Battu de peu l’an passé en Blancpain Endurance Series, le Marc VDS Racing Team revient cette saison avec la ferme intention de rafler les deux couronnes. Pour cela, deux BMW Z4 GT3 sont de la partie avec d’un côté Maxime Martin Bas Leinders et Yelmer Buurman, et de l’autre Nick Catsburg, Henri Moser et Markus Palttala. Deux équipages pour jouer les premiers rôles en Pro-Cup ! Si la présence en Blancpain est le programme majeur de l’équipe, il ne faut pas oublier le VLN et plus précisément les 24 Heures du Nürburgring où les Belges ont brillé il y a deux semaines, avec un Max Martin faisant office de maître nageur dans le massif de l’Eifel. Après plusieurs saisons passées en GT, on sait que le prototype titille le team de Marc van der Straten surtout qu’il y a eu une première expérience aux 24 Heures du Mans 2011 avec une Lola Aston Martin. De quoi aborder pas mal de sujets avec Bas Leinders, pilote et team principal du Marc VDS Racing Team.
Laurent Mercier : Bas, revenons tout d’abord sur les 24 Heures du Nürburgring. Une bonne prestation d’ensemble ?
Bas Leinders : « Rouler sur la Nordschleife fait qu’il y a des choses que l’on ne peut ni prévoir ni prédire. Si je prends le cas de la BMW que je partageais avec Richard (Göransson), Markus (Palttala) et Henri (Moser), nous n’avons pas eu de chance. Un concurrent part en toupie, touche le rail et revient brusquement sur la piste. L’Audi de Marcel Fässler parvient à l’éviter de justesse et l’auto en perdition vient me taper, ce qui a mis fin à notre course. C’est la loi de la Nordschleife et on ne peut que l’accepter. Si j’étais sorti seul de la piste, il y aurait une remise en question personnelle mais pas dans ce cas. C’est dommage car la voiture se comportait bien. La tenue de route était parfaite et les pilotes roulaient sans être le couteau entre les dents. »
Les conditions étaient trop compliquées pour poursuivre en piste au moment de l’interruption ?
« J’ai pris la piste peu de temps avant l’interruption. J’ai suivi l’Audi #1 car j’avais peu roulé sous la pluie. C’était vraiment difficile. Lorsque le drapeau rouge a été sorti, j’étais tout de même soulagé. Je pense que s’il n’y avait eu que des GT3 en piste, nous aurions pu poursuivre à un rythme moins élevé mais là les écarts entre les autos et les pilotes en piste étaient trop importants. La particularité des 24 Heures du Nürburgring est qu’il y a de vrais amateurs et il faut en tenir compte. A posteriori, peut-être que la course aurait pu reprendre plus tôt. On ne peut qu’avoir du respect pour Le Mans mais la Nordschleife, c’est autre chose. C’est un sacré challenge technique et pour un pilote c’est bien plus compliqué. »
Maxime a été l’homme de la course. C’est aussi ton avis ?
« Le dimanche soir il pleuvait beaucoup. Sous la pluie, il a une totale confiance dans l’auto sachant que ce ne sont que ses deuxièmes 24 Heures du Nürburgring. C’est quelqu’un qui apprend très vite un tracé, ce qui est primordial dans ce cas. La BMW se comportait très bien sous la pluie car nous avions trouvé le bon compromis entre sec et pluie. Max roulait plus de 20 secondes plus vite que la concurrence sans prendre de risques. Les autres peuvent dire ce qu’ils veulent mais c’est bien le pilote de référence dans le monde en GT. A 3h30 de la fin, on lui a dit : « tu as carte blanche car on y va pour la gagne. Tu peux y aller à bloc. » Et c’est ce qu’il a fait. Après la 4ème place en 2012, c’est un meilleur résultat mais ce n’est pas la victoire. »
Le prochain gros objectif sera les 24 Heures de Spa ?
« Oui car si il y a bien une course que nous aurions dû gagner en 2012, c’est bien Spa. On va tout faire pour même si la BMW n’est pas très bien en vitesse de pointe. Avec le dernier ajustement, c’est un peu mieux. Le moteur manque de puissance et nous sommes limités techniquement. Nous avions le même souci avec la Ford GT où là aussi le châssis était bon tout comme l’aéro. J’espère déjà que pour le meeting du Paul Ricard, il y aura la chicane. »
Avant il y a Silverstone. Là aussi il va falloir décrocher un bon résultat…
« Le problème reste le nombre d’autos. A Monza, nous avons perdu 35 secondes dans les stands. Les courses de trois heures imposent deux arrêts avec changement de pilotes. Le problème est que les circuits n’imposent pas un maximum d’autos dans une pitlane. Ici il y a moins au moins dix autos en trop pour avoir quelque chose d’acceptable niveau espace. Malgré tout, ce championnat a un potentiel énorme et il faut juste revoir la gestion de la pitlane. Certes la marge pour s’arrêter est plus grande qu’à Monza mais ce n’est pas encore assez. »
Parlons de l’avenir. Il y a quelques semaines, le team était en essais à Magny-Cours où était aussi en piste une BMW Z4 GTE. C’est l’avenir pour le team ?
« Il faut savoir que plusieurs membres de l’équipe sont allés à Munich pour aider à la construction des autos. A Magny-Cours, nous n’étions là que pour le roulage et à ce jour, il n’y a pas de suite prévue. Si on devait voir arriver des BMW Z4 GTE à court terme en FIA WEC, pourquoi pas. Les relations avec BMW sont très bonnes mais rien n’est acquis sur le long terme. Je pense qu’en 2014 nous reviendrons au Nürburgring pour gagner la course. C’est déjà une chose. »
On a aussi parlé d’une possible arrivée en LMP2. Qu’en est-il ?
« A titre personnel, j’ai bien aimé le programme LMP1 et plusieurs personnes de l’équipe ont l’expérience des prototypes. Pour l’avenir, cela reste une possibilité. Il est vrai qu’il y a eu des discussions pour cette année mais il faut prendre des décisions. Pour nous, aucune piste n’est écartée pour 2014, et même refaire la même chose que cette année. En revanche, il n’est pas prévu de rouler dans des courses sprint en 2013. Il vaut mieux faire peu mais faire bien. »
Propos recueillis par Laurent Mercier