On connaissait le talent de René Rast bien avant qu’il ne débarque en FIA GT Series et en Blancpain Endurance Series. Encore méconnu en Endurance, l’Allemand est l’étoile montante de la discipline. Il compte tout de même une victoire aux dernières 24 Heures de Spa mais aussi une deuxième place aux 24 Heures de Daytona (GT) à chaque fois sur une Audi R8. Lié à Porsche durant plusieurs saisons avec trois titres en Porsche Mobil1 Supercup, René Rast est maintenant passé dans le giron Audi, toujours avec la même pointe de vitesse. On le retrouve cette saison chez Belgian Audi Club Team WRT dans le baquet d’une Audi R8 LMS ultra aussi bien en FIA GT Series que dans le championnat Blancpain.
Laurent Mercier : Comment se passe les débuts en FIA GT Series ?
René Rast : « Tout se passe pour le mieux. Nous avons bien figuré à Nogaro avec Niki (Mayr-Melnhof) sachant que nous sommes dorénavant en Pro-Cup. C’est un tout nouveau challenge pour moi. J’avais jusqu’alors la connaissance des courses sprint où tout le monde avait la même auto. Nous étions dans le bon rythme à Nogaro face à la concurrence. Ce meeting de Zolder s’annonce plutôt bien. Je connais le tracé pour y avoir roulé deux ans plus tôt. Compte tenu de notre passage en Pro-Cup, il va falloir se faire une place parmi le peloton de pointe et là aussi le challenge est nouveau. »
Quel est ton regard sur le championnat ?
« Il est très relevé en termes de pilotes et d’équipes. Cependant, WRT est certainement l’équipe la plus professionnelle dans laquelle j’ai piloté. Les autres teams ne sont pas en reste, et ce n’est pas pour rien que le championnat s’appelait World GT1 l’année passée. C’est du pur sprint donc il ne faut rien laisser passer. »
La semaine passée, tu étais à Monza en compagnie de Stéphane (Ortelli) et Laurens (Vanthoor). Une satanée crevaison aura mis à mal votre performance…
« Sans cette crevaison, il est clair que nous avions le potentiel pour terminer sur le podium et pourquoi pas gagner. Notre équipage est très compétitif. Le concept est différent des FIA GT Series. Il y a nettement plus d’autos en piste et il est quasiment impossible d’avoir un tour clair durant la qualification. En sprint, il faut aller vite du début à la fin sans se poser de questions. C’est tout le contraire en endurance où il ne faut surtout pas être agressif. J’aime bien les deux sachant que je viens du sprint avec la Porsche Supercup. »
Après être monté sur le podium à Spa et Daytona, la prochaine étape est Le Mans ?
« Le Mans mon prochain objectif et j’espère que cela arrivera le plus tôt possible. Je travaille pour cela. Je ne connais l’épreuve que de réputation mais je veux y prendre part. L’ambiance doit être fantastique. On le sent à la télévision. Mon gros objectif serait d’y rouler en LMP1 avec Audi mais débuter par le LMP2 me semble être une bonne solution. »
Tu seras présent aux 24 Heures du Nürburgring en plus des 24 Heures de Spa ?
« Oui et l’équipe sera confirmée sous peu pour le Nürburgring. Les deux courses sont très différentes, ne serait-ce que par la longueur du circuit. A Spa, il faut rouler sans problème et ne pas faire de pitstop en plus. Si tu es dans le Top 5 à l’entame de la dernière heure, il y a de quoi espérer un bon résultat final. Il faut aussi gérer les neutralisations qui peuvent être nombreuses, compte tenu de la météo et du nombre de GT3 en piste. Une bonne prestation passe aussi par une course sage et éviter tout contact en piste. »
Propos recueillis par Laurent Mercier