En arrivant à Imola pour le deuxième round du Championnat de France GT, les ambitions du Team SOFREV-ASP étaient relevées, la maison Ferrari étant à quelques encablures du tracé d’Emilie-Romagne. Force est de constater que le week-end italien s’est déroulé pour le mieux avec deux victoires en autant de courses. Vainqueur le samedi, Morgan Moullin-Traffort et Fabien Barthez ont terminé deuxièmes le dimanche derrière la Ferrari 458 Italia sœur de Soheil Ayari et Jean-Luc Beaubelique. Pour leur troisième saison au sein de la structure de Jérôme Policand, le tandem Moullin-Traffort/Barthez fait partie des équipages de pointe du championnat. L’ancien portier de l’Equipe de France de Football peut s’appuyer sur la pointe de vitesse de Morgan Moullin-Traffort si bien que la paire d’amis est indissociable. Le week-end italien les placent au deuxième rang du championnat avant le rendez-vous spadois, là où ils sont montés sur le podium (Pro-Am Cup) des 24 Heures en 2012. Après deux meetings, Morgan fait le point tout en évoquant l’avenir.
Laurent Mercier : On peut dire que le week-end d’Imola a été parfait ?
Morgan Moullin-Traffort : « Une victoire et une deuxième place nous mettent dans une bonne situation au championnat avant de nous rendre à Spa début juin. Imola est un tracé superbe qui ravit tous les pilotes. Notre Ferrari s’est très bien comportée tout au long du week-end et l’équipe a fait un gros travail pour nous donner une auto parfaite. C’est forcément positif de s’imposer sur les terres de Ferrari. Fabien a fait un travail exceptionnel en piste avec un deuxième chrono en qualification. Il a franchi un nouveau cap cette saison. L’année passée, il allait titiller la concurrence et là il fait jeu égal voire mieux. Pour ma part, je suis ravi d’avoir décroché ma première pole au sein de l’équipe. J’étais passé tout près à plusieurs reprises en 2012 et cette pole me ravit. L’équipe a parfaitement géré les ravitaillements et le travail effectué tout l’hiver porte ses fruits. Il a fallu gérer sans prendre le moindre risque. »
Selon toi, le niveau du championnat a grimpé cette saison ?
« Il est monté d’un cran au niveau des pilotes « A » mais certainement encore plus avec les « B ». On se rend compte que les gentlemen roulent de plus en plus, ce qui rend le plateau nettement plus affûté. Notre équipage est très homogène et l’osmose avec Fabien et l’équipe est parfaite. Avec Fabien, il y a un vrai lien d’amitié. »
Fabien est aussi à l’aise avec un volant entre les mains qu’un ballon ?
« Disons que Fabien est loin d’être un « diesel » au volant. (rires). Il a énormément progressé et sa marge est encore importante. Il arrive à se mettre dans le rythme dès le début. On l’a déjà dit mais je pense que les 24 Heures de Spa ont été un déclic pour lui. Maintenant, il connaît parfaitement l’équipe et la voiture. On passe beaucoup de temps ensemble en dehors du sport automobile, ce qui renforce les liens. »
Les 24 Heures de Spa seront au menu ?
« C’est à l’étude mais rien n’est encore finalisé pour le moment. On discute et on y travaille. Le podium décroché en 2012 donne des envies d’y retourner et on sait bien qu’y aller avec le Team SOFREV-ASP est un gage de qualité et de sérieux. »
Les 24 Heures du Mans seront la prochaine étape ?
« Ce n’est un secret pour personne qu’il y a un projet en cours. Prendre part aux 24 Heures du Mans avec Fabien et le Team SOFREV-ASP est quelque chose que nous voulons mettre en place. Il est encore trop tôt pour savoir avec quelle voiture cela se fera même si la catégorie GTE-Am sera la plus appropriée. C’est en bonne voie. Fabien a découvert le circuit manceau l’année passée à l’occasion de la Journée Test et il a le niveau requis pour participer à la course. »
A titre personnel, Le Mans a toujours fait partie de tes objectifs ?
« Lorsque je roulais en karting, je n’avais d’yeux que pour Le Mans. J’ai été l’un des premiers « jeunes » à rouler en GT avec Fred Mako et cela a donné des idées aux autres. Michel Nourry nous a lancé tous les deux dans la catégorie. Je suis ravi de voir que des jeunes de la trempe d’Enzo Guibbert arrivent tôt en GT. La catégorie est loin d’être une maison de retraite. L’autre bel exemple est Patrick Pilet avec qui je suis ami depuis longtemps. Il a roulé en Porsche Cup avant d’être appelé par Hartmut Kristen pour aller disputer les 24 Heures de Daytona. On voit maintenant où il en est avec un statut de pilote officiel Porsche. »
Propos recueillis par Laurent Mercier