « Dome m’a remarqué lors de ma victoire à Macau. A l’époque, le constructeur cherchait un pilote rapide pour rouler aux 24 Heures du Mans. De plus, Jan (Lammers) souhaitait enrôler un pilote français et me voilà parti pour participer aux 24 Heures du Mans. C’était plutôt rare de rouler dans une telle équipe à 22 ans. J’ai ensuite évolué en World Series by Renault où j’étais deuxième du championnat à trois courses de la fin. Il y a ensuite eu deux belles périodes avec le Champ Car et la Superleague Formula qui était une auto fabuleuse avec son push-to-pass. Le niveau était vraiment relevé. Ensuite, j’ai envoyé mon CV au Dr Ullrich où j’ai roulé en essais durant une semaine au volant d’une Audi R15 TDI+. L’idée était de remplacer Dindo Capello qui n’est finalement pas parti. Joachim Hausner était en charge du programme mais il n’y a pas eu d’opportunité pour moi puisqu’ils ont pris Marco Bonanomi. Il y ensuite eu le projet WR avec la famille Salini qui m’avait donné carte blanche pour ce programme. »
Il y a maintenant Alpine. Une belle satisfaction ?
« Il était prévu d’aligner deux A450 en FIA WEC et aux 24 Heures du Mans. Philippe (Sinault) me voulait dans l’équipage mais tout a été plus long à se finaliser. Il n’y a pas une seule semaine depuis septembre où on ne s’est pas parlé. Bernard Ollivier est arrivé dans l’échiquier Alpine. Je le connaissais depuis l’époque World Series où il dirigeait Renault Sport. J’ai bouclé une vingtaine de tours au Castellet où il n’était même pas prévu que je roule. A l’issue des essais, tout le monde était rassuré et moi le premier. »
Tu travailles déjà pour 2014 ?
« L’objectif de Signatech-Alpine est de faire rouler une deuxième auto d’ici la fin de l’année. Je viens ici en appui pour la suite. On travaille déjà pour 2014. Je me suis battu comme un beau diable pour être ici et je compte bien y rester. Chez Alpine, je me sens comme chez moi et j’espère faire partie de l’aventure le plus longtemps possible. L’aventure humaine est très belle est j’espère être là quand elle gagnera. »
Il y a beaucoup d’attente des fans français. C’est une fierté de porter les couleurs Alpine ?
« Il n’y a pas une seule journée où on ne m’en parle pas. Beaucoup de gens ont Alpine dans le cœur. Pour moi, Alpine a une image de victoire. On sait qu’ils ont tout gagné et il y a un vrai engouement. Il s’est passé des choses que je n’ai pas vécu. »
C’est une première étape pour la marque…
« Il faut bien redémarrer la machine Alpine. Il ne faut surtout pas oublier que l’avant de la toute première Alpine était emprunté à une Alfa Romeo et l’arrière à une auto de Colin Chapman. Alpine existe vraiment. Le châssis actuel est une base pour démarrer. La volonté de tendre vers un vrai constructeur est bien là mais jusqu’en 2016, il n’y a pas de produit à vendre donc pas de rentrée d’argent. Il faut trouver des solutions et celle-ci est la plus judicieuse. »
Propos recueillis par Laurent Mercier