Fidèle au Team SOFREV-ASP depuis plusieurs années, Jean-Luc Beaubelique rempile cette saison au sein de la structure de Jérôme Policand, toujours avec deux programmes qui passent par la Blancpain Endurance Series et le Championnat de France GT. Après deux meetings, le Limougeaud associé à ses compères Patrice Goueslard et Jean-Luc Blanchemain mène les débats dans le championnat Blancpain dans la classe Gentlemen Trophy. Sur la scène nationale, la Ferrari 458 Italia GT3 qu’il partage avec Soheil Ayari a dominé la course 2 du dernier meeting d’Imola, si bien que le tandem se rapproche de la tête du championnat. Une semaine après avoir terminé au pied du podium à Silverstone en Blancpain Endurance Series, Jean-Luc Beaubelique sera à Spa-Francorchamps dans quelques jours pour la troisième étape du GT Tour. De quoi faire un premier bilan…
Laurent Mercier : Avant d’aller rouler à Spa, il y avait Imola avec une domination du Team SOFREV-ASP. Le circuit italien était propice aux Ferrari ?
Jean-Luc Beaubelique : « Les Ferrari ont eu droit à des plus grosses brides (ndlr : +3mm) à l’issue du meeting du Mans mais en contrepartie, elles ont pris 10 kg. L’essentiel du résultat n’est pas là. En Blancpain Endurance Series, nous avons des brides de 43 mm (ndlr : contre 41 à Imola) et nous n’avons pas été plus rapides qu’en Italie. La stratégie de l’équipe a été parfaite depuis les premiers essais en sauvant deux pneus neufs pour les qualifications. En course 2, nous avons tenté le coup de rentrer à seulement quelques secondes de la fermeture de la fenêtre. De plus, nous avons maintenant la possibilité d’opérer des réglages sur l’amortissement, notamment au niveau des ressorts. Le panel de set-up est maintenant plus large qu’auparavant. A Imola, ce changement a été bénéfique et l’équipe a su trouver les réglages parfaits. Je suis ravi de cette victoire en compagnie de Soheil et du doublé de l’équipe. »
Selon toi, le niveau en GT Tour est encore plus relevé qu’en 2012 ?
« Les « B » sont encore meilleurs et les « A » sont sensiblement les mêmes que l’année passée. Les courses sont toujours aussi relevées et on remarque que jusqu’à présent les meetings sont plus propres avec moins de casse. Les autos coûtent beaucoup d’argent et nous ne sommes pas en Formule Renault. Les pilotes sont là pour rouler dans les meilleures conditions possibles. Il y a plutôt une bonne ambiance entre les pilotes. Je tiens à féliciter ORECA pour l’organisation, l’aspect du paddock et la convivialité. C’est un plaisir que de recevoir des gens. On sent que la machine est rôdée. J’ai pris du plaisir à rouler à Imola même si je suis un peu déçu de ne plus rouler à Nogaro ou Albi. Il faut des meetings cohérents avec du public, ce qui n’était pas vraiment le cas à Imola. Par contre, j’ai bien conscience qu’il est intéressant d’aller rouler sur de nouveaux circuits pour les pilotes. »
L’équilibre entre les autos est bon ?
« La Ferrari était quelque peu avantagée à Imola mais elle le sera moins sur d’autres circuits. Sur le plan sportif, on ne s’est pas plaint de la BOP lorsque la Porsche dominait assez outrageusement. On a accepté cette règle durant deux ans. Je pense que la Balance de Performance est mieux équilibrée que par le passé. Auparavant, il y avait Porsche et les autres. Nous avons un moteur de 4.5l pour des brides de 41, le 5l Audi est à 43 et le 4l Porsche à 57. L’équilibre est intelligent. N’oublions pas que des équipes découvrent encore leurs autos. »
Et la catégorisation de pilotes ?
« Selon moi, elle n’est pas assez limpide. On juge les performances des pilotes au lieu de juger la catégorisation. Des pilotes peuvent prendre 10s de pénalité, ce qui n’est pas assez. Des vrais pilotes « B » peuvent aussi prendre cette même pénalité (ndlr : Gilles Vannelet aura droit à 10s de pénalité à compter de Spa). On accepte mais ce n’est pas cohérent. Je ne veux pas faire de polémique mais juste un constat. Ce n’est qu’un jugement de ce dysfonctionnement. »
Le début de saison en Blancpain Endurance Series est plutôt positif avec deux bons résultats…
« Il est vrai que la saison débute assez bien. Avec Patrice (Goueslard), nous sommes rôdés et nous avons le renfort de Jean-Luc (Blanchemain) qui retrouve la compétition dans un championnat GT européen de haut niveau. Il reprend ses marques et nous prenons du plaisir à rouler tous les trois. Les meetings sont très bien organisés et nous sommes ravis de la mise en place du Bronze Test le samedi matin. Le plateau est magnifique avec une grille garnie. Il faut tout de même faire attention car 60 GT3 c’est beaucoup, pas tant sur la piste, mais dans les stands. C’est plus compliqué pour trouver son propre stand et plus dur pour ceux qui débutent. Cinquante autos feraient le même spectacle. J’apprécie de rouler dans ce championnat où la stratégie est primordiale. Il y a un vrai travail d’équipe aussi bien pour les pilotes que l’équipe en elle-même. Les secondes perdues coûtent cher… »
A titre personnel, la prochaine étape sera les 24 Heures du Mans ?
« Comme tout pilote, je rêve de disputer les 24 Heures du Mans. Je n’ai jamais roulé sur le grand circuit et il faut trouver la bonne opportunité. Rouler en GTE au milieu de LMP1 ne doit pas être évident et il faut appréhender cette course si relevée. Bien entendu, Le Mans trotte dans un coin de ma tête. Selon ce que fera Jérôme et son équipe à l’avenir, pourquoi pas… Sur le plan professionnel, je n’ai pas le temps de participer à un Championnat du Monde d’Endurance complet mais rouler en European Le Mans Series avec au menu les 24 Heures du Mans, c’est une réflexion à avoir. »
Propos recueillis par Laurent Mercier