Le Mans

Manu Rodrigues : "Je suis prêt et affûté pour Le Mans!"

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Absent une partie de la saison dernière le temps de récupérer d’une vilaine blessure hivernale, Manu Rodrigues n’a pris part qu’aux 24 Heures du Mans. C’est donc l’esprit gonflé à bloc que le Franco-Portugais attaque 2013. Après deux meetings en Coupe de France GT sur une Ferrari 458 Italia GT3 du JMB Racing, c’est bien lui qui pointe aux commandes du championnat en compagnie de Patrice Madeleine. Malheureusement, un manque de budget pourrait l’empêcher de poursuivre l’aventure sur la scène nationale et de défendre ses chances au championnat. Le Mans sera l’axe majeur de son année et ce pour la cinquième année consécutive. On l’a vu débuter dans la Sarthe en 2009 sur une Ferrari F430 du JMB Racing avant de piloter une Audi R10 TDI du team Kolles, puis deux nouvelles éditions au sein du team de Nicolas Misslin. L’équipe varoise étant absente cette année au Mans, Manu Rodrigues a dû se partir en quête d’un nouveau team. C’est finalement sur une Corvette C6.R alignée par Larbre Compétition qu’on va le retrouver, qui plus est aux côtés de Phillippe Dumas, le troisième homme étant Cooper MacNeil. De quoi s’assurer un beau résultat en terre mancelle. Une semaine après s’être imposé en Coupe de France GT à Imola, l’ancien pensionnaire Hexis Racing en FIA-GT3 (3ème du championnat 2009 avec Fred Mako) a pris la direction du Val de Vienne pour découvrir « sa » GT américaine.

 

Laurent Mercier : Manu, quel est le bilan de cette première journée passée dans la Corvette ?

Manu Rodrigues : « Je suis agréablement surpris même si je n’ai pas encore trouvé la position idéale en ce qui concerne le volant. Cette Corvette est une vraie auto de course avec un bruit d’enfer. A l’intérieur, c’est impressionnant. C’est plus qu’une grosse GT3. Le matin, j’ai bouclé une dizaine de tours sur une piste séchante avant de rouler sur le sec l’après-midi. C’était le seul roulage avant la Journée Test. On voudrait toujours rouler plus mais vu le professionnalisme de l’équipe, cela devrait suffire. Je suis habitué aux anglaises et aux italiennes, et je dois dompter cette belle américaine. La C6.R a un couple incroyable. Larbre Compétition fait partie des équipes de référence et je joins l’utile à l’agréable en ayant Philippe dans le baquet et une partie du team Hexis. »

 

On a bien failli te voir au Mans sur une Aston Martin DBR9 alignée par Hexis Racing…

« En 2009, on avait tout : l’auto, le team, les pilotes. Il n’a manqué qu’une seule chose : l’invitation. On y a cru. Lorsque la liste des engagés est sortie, nous étions en essais à Adria pour préparer le meeting FIA-GT3. C’était une énorme déception pour toute l’équipe. Pour moi, la boucle n’est pas encore bouclée car Julien n’est pas avec nous. Aller au Mans avec Hexis et mon neveu était un rêve. Pourquoi pas à l’avenir… Si je n’ai pas la possibilité de le faire un jour avec Hexis, alors j’espère que Julien le pourra. L’avenir nous le dira. J’ai déjà disputé les 24 Heures du Mans à trois reprises en GT et j’ai toujours terminé. »

 

Tu t’attends à un niveau plus relevé cette année ?

« Oui le niveau est encore monté. Il faudra être régulier et ne pas commettre de faute. On fera les comptes le dimanche 23 juin à 15 heures. Nous avons l’équipe qu’il faut pour bien figurer. Si les pilotes ne commettent pas de fautes, l’équipe n’en commettra pas. Jack manage son team de main de fer et le sérieux de Larbre Compétition n’est plus à prouver depuis bien longtemps. J’ai roulé au Mans pour la première fois en 2009 et les occasions se sont ensuite succédées grâce à Philippe (Dumas). C’est toujours un plaisir que d’y aller et c’est chaque année une première fois pour moi. On y passe des semaines inoubliables. Tout pilote rêve d’y aller. Pour moi c’est un honneur. Le deal avec Larbre Compétition s’est finalisé assez tôt et il a fallu se concentrer pour rechercher le budget nécessaire. »

 

Est-il prévu de poursuivre en Coupe de France GT ?

« Je suis venu initialement pour me préparer en vue du Mans mais aussi pour aider Patrice qui dispute l’intégralité du championnat. Après deux meetings, nous menons le championnat, ce qui fait qu’il serait bon de continuer mais les budgets ne sont pas extensibles. Jusque là nous avons fait le job même si nous espérions un peu mieux pour l’ouverture du championnat sur le Circuit Bugatti. La neutralisation ne nous a pas aidé. A Imola, j’ai été gêné par une McLaren en qualification. En course, je savais qu’il serait compliqué d’aller chercher la Porsche de pointe mais je savais aussi qu’elle dégradait ses pneus bien plus vite. Je suis resté assez proche de lui pour lui mettre un peu de pression pour qu’il use ses gommes plus vite. On peut dire que le stratagème a fonctionné et Patrice a pu rallié l’arrivée en tête. Il a parfaitement géré son relais et nous sommes en tête au championnat. La mission est remplie.


« Malheureusement pour moi, il n’est pas prévu de poursuivre même si j’espère trouver une solution. Il faut trouver le budget nécessaire pour cela. Tout reste ouvert mais je travaille déjà pour 2014. L’année passée, je n’ai pu participer qu’aux 24 Heures du Mans suite à un problème de santé. Physiquement, je suis bien là et prêt à en découdre sur la piste. Mon objectif est de refaire une saison complète en 2014. L’European Le Mans Series pourrait être une piste mais je vais suivre de près ce que va faire Hexis Racing. Pour en revenir à la Coupe de France, c’est un peu dommage qu’elle passe au travers des retransmissions et que l’on ne montre que les autos de tête. Cela devient compliqué de trouver des partenaires et quand ces partenaires regardent la course et ne voient aucun retour alors que l’on a gagné, c’est encore plus compliqué de boucler les budgets. Il n’y a déjà pas beaucoup d’autos en Coupe de France, alors attention à ne pas la tuer. »


La forme physique est là et il va falloir le montrer lors du camp d’entraînement avant Le Mans…

« Dès la fin de la Journée Test, tous les pilotes partent pour un camp de trois jours dans le Médoc. Cela va permettre de rapprocher l’équipe et les pilotes. Je me sens encore mieux qu’avant mon accident. Je me suis aménagé une salle de sport au bureau, ce qui me permet de m’entraîner tous les jours durant au moins une heure. Il fallait remuscler le dos mais je n’ai plus aucune douleur. Je suis prêt et affûté pour affronter une nouvelle fois Le Mans ! »

 

Propos recueillis par Laurent Mercier

 

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